Bien que le concept existe depuis des décennies et que le milieu des années 90 ait connu de nombreuses tentatives en la matière, la réalité virtuelle semble n’avoir pris son envol que très récemment, essentiellement grâce à un nom : Oculus Rift. Ce casque conçu par la compagnie américaine Oculus VR (rachetée début 2014 par Facebook pour la coquette somme de 2 milliards de dollars, rappelons-le) a en effet prouvé que la technologie était enfin mûre. Et, comme c’est souvent le cas lorsqu’un nouveau standard apparait, les imitateurs et autres suiveurs n’ont pas tardé à débarquer. Dans la galaxie Android, notamment, les propositions de casques de VR sont nombreuses et, surtout, abordables. Et pour cause : il suffit de placer un smartphone dans un appareil en plastique/carton dépourvu d’électronique pour profiter d’une expérience de réalité virtuelle convaincante. Bref, pour moins de 10 euros, vous avez désormais la possibilité de partir dans cette dimension nouvelle et intrigante. Si vous hésitez sur le choix de l’appareil, les lignes qui suivent vous sont destinées.

Réalité virtuelle

Samsung Gear VR

Samsung Gear VR

Faites place à la Rolls des casques sous Android : le Gear VR ! Le premier appareil de réalité virtuelle de Samsung est en effet un très bel objet, qui a de plus le mérite de proposer une expérience extrêmement immersive. Nous avons pu l’essayer pendant une petite heure et il faut avouer qu’il nous a largement convaincus. Très confortable, il profite d’un design moderne et agréable, qui isole suffisamment de la lumière extérieure. Une fois le casque sur le nez, une interface propriétaire prend le relais. Développée par Oculus VR, celle-ci est belle, intuitive et, encore une fois, très immersive. Couplé avec la qualité de la dalle Super AMOLED QHD du Galaxy Note 4, c’est le bonheur. Oui, mais voilà : le Gear VR n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler un produit accessible. Vendu entre 200 et 300 dollars, pour le moment uniquement aux États-Unis, il n’est compatible qu’avec le Galaxy Note 4. À 650 euros en moyenne le smartphone, la facture est donc très salée… De plus, si on loue la qualité des applications développées par Oculus pour Samsung, on regrette que l’écosystème soit complètement fermé et qu’il soit impossible d’installer l’une des nombreuses apps de VR disponibles sur le Play Store.

Qualités : Sa finition, son design et son confort d’utilisation. La qualité de l’immersion qu’il procure. La surcouche logicielle développée par Oculus VR. La surface tactile sur le côté.
Défauts : Compatible uniquement avec le Note 4. Son écosystème fermé. Son prix et sa disponibilité.

Homido

Homido

Conçu par la société française du même nom, le casque Homido a tout de l’outsider que l’on n’attendait pas vraiment, mais qui s’avère une très bonne surprise. À première vue, le produit ne paie pas de mine, avec son design passe-partout et son omniprésence de plastique. Comme beaucoup de ses concurrents, il a par ailleurs un petit côté « coque vide » un peu gênant. Rapidement, on se rend cependant compte de ses qualités : la finition est très bonne, le système de fixation du smartphone très efficace (presque impossible de le faire tomber une fois attaché) et le confort d’utilisation est au rendez-vous. Entourée de mousse, la zone placée autour des yeux permet un usage prolongé, tandis que deux molettes permettent de régler le recul de l’image et l’alignement des lentilles. Seul vrai défaut : la petite taille de l’appareil empêche l’utilisation avec des lunettes, à moins d’avoir une monture très fine. Heureusement, l’appareil est fourni avec trois paires de lentilles, chacune adaptée à différents types de vue. Très polyvalent, Homido accepte les smartphones de 4 à 5,7’’ et propose un FOV de 100°. Bref, un casque solide, bien pensé et abordable.

Qualités : Beaucoup de smartphones compatibles. Support de fixation efficace. Confortable à porter. Rapport qualité-prix.
Défaut : Impossible à utiliser avec des lunettes.

