Impossible d’y couper, le début de cette semaine était occupé par une annonce que l’on n’attendait peut-être pas aussi tôt : celle d’une version d’Android dédiée aux objets connectés, Android Wear, assortie de deux futures montres signées LG et Motorola. De quoi faire grise mine chez les fabricants de montres concurrentes, dont Pebble. La firme lancée sur Kickstarter en 2012 s’est exprimée sur le sujet.

Pebble

Pebble l’a confirmé cette semaine, suite aux annonces de Google, Motorola et LG : malgré les retards essuyés par la firme dans les livraisons de ses montres, après une campagne de financement participatif record, elle a su écouler un nombre important de produits. Toutes générations confondues – la marque a présenté une déclinaison métal de sa montre au CES 2014 –  Pebble indique avoir écoulé 400 000 montres depuis janvier 2013, soit un chiffre d’affaires d’environ 60 millions de dollars. Rappelons que sur Kickstarter, Pebble était parvenu à réunir plus de 10 millions de dollars en quelques semaines.

Mais pour la montre, dont le principal atout réside dans son écran e-Ink peu gourmand en énergie et dans son nouveau SDK à destination des développeurs, la pression monte. Le bracelet est compatible avec iOS et Android, mais propose un nombre limité d’applications et une définition d’écran modeste, quand les terminaux sous Android Wear, selon les démonstrations proposées par Google ou Motorola, offriront un usage aussi bien tactile que vocal, en couleurs et avec un nombre de fonctionnalités important, grâce évidemment à un OS Android adapté. De quoi effrayer le CEO de Pebble ? Dans les colonnes de Fortune, Eric Migicovsky a commenté : « C’est excitant de voir ce marché grossir aussi vite, autorisant des cas d’usages plus intéressants et nous laissant entièrement concentrés sur la création de la meilleure expérience utilisateur possible« . À ce jour, ce sont environ mille applications qui assurent cette fameuse expérience Pebble.

 

Vers un chiffre d’affaires doublé en 2014 ?

La concurrence de LG et sa G Watch, au format carré assez conventionnel, et de la Moto 360, plus originale avec son écran rond et ses bracelets cuir, s’exercera sur le terrain des applications, mais aussi sur celui du prix. On imagine difficilement une montre de ce genre à un tarif équivalent à celui d’une Pebble – moins de 150 euros dans sa première mouture, ni même les montres Android Wear parvenir à une autonomie similaire à celle obtenue grâce à un écran à encre électronique. C’est certainement la raison pour laquelle Pebble, qui compte désormais 70 employés, met essentiellement l’accent sur l’amélioration de ses produits existant, et prévoit de doubler ses revenus en 2014. Quitte, en privé, à craindre les pions que Google s’emploie actuellement à avancer.