La Tesla Model S souffre-t-elle d’un problème dans la conception de l’Autopilot, sa fonction de conduite autonome ? Sûrement puisque la collision mortelle intervenue la semaine dernière entre une Tesla Model S et un semi-remorque aurait sûrement pu être évitée avec l’utilisation d’un LIDAR, comme sur la Google Car.

Tesla Model S 2016 60

Actuellement, la Tesla Model S utilise plusieurs types de capteurs pour l’Autopilot, ses fonctions de conduite autonome. On trouve ainsi une caméra frontale qui permet de « voir » la route, un radar frontal qui permet de « voir » les voitures devant, mais aussi des sonars tout autour du véhicule pour « voir » les obstacles à proximité. Tesla fait ainsi l’impasse sur le LIDAR, une technique similaire aux sonars et aux radars, mais qui utilise la télédétection par laser. On trouve ainsi un LIDAR sur la Google Car ou sur la Ford Mondeo que l’on avait croisée au CES, ainsi que sur la voiture autonome du célèbre hacker geohot. Le LIDAR a l’avantage d’être en hauteur (sur le toit bien souvent) et peut balayer à 360° l’environnement de la voiture à plusieurs mètres de distance.

 

Caméra, radar, sonar et LIDAR

Elon Musk ne veut pas de LIDAR puisqu’il y a quelques mois, l’homme avait précisé que la conduite autonome pouvait se passer de LIDAR, avec juste une caméra et un radar. L’accident de la semaine dernière dans lequel une Tesla Model S en mode autonome a percuté un semi-remorque (ce qui a coûté la vie au conducteur de la voiture qui regardait un DVD) prouve que le couple caméra – radar ne suffit pas pour l’ensemble des situations présentes sur la route. Tesla était déjà au courant de cette lacune, puisque le manuel de l’Autopilot précise bien que le système ne peut pas forcément détecter des objets suspendus en l’air (comme une remorque par exemple). Une Tesla Model S était d’ailleurs déjà passé sous un semi-remorque en mode Summon (le parking automatique) puisque son radar est trop bas pour détecter les objets hauts.

Des LIDAR sur une Ford Mondeo

Des LIDAR sur une Ford Mondeo

 

Une technologie pas encore disponible

Mobileye – qui fournit la technologie matérielle pour l’Autopilot – a réagi à l’accident en précisant que sa solution est prévue pour uniquement éviter les collisions avec l’arrière d’une voiture roulant en face. Sur cet accident, le semi-remorque s’est présenté de côté à la Tesla qui est donc passé sous la remorque, sans la voir à cause d’un contre-jour. L’entreprise israélienne précise alors que l’évitement de ce type de collisions est prévu pour 2018 grâce à ses systèmes. Mobileye utilisera-t-elle des LIDAR ? On en doute, puisque l’entreprise est spécialisée dans les systèmes de détection visuelle.

 

LIDAR : la réponse à tous les maux ?

Pourtant, un LIDAR aurait sûrement permis d’éviter cet accident. La Google Car est en effet équipée de ce type de capteur (sous forme de gyroscope sur le toit), ce qui lui permet de voir tous les véhicules à 360°. Le LIDAR a ainsi beaucoup moins d’angles morts que le système actuellement utilisé par Tesla. Le LIDAR a toutefois deux inconvénients majeurs : un coût élevé et un enlaidissement certain de l’esthétique de la voiture. Les LIDAR sont utilisés par les prototypes de voitures autonomes chez Volvo qui refuse d’ailleurs de commercialiser une voiture autonome de niveau 3, à l’image des Tesla Model S, ce qui permet au conducteur de ne pas conduire à certains moments du trajet. Volvo veut proposer le niveau 4 qui permet au conducteur de totalement détourner son attention de la route puisque le pilote automatique ne se désengage jamais avec ce scénario.

La vue à 360° des LIDAR

La vue à 360° des LIDAR