Certains parlent de la fin du bracelet connecté, d’autres au contraire prévoient un avenir radieux pour ces wearables. Avec un cycle de vie relativement court chez la plupart de ses acquéreurs, comment le bracelet connecté pourrait gagner en intérêt auprès du grand public dans les années à venir ?

Le bracelet connecté fait partie de la famille des objets connectés, elle-même appartenant à ce qui est appelé Internet of Things ou internet des objets. Il s’agit d’un réseau de réseaux qui permet aux objets de communiquer entre eux par le biais de connexion directe comme le Wi-Fi, mais aussi par le smartphone ou tout autre protocole de communications. Le bracelet connecté, qui nous intéresse plus particulièrement aujourd’hui, est une émanation de ces nouveaux objets intelligents. Celui-ci est souvent qualifié de gadget et certains annoncent sa mort prochaine à cause d’un public désintéressé. Cependant, le marché du bracelet connecté se porte plutôt bien et pourrait même, selon les analystes, avoir de beaux jours devant lui.

Des données sur le poignet

Le bracelet connecté, bracelet d’activité ou encore traqueur d’activité est un wearable, un accessoire à la fois vestimentaire et technologique tout comme peut l’être une smartwatch. Couplé à une application, il suit et mesure les signaux liés à une activité physique. Cela peut correspondre à une distance parcourue à pied, que ce soit en marchant ou en courant, mais aussi des exercices de gymnastique, le nombre de calories brûlées, le rythme cardiaque, la qualité du sommeil… Toutes ces données sont synchronisées avec le smartphone et récoltées grâce à une application. Cette dernière propose généralement une analyse ludique avec un coach. Elle donne aussi la possibilité de partager ses exploits avec d’autres utilisateurs ou simplement sur les réseaux sociaux. Le bracelet connecté peut donc également avoir une dimension sociale.

L’origine des trackers d’activités

Pour comprendre l’arrivée de ces trackers sur le marché, il faut remonter aux années 1980 avec le concept de suivi d’activités sportives et les détecteurs de rythme cardiaque. Une décennie plus tard, ce sont les premières montres pour cyclistes capables de mesurer la vitesse ou encore la distance qui font leur apparition. Dans les années 2000, les appareils d’entraînement dans les salles de sport commencent à intégrer des capteurs de rythme cardiaque.

Cet intérêt grandissant pour le suivi s’est finalement matérialisé aujourd’hui sous la forme de montres connectées et bracelets avec capteurs à porter sur soi. Les smartphones ont par ailleurs grandement participé à l’émergence de ces objets, puisque les fabricants ont été de plus en plus obligés de proposer des capteurs toujours plus petits comme le gyroscope, la boussole ou encore les lecteurs optiques.

Un intérêt grandissant pour les industriels

Au départ, il s’agissait avant tout d’un marché de niche porté par quelques sociétés : Fitbit, Jawbone et Nike. Par la suite, ce marché a connu une explosion avec les géants industriels qui se sont intéressés à ce nouveau marché, venant d’une part du monde du sport comme Garmin ou encore Polar, et d’autre part de l’univers des hautes technologies tel que Apple, Microsoft, Sony et même Samsung.

Un intérêt pour le public…

En 2015, les wearables se sont vendus à 232 millions, dont 30 millions de bracelets connectés d’après le cabinet Gartner. Des résultats encourageants qui prévoyaient pour les années à venir un avenir prometteur pour le marché. Les résultats pour l’année 2016 ne devraient d’ailleurs pas tarder, nous ne manquerons pas de vous les communiquer.

Le tracker d’activités propose de nombreux avantages. En plus du suivi d’activités, l’objet est simple d’accès, apporte des précisions, c’est un équipement léger qu’on peut garder sur soi même en dehors de l’effort et son côté ludique apporte motivation à ceux qui notamment souhaitent une remise en forme. Sa valeur ajoutée a aussi apporté de nouveaux gestes, comme lever le bras pour consulter ou actionner une option. Il est aussi maintenant facile de surveiller son sommeil et les calories brûlées et surtout, faire du sport sans être encombré d’un smartphone.

