DJI nous a invités à venir tester le nouveau drone de la marque chinoise, le Mavic Pro. Ce nouveau quadricoptère se positionne clairement face au premier drone de GoPro, le Karma. Première rencontre avec le Mavic Pro, le drone compact le plus intelligent du marché, l’appareil qui pourrait bien démocratiser la caméra volante.

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Le Mavic Pro reprend la base du Phantom 4 – le premier drone autonome capable d’éviter les obstacles au monde –, mais réalise l’exploit de miniaturiser l’ensemble et d’ajouter encore plus de technologies !

 

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Un drone extrêmement compact

Le Mavic Pro est donc compact, vraiment très compact et c’est sûrement là l’un des principaux arguments du produit. Il sera en effet possible de l’emporter avec soi n’importe où, en le glissant simplement dans une poche d’un gros manteau. La radiocommande n’a rien à envier au drone, puisqu’elle est également extrêmement compacte. Le poids est également à prendre en compte – surtout avec la probable future législation à venir – puisque le Mavic Pro pèse seulement 743 grammes sur la balance contre 1 380 grammes pour son grand frère le Phantom 4 et 500 grammes pour le Bebop 2. Je n’aurais enfin plus besoin de choisir entre mes tongs et mon drone pour les vacances !

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Une toute petite radiocommande

À l’image du Karma de GoPro, les bras et les hélices du Mavic Pro peuvent se replier, tout comme la radiocommande. L’ensemble est costaud, très solide, respire la qualité et on a l’impression d’être face à un concentré de composants au cm2. On commence donc par déplier l’ensemble, allumer le drone, puis la radiocommande sur laquelle on trouve un écran OLED très lisible en plein soleil sur lequel sont affichées les informations de télémétrie (vitesse, distance, qualité du signal, etc.).

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On peut bien entendu appairer un smartphone (Lightning, microUSB, mais aussi USB Type-C avec un adaptateur additionnel) pour bénéficier du retour vidéo, le fameux OcuSync capable d’émettre le flux vidéo sur une distance de 7 km aux États-Unis, et 4 km en Europe, pour des questions de réglementations sur les puissances d’émission. Contrairement aux appareils de Parrot, il sera ici impossible de tricher et faire croire au drone qu’on se trouve aux États-Unis puisque le GPS vous rappellera à l’ordre. Notons qu’il est possible de commander le drone uniquement à l’aide d’un téléphone, sans la radiocommande, mais il faudra alors se limiter à une distance maximale d’environ 100 mètres et de commandes peu ergonomiques.

 

Un drone très intelligent

Une fois la liaison réalisée entre le smartphone et la radiocommande, tout se passe comme sur le Phantom 4 : on utilise l’application DJI Go pour piloter le drone, la (minuscule) caméra stabilisée sur une nacelle 3 axes (la stabilisation est bluffante), mais aussi utiliser les fonctionnalités de pilotage autonome. Avec le Mavic Pro, DJI a ajouté de nouveaux modes qu’on connaît déjà plus ou moins sur les smartphones chinois. Ainsi, lorsque le pilote fait coucou au drone, ce dernier va automatiquement le suivre pour que le pilote soit continuellement dans le cadre pour un parfait dronie. Si le pilote dessine avec ses mains un cadre (comme les photographes lorsqu’ils visent sans leur appareil photo), le drone prendra une photo après un timer de 3 secondes. De quoi réaliser un parfait dronie ! Dans la pratique, nous avons eu du mal à utiliser ces fonctions sans accrocs, peut-être la faute à un firmware pas encore finalisé.

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Bien sûr, le Mavic Pro reprend l’ensemble des fonctionnalités du Phantom 4 comme l’active tracking, un follow me utilisant la caméra. Il suffit alors de choisir sur l’écran du smartphone le sujet à suivre (un être humain, un animal ou un objet) et le drone s’exécutera. DJI annonce que la reconnaissance est désormais plus fiable, mais les personnes présentes sur place n’ont pas pu nous confirmer la présence – ou non – de la même puce que sur le Phantom 4, à savoir un Myriad 2 de chez Movidus, tout juste racheté par Intel dans le cadre de la technologie Real Sense. On penche en fait pour l’intégration de deux puces, contre une seule sur le Phantom 4, puisque DJI annonce 24 processeurs (comprendre 24 cœurs) et que chaque Myriad 2 dispose de 12 cœurs.

 

L’évitement d’obstacles de la partie

Dans tous les cas, l’active tracking est une fonctionnalité pratique pour suivre une voiture sur une longue distance avec des plans lissés ou encore mieux : un cycliste qui réalise une descente. Vous avez peur pour le Mavic Pro ? Ne vous inquiétez pas, il est plutôt bien équipé pour éviter tout type d’obstacle.