Archos VR Glasses

Archos VR Glasses

Soyons honnêtes : si vous cherchez un casque de VR sous Android, ce n’est certainement pas le produit d’Archos que vous devez acheter. La marque française ne s’est en effet pas vraiment foulée avec ces VR Glasses, puisqu’il s’agit, ni plus ni moins, d’un appareil déjà disponible sur le marché chinois, que l’on peut aisément trouver moins cher sur de nombreux sites d’import. Passez cette petite précision, inspectons la bête de plus près : finition douteuse, système de fixation mal fichu (il faut écarter les deux côtés pour faire entrer l’appareil, le tout dans un bruit de grincement horripilant) et arête au niveau du nez franchement inconfortable. N’en jetez plus : le casque VR Glasses d’Archos n’a aucun intérêt, même à moins de 30 euros.

Qualité : Pas très cher
Défauts : Inconfortable à porter. Rebranding d’un produit chinois. Immersion à la ramasse. Finition médiocre.

Stooksy VR-Spetik

VR Spektiv

À mi-chemin entre un Homido et un Google CardBoard, le VR-Spektiv de Stooksy prend le parti du DIY (Do It Yourself), soit un appareil à assembler soi-même. Point de carton ici cependant, mais de la mousse très souple et très légère, permettant de profiter d’un casque poids plume. Une fois commandé, vous recevez une simple plaque contenant des dizaines de pièces prédécoupées. Commence alors une longue séance de montage, qui rappellera les « meilleurs » souvenirs de retours de chez Ikea. Assembler le VR-Spektiv requiert en effet patience et observation. Si les plans de constructions sont assez clairs, la matière utilisée (une mousse souple, rappelons-le) rend l’assemblage de certaines pièces difficile. Également, le « strap » pour fixer l’appareil autour de sa tête a tendance à régulièrement se défaire… Mais bref, une fois que la bête a pris vie, il faut avouer que l’expérience est de qualité : le smartphone (de 4 à 5,5’’) tient bien, le recul est réglable, tout comme la position des lentilles (trois paires sont là aussi fournies) et le FOV de 100 degrés offre une immersion satisfaisante.

Qualité : Léger. Compatible avec beaucoup d’appareils. Design original
Défauts : Montage un peu long. Système de fixation du strap douteuse.

Google Cardboard

Google Cardboard

C’est sans doute le dispositif de VR sous Android le plus connu, et pour cause : il vient de Google himself. Lancé comme un gadget anodin lors de la conférence I/O 2014, le CardBoard est rapidement devenu une porte d’entrée vers la réalité virtuelle pour beaucoup de monde, essentiellement grâce à son tarif ultra abordable. On peut en effet le trouver, lui ou un de ses nombreux clones, pour quelques euros sur les sites d’import chinois. En pratique, le Google CardBoard a les défauts de ses qualités : très facile à assembler, il montre cependant vite ses limites en matière de confort et d’immersion. On note cependant la présence d’un aimant sur le côté, permettant, via l’utilisation d’un Nexus 5, de contrôler l’interface de l’application dédiée. Celle-ci propose différentes expériences (YouTube en VR, Google Earth, une visite du château de Versailles…) assez réussies. Rapidement, cependant, on a envie de passer la seconde et de tester un casque plus complet et plus confortable.

Qualités : Très abordable. Immersion efficace. Aimant sur le côté. Facile à assembler
Défaut : Du carton, encore du carton. On a vite envie de passer au niveau supérieur.

Durovis Dive

Durovis Dive

Sur de nombreux points, le Durovis Dive ressemble à l’Homido : le design est assez similaire, on retrouve le même type de mousse pour le confort du contour des yeux, le système de fixation du smartphone fonctionne plus ou moins de la même manière et le casque est fourni avec plusieurs paires de lentilles adaptées à différents types de vues. Il nous parait cependant un poil moins convaincant, notamment à cause de l’absence d’une bande de fixation au-dessus de la tête (très utile pour la stabilité de l’ensemble) et d’un système d’attache des lentilles assez mal fichu et pas très fiable. En dehors de ces quelques points noirs, le produit reste de qualité et procure une bonne immersion.

Qualités : Bonne conception. Confortable à porter.
Défauts : Manque une bande de soutien au-dessus du crâne. Le système de fixation des lentilles.

Dossier rédigé par Michaël Lemoine