Alors que Microsoft vient de lancer les précommandes sur la Xbox One X, en dehors des jeux vidéo, la nouvelle console peut-elle constituer une alternative intéressante à une Apple TV ou une Nvidia Shield TV en matière de fonctionnalités multimédias ?

Bien que la Xbox One accuse un train de retard en terme de ventes face à la PlayStation 4, au-delà de l’aspect jeux et de la bataille des exclusivités, la firme de Redmond avait indéniablement su nous surprendre avec la Xbox One S durant l’été 2016.

Non pas pour la console en elle-même, puisqu’à l’exception de la compatibilité HDR sur les jeux (seulement une dizaine de titres à l’heure où nous écrivons ces lignes…), l’écart de performances entre les deux générations reste assez relatif, au contraire donc, c’est davantage l’aspect multimédia qui a fait le succès du lancement de la Xbox One S.

Avec cette seconde mouture de la console Xbox, Microsoft a fait le choix de cibler un public friand de nouveautés, et tout particulièrement les early adopters qui souhaitaient investir dans un lecteur 4K Ultra HD Blu-ray.

La situation a bien sûr évolué depuis, toutefois, la One S est restée pendant de nombreux mois le lecteur de Blu-ray Ultra HD le moins cher du marché, alors que l’offre de platines dédiées se limitait jusque-là à trois références : les Panasonic DMP-UB900 puis DMP-UB700, et la Samsung UBD-K8500, lancées à respectivement 1000, 550 et 500 euros.

La nouvelle Xbox One X vient donc simplement s’inscrire dans la continuité et conserve la recette originale de la One S, mais avec un positionnement plus haut en gamme et un écart de performances significatif sur la partie jeux, une stratégie identique à celle de Sony avec la PS4 et la PS4 Pro. La ressemblance s’arrête toutefois là.

Apple TV vs Nvidia Shield TV vs Xbox One X : Trois plateformes, autant de profils

Les trois plateformes visent bien entendu un public très différent, nous l’avons encore vu récemment avec l’Apple TV 4K. Apple va cibler un public qui souhaite profiter d’une box « clé en main », avec une interface reconnue pour son ergonomie, sa réactivité et sa capacité à aller directement à l’essentiel, mais qui se montre forcément plus limitée sur le terrain du multimédia.

À l’opposé, Nvidia joue une toute autre carte avec la Shield TV, qui malgré une interface Android TV moins attrayante et encore très perfectible, conserve à son avantage un plus large champ de fonctionnalités multimédias en raison de la présence d’applications comme Kodi, SPMC, Archos Video Player, etc., afin de répondre à certaines exigences, en particulier le support de l’audio HD et le respect de la fréquence 24p sur les films.

Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que la marque au caméléon vient d’annoncer une nouvelle déclinaison exclusivement orientée sur l’aspect multimédia et décodeur TV.

Qui peut le plus, fait le moins ?

Les Xbox One S et Xbox One X viennent se positionner dans une sorte d’entre-deux. La console offre quelques fonctionnalités intéressantes, à l’image d’une entrée HDMI permettant de raccorder un décodeur TV ou n’importe quelle autre source HDMI, afin d’éviter à l’utilisateur de basculer d’une entrée à l’autre pour regarder la télévision et jouer.

On notera aussi la possibilité de piloter un téléviseur ou un amplificateur AV. Seul bémol cependant, au-delà du contrôle IR, les commandes HDMI CEC ne sont malheureusement toujours pas gérées.

En matière de lecture multimédia pure et dure, la console accuse là aussi un certain retard. On peut espérer que cela change avec l’arrivée de la nouvelle mouture, mais en se basant sur la One S, disons qu’elle se contente du minimum syndical, ni plus ni moins.

Au-delà de la lecture des vidéos HD 1080p encodées en H.264, la console gère parfaitement les vidéos H.265/HEVC en définitions 1080p et Ultra HD 2160p (avec ou sans HDR) stockées sur un disque dur ou un serveur DLNA, du moins depuis le lecteur vidéo de l’application « Films et TV », sans oublier l’incontournable Plex. VLC est en revanche encore à la traîne sur ce type de fichiers.