À l’image du Phantom 4, le Mavic Pro embarque deux caméras stéréo à l’avant qui permettent de réaliser un mapping 3D de l’environnement et ainsi d’éviter et de contourner les obstacles (arbres, rochers, etc.). Le petit nouveau de DJI va plus loin puisque les deux caméras stéréoscopiques que l’on trouve sous le drone permettent également d’éviter les obstacles qui se situent sous l’appareil. Sur le Phantom 4, ces caméras servent uniquement au positionnement automatique, en complément du GPS.

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L’évitement d’obstacles marche toujours aussi bien que sur le Phantom 4 et le Mavic Pro a ainsi pu être capable de reconnaître et d’éviter des feuillages ainsi qu’un but sur un terrain de football. Ce mode s’active uniquement avec une vitesse maximale de 36 km/h. Pour profiter des 65 km/h permis par les quatre moteurs du drone, il faudra passer en mode sport, ce qui reviendra – comme sur le Phantom 4 – à désactiver l’évitement d’obstacles. Les plus précis et moins pressés utiliseront le mode trépied qui réduit la puissance des commandes et permet de réaliser de magnifiques plans ultra stables.

 

Un atterrissage automatique de précision

Sur le Mavic Pro, ces caméras ne servent pas seulement à l’évitement d’obstacles, mais aussi à l’atterrissage automatique de précision. Lorsque le pilote appuie sur le bouton permettant un retour automatique au point de décollage (RTH), le drone va se repérer grâce au GPS, mais réaliser la finition en comparant les photos prises par les caméras stéréoscopiques au décollage pour réaliser un alignement parfait. Il faut toutefois que le point de décollage dispose d’une surface assez différente des alentours. Impossible à réaliser dans l’herbe par exemple. Pour la démonstration, DJI avait donc concocté une base de décollage toute simple, permettant de la distinguer des touffes d’herbe environnantes.

 

Les sensations de pilotage

Quel que soit le mode, le Mavic Pro est d’une agilité hors pair, avec une réactivité bluffante. On l’emmène où on veut, et le freinage est vif et instantané. La radiocommande est très pratique et les sticks sont très ergonomiques. Couplé aux capteurs stéréo, il sera très difficile de crasher le Mavic Pro. Les amoureux des grosses cylindrées regretteront toutefois le nouveau bruit du Mavic Pro, le plus discret des drones chez DJI. À côté, le Phantom 4 fait un barouf monstre, alors qu’il est lui même plus discret que l’Inspire, c’est pour dire ! En tout cas, pour faire des plans discrets, le Mavic Pro semble être le drone idéal, aussi bien sur le plan sonore que grâce à sa compacité.

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La 4K et une mise au point particulière

On ne peut pas tester le Mavic Pro sans parler de sa caméra. Celle-ci est vraiment petite, mais le capteur est aussi gros que sur le Phantom 4. Il est capable de filmer en 4K à 30 images par seconde ou en Full HD à 96 images par seconde pour réaliser des ralentis. On a pu voir sur Internet des reproches faits au Mavic Pro sur la qualité de sa caméra. Il n’en est rien, et le Mavic Pro n’a pas à rougir face au Phantom 4, du moins avec les premières vidéos que nous avons pu réaliser.

Il faut toutefois préciser que la mise au point de la caméra du Mavic Pro dispose d’un fonctionnement très particulier puisque par défaut, la caméra est en mode macro. Il faut alors toucher l’écran du smartphone pour réaliser une mise au point sur l’infini. DJI nous affirme que la mise au point passe ensuite en mode autofocus, mais nous n’avons pas réussi à confirmer cette information. C’est pour cette raison que l’on peut voir passer sur Internet des vidéos de très mauvaise qualité filmées avec le DJI Mavic Pro.

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Il est possible que ce nouveau fonctionnement soit la conséquence de l’intégration d’une nouvelle optique, permettant de faire une mise au point à partir de 50 cm. Il ne faut pas avoir peur de se faire couper les cheveux par les hélices, mais DJI espère voir fleurir sur la toile des selfies (ou dronies), que ce soit en mode paysage ou, grande nouveauté, en mode portrait. La caméra peut en effet pivoter sur elle-même pour prendre des photos (RAW / DNG en 12 Mégapixels) ou filmer en mode portrait. Pratique pour des live Facebook ou Periscope par exemple.

 

Le vol en immersion (FPV)

Parlons maintenant de notre expérience de vol en immersion (FPV). Vous vous souvenez de notre test de l’aile volante Disco de Parrot ? Oubliez cette expérience décevante puisque DJI et son casque de FPV – qui ressemble à un casque de réalité virtuelle avec ses écrans OLED 1080p – produit à ce jour la meilleure qualité possible en retour vidéo immersif. Les spécialistes considèrent qu’on obtient une meilleure qualité d’image qu’avec le kit HD d’Amimon et les lunettes Cinemizer OLED utilisés par les pilotes de drone professionnels !