… mais limité

Aussitôt acheté… aussitôt vendu ? D’après des études, dont celle d’Endeavor Partners ou de Fast Company, le nouvel acquéreur se séparerait de l’objet entre trois et six mois qui suivent son achat. Il semblerait que malgré le premier intérêt qu’il suscite, le bracelet connecté n’a pas encore répondu aux besoins du grand public.

Souvent considéré comme un gadget de plus, avec les notifications limitées du téléphone et SMS qui s’avèrent en plus peu pratiques, il est vrai qu’il est tentant de se demander quel intérêt cet objet propose. Après tout, pourquoi se limiter aux fonctionnalités d’un tracker encore parfois coûteux alors qu’il existe des montres connectées qui proposent les mêmes options avec d’autres avantages et plus de puissance ? De plus, les bracelets ne sont pas réputés pour être de beaux objets de design qu’on aime porter comme tout autre accessoire de mode.

Le tracker n’a pas encore auprès du grand public trouvé sa place et su rentrer dans les habitudes, mais il est encore probable que l’avenir change la donne. Le marché des bracelets connectés est aujourd’hui avant tout un marché tourné vers les sportifs, les mordus de santé et ceux désireux de se remettre en forme. Très souvent, nous entendons ce même refrain : « ça ne sert à rien, c’est du gadget ! » Néanmoins, il faut savoir que les startups spécialisées fleurissent notamment en France et que de nouvelles fonctionnalités arrivent et surtout, vont arriver.

La santé, nouvelle croisade du Big Data

Le Big Data n’a d’autre but que de récolter et centraliser toutes les données possibles et inimaginables sur la toile. La santé est encore une pièce manquante de l’empire Internet, mais devrait très bientôt rentrer dans ses rouages.

Cet objet encore aux yeux de certains paraît être le mieux placé pour incarner la médecine préventive, alors encore peu manifestée aujourd’hui. Le bracelet participerait au changement des comportements santé auprès du grand public. Imaginons rien qu’un instant ce que pourrait apporter ce genre de nouveaux services avec plus de données récoltées grâce à des capteurs, à des diabétiques par exemple. Le patient peut ainsi surveiller lui-même son activité et même peut-être rester connecté en permanence avec un professionnel de la santé qui pourrait recevoir toutes les données.

Le tracker pourrait devenir un véritable assistant personnel qui peut suivre notre état et même alerter l’évolution de notre maladie. Aujourd’hui déjà, le bracelet connecté Proof calcule votre taux d’alcoolémie en temps réel ! De la médecine préventive donc, plus que curative, une aide pour nous permettre de rester vigilant et changer nos comportements pour notre santé tous les jours. 

Certaines compagnies d’assurance l’ont d’ailleurs bien compris et proposent aux assurés de devenir acteurs de leur santé en surveillant leurs activités à l’aide d’un bracelet. Les meilleurs élèves peuvent ainsi obtenir des bons de réduction ou des prix plus attractifs sur leur abonnement. Attention néanmoins aux dérives que peut entrainer cette pratique.

Le tracker de demain

Les données exploitables issues de ces objets et applications permettront aux géants de la technologie de proposer par la suite des produits toujours plus adéquats. Ce petit objet pourrait, en un geste, nous permettre de nous affranchir de notre carte bleue pour payer ou même ne plus avoir besoin de sortir nos clés de voitures, de maison ou de bureau.

Puisque l’intelligence artificielle est au cœur des évolutions technologiques actuelles, on peut très bien se dire qu’en deux ou trois mouvements de bras nous pourrions réajuster les stores du salon, régler la température de la salle de bain, changer la luminosité d’une ampoule, allumer sa télévision ou même commander une course à Cortana, Alexa, Siri ou Google Assistant… ou mieux encore, de régler certains de ces éléments automatiquement en fonction des données recueillies. Piktoligo imaginait par exemple un bracelet capable de régler le thermostat en fonction de la température du corps de son utilisateur.

Reste à savoir si la montre connectée, aujourd’hui encore timide, peut devenir de plus en plus séduisante et faire de l’ombre au tracker. Fitbit, pourtant l’un des principaux acteurs du marché, est actuellement en difficulté financière et s’apprête à licencier 10 % de son personnel alors que parallèlement, l’entreprise se lance dans un projet de montre connectée… Affaire à suivre.