Cette année, nous aurons sans doute une déferlante d’appareils haut de gamme équipés de deux ou plusieurs capteurs photo à l’arrière. Je ne suis pas devin… le LG G5, le Huawei P9, le Honor 8 et plus récemment le Xiaomi Redmi Pro intègrent ce que l’on appelle un “dual camera“. Doit-on s’en réjouir ? Il est assez légitime de se poser la question, d’autant que l’on va dépenser beaucoup d’argent pour ces produits. Regardons tout cela de plus près.

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Peu de différence entre les smartphones Android

Il est de plus en rare de voir des produits différents sur le marché des smartphones ces derniers mois. Nous avons vu tout un tas d’appareils aux allures de concepts, le Yotaphone 2 et son écran E-Ink, ou encore le Jupiter qui intègre une fonction cigarette électronique. Vous ne rêvez pas. Ce sont des appareils qui se vendent mal. Pas vraiment d’usage, peu d’intérêt, nous sommes plus proche du gadget que de fonctionnalités propres à bouleverser le secteur.

Pour le reste, les différences significatives entre les produits ont tendance à apparaître dans les détails les plus obscurs – plus de mégapixels iciun caméra rotative par là, ou encore de plus gros photosites. La qualité des photos est correcte, grâce à de meilleurs capteurs, mais aussi une meilleure intégration logicielle et matérielle. Mais globalement, la qualité globale sur les appareils haut de gamme est très similaire, ce qui semble marquer un problème pour les marques : elles n’arrivent plus vraiment à se différencier et à justifier que nous changions de smartphone.

Certains modèles sont déjà excellents en photographie, mais il y a quelques domaines clés dans lesquels ils luttent encore. Ils ont de petits capteurs, de sorte qu’ils ne sont pas les meilleures en basse luminosité, ils ne produisent également pas une profondeur de champs agréable (le fameux “bokeh”), enfin ils ne disposent pas non plus de zoom optique.

Certains smartphones ont apporté des solutions originales et créatives, et les résultats sont déjà impressionnants. Le Nokia Lumia 1020, avec ses 41 mégapixels entassés dans son capteur, donne à ses utilisateurs beaucoup plus de marge pour recadrer leurs photos, et permet de zoomer sans détruire les détails des images. Le Panasonic Lumix CM1 embarque  un capteur de compact dans un corps de smartphone, ce qui lui donne des capacités d’appareils photo compacts.

Mais embarquer plus de mégapixels et un capteur de compact, cela ne donne pas obligatoirement une meilleure qualité d’image, et cela ne permet de zoom optiquement. Il y a une autre solution.

 

Pourquoi ne pas rajouter plusieurs capteurs à l’arrière ?

Les expériences de ce type ont déjà eu lieu. C’est vrai. La plus inutile, le LG Optimus 3D pour réaliser des clichés en 3D, retransmis sur l’écran 3D stéréoscopique du smartphone – Oui, comme la Nintendo 3DS. L’année, nous avons pu découvrir un produit plus ambitieux, le Honor 6+.

Ce dernier intègre deux capteurs de 8 mégapixels. Ce double capteur permet de régler la mise au point de la photo a posteriori, mais aussi d’augmenter la définition de l’image jusqu’à 13 mégapixels. Cette dernière fonctionnalité est assez pratique puisqu’elle ajoute un niveau de détail supplémentaire sur les clichés, même si ce n’est pas flagrant. C’est tout cas la première expérimentation proche de ce que l’on peut attendre de ce type de capteurs.

Plus récemment, LG a introduit le LG G5, qui utilise un second capteur grand angle. Les deux capteurs ne vont pas fonctionner ensemble, vous basculez manuellement ou automatiquement entre les deux, en fonction du contexte. Notons également la présence du Huawei P9 conçu avec l’aide du spécialiste Leica, une technologie que l’on retrouve sur le Honor 8 également. Ces deux smartphones possèdent une particularité : un système complexe composé de deux modules photo à lentilles asphériques et des capteurs Sony de 12 Mégapixels, l’un en couleur, et l’autre monochrome.

Enfin, Xiaomi a dévoilé son Redmi Pro avec deux capteurs également.

À lire sur FrAndroid : Xiaomi Redmi Pro : le premier smartphone dual camera de la marque

 

À terme, ils vont remplacer nos bons vieux compacts et autres récents hybrides

L’arrivée de plusieurs capteurs sur un même et seul appareil est perçue comme « une révolution silencieuse » dans le monde de la photographie. Le marché du smartphone est en train de bouleverser le marché de la photographie, avec des capteurs photo de meilleure qualité dans les smartphones, et un processus de miniaturisation des modules photo et de moulage de lentilles de plastique de haute qualité.

L’intérêt de plusieurs capteurs s’explique assez bien d’un point de vue technique.

Le Light L16, par exemple, est un appareil photo qui intègre 16 capteurs photo, le tout sous Android. Avec un modem 4G et quelques composants supplémentaires, il pourrait très bien se transformer en smartphone. Revenons à ces seize capteurs. À l’intérieur, la caméra fonctionne assez différemment des reflex et autres hybrides. La taille des capteurs intégrés est très similaire à ce que l’on trouve sur les smartphones actuels, puisqu’ils font la même épaisseur et la même largeur. Ce sont des capteurs de smartphones.

L16

L16

Ces différents capteurs donnent aux utilisateurs du L16 la possibilité d’avoir un zoom efficace de 35 mm à 150 mm. En effet, chaque capteur est équipé d’un objectif différent. Le L16 peut aussi capturer l’information de toutes les images et créer une photographie à haute résolution jusqu’à 52 mégapixels. Comme sur les derniers reflex. Ce procédé permet également de créer de meilleures images en basse lumière, tout en réduisant le bruit généré, deux problèmes qui persistent dans la photographie numérique. Il permet également plus de contrôle lors de l’édition, telle la possibilité de sélectionner votre focus après avoir pris une photo. Des fonctions que l’on retrouvait, en partie, sur le Honor 6+.


Le L16, par exemple, n’a rien d’extraordinaire quand on étudie séparément les objectifs utilisés. Ils ont tous une ouverture f/2.4 avec une focale différente. Ce qui fait la différence, c’est leur utilisation simultanée pour capturer un même et seul cliché. Les capteurs vont se compléter intelligemment. Chaque capteur améliore ce qui n’est pas bien vu par les autres. La réelle complexité est alors dans les coulisses : le logiciel, les algorithmes et in fine, ce sont les performances des architectures utilisées.

Un autre domaine qui devrait vous convaincre, c’est le HDR. Si vous pensez que cette « fausse » profondeur de champ est susceptible de finir par ressembler à un gadget, le potentiel HDR est certainement encore plus excitant. En effet, la HDR est devenue l’un des outils les plus importants de la photographie mobile, impliquant généralement la fusion de plusieurs expositions pour augmenter la plage dynamique, un domaine dans lequel les capteurs minuscules de nos smartphones ne sont jamais bons.

Avec différents réglages d’exposition, les capteurs de nos smartphones pourront produire un effet HDR incroyablement plus efficace et naturel que ce que nous avons déjà vu. Toutes les images seront prises à la même fraction de seconde, ce qui signifie que vous n’aurez pas besoin de tenir fermement votre smartphone, ou encore d’un trépied pour les plus rigoureux d’entre nous. Une chose impossible pour les reflex numériques.

Vous êtes convaincus ? On en reparle dans quelques mois.