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Le casque bénéficie d’un retour en 1080p à 30p, lorsque les conditions sont réunies alors que notre démonstration se limitait à du 720p à 30p déjà largement convaincante. Il est alors possible de piloter le drone avec la radiocommande dans les mains et le casque fixé sur le crâne. Les détails du paysage sont très visibles et l’oiseau qui sommeille en nous se réveille, avec de chouettes sensations. En revanche, le casque est assez lourd

 

L’autonomie

DJI réussit encore à faire évoluer l’autonomie de son drone par rapport au Phantom 4 puisqu’il est désormais question de 27 minutes d’autonomie alors que la batterie est plus petite que sur le grand frère. Dans les faits, il faudra plutôt compter entre 20 et 25 minutes selon le type de vol. On arrive quand même à une bonne heure de vol avec trois batteries.

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A qui s’adresse le Mavic Pro ?

À qui s’adresse ce drone ? On peut identifier plusieurs types de clients. Il y a le fana de drone et d’images aériennes qui veut pouvoir emporter partout avec lui son quadricoptère, à l’image d’un appareil photo, sans faire de concession sur la qualité des vidéos et des photos ou des performances en vol. On pense également aux sportifs comme les cyclistes, les coureurs ou même les skieurs qui veulent qu’un drone autonome les suive partout pour réaliser des images d’eux, en plein effort, tout en étant capable d’éviter les obstacles.

Le principal argument de GoPro est de fournir au client trois produits en un : un drone, une action cam et un stabilisateur. Toutefois, le Karma est beaucoup moins intelligent que le Mavic Pro (pas de follow me, pas d’évitement d’obstacles, etc.) et ne s’adresse donc clairement pas aux pilotes désirant se retrouver avec le meilleur drone entre les mains. Notons également que le GoPro Karma est moins compact que le Mavic Pro puisque ce dernier peut passer en sac à main, alors que le sac à dos livré avec le Karma dispose plus d’un format valise cabine.

 

Face à la concurrence

Parlons alors un peu de prix pour placer le Mavic Pro face à la concurrence. Proposé à 1199 euros en version de base, le nouveau drone de DJI se place face au GoPro Karma, vendu également 1199 euros avec une GoPro 5 et le Karma Grip. Alors lequel faut-il choisir ? On conseillera le GoPro Karma aux sportifs désireux d’avoir le plus de produits possible pour 1 199 euros alors que le Mavic Pro de DJI sera réservé aux aficionados des drones pour qui aucun compromis n’est possible.

Le DJI Mavic Pro est-il pour autant parfait ? DJI aurait pu réaliser un sans-faute, mais quelques éléments viennent troubler son utilisation. On pense notamment à cette histoire de mise au point agaçante, à l’impossibilité de relier aisément une tablette à la radiocommande pour bénéficier d’un retour vidéo en grand format.

Surtout, on attend DJI au tournant sur le prix du casque Goggle, qui risque bien de tourner aux alentours de 400 euros. Celui-ci est pourtant pratiquement nécessaire, tant le retour vidéo sur un smartphone est compliqué pour piloter en FPV.

 

Prix et disponibilité

Le DJI Mavic Pro sera disponible à partir de la mi-octobre à partir de 1 199 euros. On trouvera également un kit avec deux batteries, des hélices supplémentaires, une sacoche de transport, un chargeur allume-cigare et une station de recharge pour 1 499 euros. Chaque batterie supplémentaire sera facturée 99 euros.

Il est également disponible à l’heure où nous écrivons ses lignes à 875 euros sur GearBest pour la version classique et à 1138 euros pour le kit avec tous les accessoires.

Parlons alors un peu de prix pour placer le Mavic Pro face à la concurrence. Proposé à 1199 euros en version de base, le nouveau drone de DJI se place face au GoPro Karma, vendu également 1199 euros avec une GoPro 5 et le Karma Grip. Alors lequel faut-il choisir ?

On conseillera le GoPro Karma aux sportifs désireux d’avoir le plus de produits possible pour 1 199 euros alors que le Mavic Pro de DJI sera réservé aux aficionados des drones pour qui aucun compromis n’est possible.

Le DJI Mavic Pro est-il pour autant parfait ? DJI aurait pu réaliser un sans-faute, mais quelques éléments viennent troubler son utilisation. On pense notamment à cette histoire de mise au point agaçante, à l’impossibilité de relier aisément une tablette à la radiocommande pour bénéficier d’un retour vidéo en grand format.

Surtout, on attend DJI au tournant sur le prix du casque Goggle, qui risque bien de tourner aux alentours de 400 euros. Celui-ci est pourtant pratiquement nécessaire, tant le retour vidéo sur un smartphone est compliqué pour piloter en FPV.
  • Points positifs
    • Qualité des photos et vidéo
    • Compacité du drone
    • La qualité du casque d'immersion
    • L'évitement d'obstacles
    • Les fonctions intelligentes
  • Points négatifs
    • Mise au point qui n'est pas automatique
    • La radiocommande n'accepte pas les tablettes
    • Le poids du casque de FPV