Par contre, les vidéos encodés en 24p (23.976 im/s) sont automatiquement affichées en 60 Hz dans l’ensemble des cas, provoquant dès lors des micro-saccades.

Autre déception, l’absence de bitstream audio HD qui permet de confier le décodage à un ampli AV, une barre son, etc. Cette fonctionnalité demeure exclusivement réservée pour l’instant aux applications de lecture Blu-ray/Ultra HD Blu-ray, ainsi qu’à Netflix (du moins partiellement) et à une petite poignée de jeux qui bénéficieront d’une mise à jour Dolby Atmos tels que Gears of War 4 et Crackdown 3.

Une offre d’applications attractive

Microsoft avait été le premier fabricant de consoles à parier sur l’essor du streaming vidéo avec la Xbox 360, à une époque où les Smart TV et les services en ligne étaient encore considérés comme une étrangeté par une partie du public. Bien du chemin a été parcouru depuis.

La famille Xbox One propose donc une offre d’applications assez complète, des indispensables services de vidéo en streaming avec Netflix, Amazon Video, myCANAL, OCS et beIN Sports, en passant par Wuaki.tv, myTF1, France tv, 6Play, YouTube et la plateforme VOD Microsoft. Sans oublier la musique avec Spotify, Groove et TuneIn Radio, et les lecteurs médias Plex, Emby et bientôt KODI si l’on en croit les dernières rumeurs.

L’offre n’est pas pléthorique, elle est néanmoins suffisante pour l’immense majorité des besoins, et s’étoffe progressivement depuis le lancement du programme UWP facilitant le portage des applications Windows 10 sur Xbox pour les développeurs.

L’atout Ultra HD Blu-ray

En dehors de sa fonction première, la présence d’un lecteur Ultra HD Blu-ray est un indéniable atout, l’expérience Xbox One S a été un succès, et les précommandes de la Xbox One X sont excellentes selon Microsoft, bien que l’investissement ici va davantage concerner les gamers friands de nouveautés.

On distingue la fente du lecteur de Blu-ray Ultra HD sur la gauche

Le fabricant va devoir néanmoins se décider à corriger certaines petites imperfections agaçantes pour les puristes, la console ayant toujours quelques soucis de décodage RGB, dont la résultante est de provoquer une postérisation des couleurs (aplats) sur certaines images en lecture Ultra HD Blu-ray.

Autre considération, la Xbox One X sera équipée d’une connectique HDMI 2.1 (uniquement sur la sortie et non l’entrée), du moins cela devrait être le cas dans le courant de l’année prochaine, puisque la nouvelle version standard HDMI 2.1 sera officiellement ratifiée entre fin 2017 et début 2018.

Cette nouvelle version de la connectique amènera quelques nouveautés grâce à une bande-passante quasiment triplée, dont la gestion des métadonnées HDR dynamiques, le support de la technologie High Frame Rate (HFR) et des définitions 4K jusqu’à 100/120 Hz et même 8K sur 50/60 Hz, etc.

Xbox One X : j’achète ou pas ?

Il est encore trop tôt pour répondre à cette question, du moins en ce qui concerne l’aspect multimédia sur lequel nous avons souhaité mettre l’accent, mais au regard des résultats relativement corrects offerts par la One S aujourd’hui, il n’y a pas de quoi être inquiet.

Nous reviendrons sur la question au moment de la sortie de la Xbox One X dans le cadre d’un test, en espérant que Microsoft puisse réagir sur certains points d’ici le 7 novembre prochain.

En attendant, pour ceux qui souhaitent profiter d’une console et d’un lecteur Blu-ray 4K à moindre coût, avec un prix se négociant actuellement aux alentours des 199 euros, la One S est et restera encore une bonne affaire.

La Xbox One X à gauche, la Xbox One S à droite

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