Fitbit revient avec une première « vraie » montre connectée, la Fitbit Ionic. Basée sur un nouvel OS maison, Fitbit OS – pourquoi faire compliqué ? – elle ajoute une plateforme à un écosystème déjà encombré (Tizen, Android Wear, watchOS…). Mais l’avenir des montres connectées réside-t-il finalement dans les applications tierces ? Pas sûr…

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Fitbit Ionic : une première « vraie » montre intelligente pour FitBit

Fitbit Ionic : une première montre intelligente dans les starting blocks

L’annonce du rachat de Pebble par Fitbit avait de quoi laisser perplexe sur l’avenir des deux acteurs : l’alliance d’un fabricant de bracelets connectés qui commençait à battre de l’aile suite à des résultats financiers décevants, et d’une start-up dont les montres n’étaient pas sans intérêt, tant et si bien qu’on aurait préféré qu’elle soit absorbée par une entreprise à l’avenir plus lumineux.

Un an après, Fitbit déclare avoir remonté la pente, et annonce comme prévu une première « vraie » montre connectée, après un Fitbit Blaze hésitant encore entre smartwatch et bracelet évolué. La Fitbit Ionic se situe dans la lignée de la gamme du constructeur et met sans surprise l’accent sur ses fonctionnalités fitness : étanchéité, capteur cardiaque et GPS intégré répondent à l’appel, et si le design se veut un peu plus « premium », il reste dans les codes d’un accessoire destiné avant tout au sport. Le prix de 349 euros la positionne d’ailleurs en face de la Huawei Watch 2 Sport ou de la Samsung Gear S3 Frontier. On est loin de la Blaze, sous la barre des 200 euros.

Fitbit OS : apps tierces et façades personnalisables

Pourquoi « vraie » ? Parce que la (ou le ?) Fitbit Ionic intègre un nouvel OS maison, Fitbit OS, et permet le développement d’applications tierces. Encore un, serait-on tenté de dire, mais il faut rappeler qu’un autre a disparu : Pebble, justement. L’annonce de Fitbit est encore floue à ce point : difficile de savoir dans quelles proportions l’un découle de l’autre.

Ce que l’on sait, en revanche, c’est qu’une plateforme de téléchargement d’applications sera prête à temps pour la sortie de la montre, et quelques noms d’apps déjà dévoilés. Certaines, comme Starbucks ou Pandora, seront pré-installées. D’autres, parmi lesquelles CNET cite Nest ou Adidas, seront disponibles sur le kiosque. Et qui dit nouvelle plateforme, dit partir de zéro, même si les apps semblent s’appuyer sur des standards éprouvés comme JavaScript ou le format SVG. Ça n’est pas comme si les développeurs étaient déjà éparpillés entre Tizen, Android Wear et watchOS. Bon point en revanche : la Fitbit Ionic pourra bénéficier de façades de montre tierces, ce qu’on attend de toute montre connectée qui se respecte, même si un constructeur fait de la résistance sur ce point.

Les apps font elles la montre ?

Autant dire que la FitBit Ionic part avec un certain handicap, non ? Ou peut-être pas, justement. Parce qu’après tout, les applications tierces, pour une montre, est-ce bien important ? Pour avoir utilisé plusieurs montres Android Wear, une Samsung Gear S2 et une Apple Watch, la réponse à la question est franchement ambigüe. Certes, pouvoir contrôler Spotify, commander un transport, « Shazamer » dans un bar ou consulter le solde de son compte sans sortir son smartphone de sa poche, c’est sympathique, et on y prend vite goût.

Mais qu’attend-on finalement d’une montre intelligente ? De faire des trucs de montre et un peu plus : donner l’heure, contrôler la lecture de sa musique ou de ses podcasts, éventuellement dicter des SMS, voire prendre un appel le temps de basculer sur le téléphone. De nous assister dans les activités physiques : course à pied, natation, exercices, ou tout simplement marche. Et d’être une sorte de filtre entre l’utilisateur et le smartphone, l’informer sur ses messages, ses rendez vous… Et sur ce point, Fitbit serait d’ailleurs inspiré de piocher dans les bonnes idées de l’interface de Pebble et sa « timeline » assez bien pensée.

Les apps tierces sont un plus, mais la fragmentation n’empêche pas Samsung d’enchainer les versions de ses montres sous Tizen, les prochaines étant prévues sous peu à l’IFA, avec notamment une GearFit 2 Pro dont quelques images ont déjà été dévoilées. Et ça n’est pas pour rien non plus qu’Apple, le premier à faire valoir l’étendue de son App Store – pas franchement une réussite – et les possibilités infinies de sa Watch pour ouvrir sa voiture, sa porte de chambre d’hôtel, chasser les Pokémons ou que sais-je encore, a recentré sa communication sur les activités physiques, et son interface sur un accès facilité à quelques apps préférées. Moins ambitieux et luxueux, sans doute, mais peut-être plus proche des usages réels de cette catégorie de produits.