Le prochain progrès technologique pourrait être le contrôle par la pensée. Un terrain sur lequel Neurable veut prendre de l’avance. Pour y parvenir, la compagnie vient de réaliser une levée de fonds s’élevant à 2 millions de dollars.

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Leisa Thompson / Neurable

Nous allons bientôt tourner le dos à l’année 2016, une année que beaucoup ont considéré comme « l’année de la réalité virtuelle« . En effet, 2016 a permis au grand public de découvrir l’Oculus Rift, le HTC Vive ou encore le PlayStation VR de Sony. Si la technologie est encore assez loin d’être considérée comme mainstream, cela n’arrête pas les ingénieurs de travailler sur des concepts plus poussés encore.

Contrôler un appareil par la pensée

C’est justement le cas de Neurable, une start-up composée de seulement quatre anciens étudiants chercheurs américains. Cette petite équipe est tout de même parvenue à récolter 2 millions de dollars lors d’une récente levée de fonds. Une somme nécessaire pour réaliser l’ambition de Neurable : créer une interface de communication entre les pensées d’un utilisateur et les outils technologiques qui l’entoure. Dans une interview accordée à TechCrunch, Ramses Alcaide, le fondateur de Neurable, explique :

Notre but est d’en faire un standard pour les interactions entre l’homme et n’importe quelle machine ou logiciel. Ainsi n’importe qui pourrait rentrer chez soi ou dans son bureau et prendre le contrôle de ses appareils grâce à une combinaison de systèmes en réalité augmentée et son activité cérébrale.

L'équipe de Neurable

L’équipe de Neurable

Contrôler son environnement par la force de la pensée

Pour la petite explication, Alcaide compte améliorer l’interprétation des ondes émises par le cerveau en ayant recours au machine learning. Ainsi, l’identification des ondes sera bien améliorée et le temps nécessaire à leur reconnaissance sera drastiquement diminué. Dans les faits, si l’on doit rester plusieurs minutes dans un certain état (concentration, relaxation) pour qu’une machine puisse déterminer notre état, la méthode de Neurable sera plus instantanée. Ainsi, une pensée pourra directement être interprétée comme une entrée spécifique, comme la préparation d’un café.

Selon toute probabilité, ce système ne sera pas précis au point de transmettre un message comme « Noter que je dois boire plus d’eau ». Il pourra cependant associer un stimulus à une action. Il se pourrait donc que dans un futur proche nous soyons en mesure d’utiliser nos objets du quotidien sans lever le petit doigt ni même prononcer le moindre mot.

Dans tous les cas, le retour sera forcément visuel ou sonore. Comme la communication ne se ferait que dans un sens, nous n’aurons pas à nous soucier de la prise de contrôle de nos cerveaux, du moins pour l’instant. En revanche, rien n’empêcherait Neurable de stocker toutes nos pensées sous formes d’ondes, pour les utiliser à des fins obscures. Et nous n’avons pas (encore) la possibilité de chiffrer nos cerveaux. La question se pose donc : qu’est-on prêt à donner en échange d’un peu plus de confort ?

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