Un premier concept extravagant mais purement design avait marqué les esprits au CES 2016. Avec un soupçon de scepticisme. Faraday Future annonce, par le biais d’une vidéo, revenir en janvier à Las Vegas avec une voiture de production, cette fois réaliste et pragmatique.

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Avec sa vidéo de 15 secondes, Faraday Future l’assure, le concept camouflé qu’il dévoile progressivement selon les codes de teasing habituels dans le monde de l’auto est bien sa première voiture de production. Un engin à la silhouette entre crossover et monospace comme beaucoup de concepts électriques, mais dans un gabarit massif. Il sera dévoilé en janvier prochain au CES de Las Vegas, devenu en quelques années l’un des rendez-vous majeurs du monde de l’automobile

C’est vrai pour les constructeurs traditionnels (Chevrolet, Ford, Audi, Mercedes-Benz, Toyota, Volkswagen ou Kia), les équipementiers et bien entendu, les start-ups qui visent à entrer dans le monde de l’automobile high-tech, électrique, autonome et ultra-connectée.

 

Tu roules en quoi ? En LeEco…

Dans un paysage automobile en passe de voir ses lignes bouger, FF fait partie de ces start-ups qu’il faut suivre. Derrière sa très cool image US West Coast (le siège est à côté de Los Angeles) se cachent de très costauds investisseurs chinois, le groupe LeEco, magnat high-tech mélangeant les prestations d’un Netflix en contenu multimédia et un Samsung en hardware, avec smartphones (dont le tout premier à avoir reçu la puce Snapdragon 821), téléviseurs et même… un vélo connecté au programme.

La LeSee

La LeSee

Visiblement, l’idée de vendre du contenu dans un moyen de transport autonome plaît bien à Jia Yueting, son patron (il faut bien tuer le temps sans volant…). Tellement bien qu’il est aussi derrière deux (!) autres projets comparables : LeSEE (une voiture électrique et autonome qu’on avait vue en avril dernier) et Atieva, ce dernier lui aussi basé en Californie, encore discret, mais pour combien de temps ?

 

Au début, un concept spectaculaire et décevant.

Faraday Future fut le premier à oser pousser les portes du CES, en janvier dernier, avec le lancement en grande pompe de sa FF Zero1. Mais les choses ont plutôt commencé de manière bancale. Ce pur concept très futuriste et sportif (monoplace, comme ses voitures engagées en FormulaE !) serait digne de figurer dans une course auto d’un film de science-fiction, mais il reste peu lisible pour une nouvelle marque de solutions de mobilité plutôt que d’automobiles.

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D’autant qu’il était clair qu’il ne s’agissait que d’une étude de style, sans lien avec les futurs produits de la marque. Même au niveau technologique, il ne proposait rien de bien nouveau. Sa connectivité ? Un smartphone intégré au volant : pris au premier degré, c’est en effet une connectivité tout ce qu’il y a de plus directe. Au second degré, on peut sourire devant la naïveté de l’idée. Son architecture ? Un châssis de type « skate-board », plat et modulaire pour loger des batteries en quantités plus ou moins grande selon les modèles. Comme chez Tesla ou pour la nouvelle plateforme présentée par Volkswagen.

 

Où est l’usine géante ?

Du point de vue industriel, l’usine géante promise dans le Nevada semble toujours trouver des difficultés financières sur son chemin. Mais des centaines d’employés sont bien sérieusement occupés dans les bureaux de recherche et développement de FF, dont beaucoup recrutés chez les constructeurs traditionnels ou Tesla. Alors, Faraday Future cache-t-il bien son jeu pour mieux nous surprendre ? Nous verrons en janvier un peu plus clair dans les perspectives offertes par cette ambitieuse start-up. Et, qui sait, certaines de ses rivales.

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