Pardonnons le jeu de mots pour nous concentrer sur l’essentiel : l’écran Mirasol découvert sur la montre connectée de Qualcomm, propriétaire de la technologie, ne sera pas réservé à la fameuse Toq découverte à la rentrée dernière. Un premier appareil tiers est en effet doté de cette dalle en couleurs et peu gourmande en énergie.

Appscomm

Le talon d’Achille des montres connectées, c’est, c’est… l’autonomie. On apprécie les petits écrans OLED, tout lumineux et tout colorés, mais quand on vous dit qu’il vous faudra brancher votre précieuse montre tous les soirs ou presque, c’est une autre affaire. On en aurait presque envie de retourner aux bonne vieilles montres aux piles qui tiennent un an ou deux. Chez Qualcomm toutefois, on promet une autonomie de quatre à cinq jours assurée par le passage à une technologie d’écran appartenant à l’Américain : Mirasol. Pour résumer, cet écran à modulation d’interférences, c’est-à-dire permettant de modifier la longueur d’onde de la lumière reflétée par le film recouvrant des milliers de cavités microscopiques dont l’épaisseur est maîtrisée électroniquement. Si la technologie n’est pas nouvelle, puisqu’elle a été intégrée notamment à une liseuse et à un smartphone, elle est actuellement en train de prendre son essor sur des produits « wearable », et notamment les montres.

La technologie Mirasol est intéressante. Elle offre des écrans lisibles au soleil et en couleur, contrairement aux e-Ink ; avec un bémol toutefois, puisqu’elle offre un rendu des couleurs encore bien loin d’égaler, en termes de contraste, des écrans LCD. Mais voilà : le hic, c’est qu’elle était destinée à un appareil assez confidentiel et baptisé Toq. Une montre conçue par le propriétaire de Mirasol, Qualcomm, et éditée à quelques dizaines de milliers d’exemplaires sur le sol américain. Alors qu’aujourd’hui s’ouvrent les précommandes de cet appareil particulièrement onéreux (350 dollars tout de même, disponible le 2 décembre), une bonne nouvelle émerge à l’horizon : les écrans Mirasol pour montres ne mourront pas avant d’avoir vécu. Ils iront voir ailleurs si Qualcomm y est, en témoigne l’annonce d’une première montre ainsi équipée, l’Appscomm Fashioncomm A1.

Toq

Des couleurs, mais un peu fades sur la Toq…

La famille Toq s’agrandit en Chine

Ne nous emballons pas trop vite : la deuxième montre Mirasol nous vient tout droit de Chine, d’où elle ne devrait pas sortir de sitôt. A moins que des importateurs technophiles se lancent dans l’aventure. Si l’on fait les présentations, cette montre facturée 1299 yuans (environ 160€ taxes non-incluses) est équipée d’un écran Mirasol de 1,55 pouces, en couleurs donc, avec gyroscope, connexion Bluetooth (probablement BT 4.0 low-energy), une batterie de 450 mAh et un appareil photo de 2 mégapixels logé dans un bracelet assez épais, au-dessus de l’écran. La montre est également capable de se connecter à un appareil Android, et se décline en orange, bleu, vert, blanc ou noir.

Si l’on excepte ces caractéristiques techniques finalement cousines de ce que l’on peut trouver chez les autres montres, la question de l’autonomie revient sur le marché : Appscomm parle d’une autonomie de 190 heures en veille pour son A1, soit beaucoup plus que ce que ses concurrentes laissent espérer ; à nuancer toutefois, puisque la marque montre un écran beaucoup plus lumineux et contrasté que la Toq, et capable d’afficher des photographies, ce qui pourrait être un peu plus gourmand que prévu en autonomie. Et surtout, cette information pouvant sembler anecdotique révèle une information d’importance : Qualcomm a démarré la production en masse de ses écrans, que l’on peut donc s’attendre à retrouver sur d’autres appareils. Pour peu que des constructeurs leaders en la matière acceptent d’abandonner leurs fournisseurs habituels et traiter directement avec l’Américain, ce qui n’est malheureusement pas gagné d’avance.