Qualcomm s’attire le mécontentement des constructeurs automobiles aux États-Unis. Le père des Snapdragon, qui a récemment racheté NXP, leader mondial dans l’informatique embarquée dans les automobiles fait ainsi l’objet de nombreuses critiques au sujet d’une technologie de communication de véhicule à véhicule.

Qualcomm

Qualcomm doit faire face à la grogne de plusieurs associations de constructeurs automobiles. En cause, la proposition de Qualcomm à la FCC, l’agence fédérale gérant les bandes de fréquences aux États-Unis, sur le dossier des communications sans fil entre véhicules.

DSRC, le protocole pour le Wi-Fi entre véhicules

Qualcomm, avant même d’être un constructeur de puces pour smartphones, est surtout un spécialiste des bandes de fréquence. Que ce soit dans le but de développer un modem, ou bien dans le cadre, ici, de communications entre différents systèmes. Ce n’est donc pas une surprise que la FCC ait fait appel, il y a quelques mois à l’expertise de Qualcomm sur la mise en place d’un système de communication, le Dedicated Short Range Communications qui devrait permettre la communication entre différents véhicules.

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Si le standard pour ce système a déjà été rédigé il y a plus de 15 ans, il n’a pratiquement connu aucune application jusqu’à aujourd’hui. Or l’avènement de véhicules de plus en plus autonomes est l’opportunité parfaite pour mettre en place ce système qui offre plusieurs possibilités telles que :

  • contrôle coopératif de la vitesse de croisière des véhicules
  • détection coopérative de collision frontale
  • évitement des collisions d’intersection
  • avertissement d’approche des véhicules d’urgence

Or, ce type de communication collaborative correspond précisément à ce qu’il faut aux véhicules autonomes qui seront sur nos routes dans les prochaines années. Cependant, la réponse de Qualcomm à la FCC examinée en détail par plusieurs associations de constructeurs ne leur semble pas très crédible.

Pour les constructeurs, Qualcomm ne sait pas ce qu’il fait

L’Association of Global Automakers, qui comprend Honda, Toyota, Nissan, Hyundai et Kia, ainsi que l’Alliance of Automobile Manufacturers, regroupant notamment BMW, Mercedes-Benz, Ford, General Motors ou Volvo, estiment que la proposition de Qualcomm souffre de défauts majeurs. S’ils sont d’accord sur l’utilisation de la technologie DSRC, ils critiquent notamment la volonté de Qualcomm de mener des tests approfondis uniquement sur le premier essai de ces systèmes, au lieu de le faire systématiquement après chaque mise à jour.

Critiquant cette implémentation, les constructeurs indiquent que Qualcomm ne doit pas avoir une connaissance approfondie de ce genre de systèmes, et qu’il est ainsi impossible de garantir à l’avance la sécurité des futures implémentations de la technologie. C’est d’ailleurs sur ce plan que ces associations de constructeurs critiquent le plus Qualcomm, déclarant que s’ils reconnaissent l’expertise du fondeur sur la partie électronique, Qualcomm n’a pas d’expérience en termes de sécurité dans les milieux contraignants, comme au sein d’une automobile, par exemple.

Pour Qualcomm, les constructeurs sont juges et parties

Il est cependant difficile de déterminer si les plaintes sont totalement justifiées puisque certains constructeurs, tels que Mercedes ou BMW développent leurs propres systèmes de communication intervéhicule, pour leurs futurs véhicules autonomes. On peut donc se demander s’ils ne cherchent pas à écarter Qualcomm de ce juteux marché, qui devrait représenter plusieurs milliards d’ici quelques années. Il sera donc intéressant de suivre le parcours de Qualcomm dans ce nouveau domaine afin de voir les solutions que celui-ci sera amené à proposer…