Onavo est une application d’optimisation de consommation de données, récemment acquise par Facebook pour un montant compris entre 150 et 200 millions de dollars. Un montant considérable grâce auquel Facebook a signé son record d’investissement en Israel, pays d’origine de la start-up.

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Avant de rentrer dans les détails, rappelons le principe de cette application téléchargée entre 100 000 et 500 000 fois sur le Play Store, alors qu’elle est également présente sur iOS.

Selon les créateurs de l’application, Onavo permet d’économiser jusqu’à 5 fois sur le fair-use et ce, “sans changer sa manière d’utiliser son smartphone.” L’application permet ainsi de compresser ses données en passant par les serveurs d’Amazon, avant de les retransmettre à l’utilisateur.

L’entreprise a été créée en 2010, soit avant l’arrivée en masse des forfaits “tout illimité”, notamment dans les pays occidentaux où l’application a connu un franc succès. S’est posée ensuite la question de l’intérêt de l’application après la démocratisation de ce type de forfaits. Et Ovano de rétorquer que même en déplacement à l’étranger, l’application aidait à vous faire économiser jusqu’à 80 % de votre consommation de data. Un rabattement qui est loin d’être négligeable, notamment en vue de la cherté du roaming (frais d’itinérance), surtout en dehors de l’Europe. Il faut savoir qu’Onavo s’adresse également aux marchés émergents où l’on paye toujours au prix fort son accès à Internet sur ses terminaux mobiles.

Par ailleurs, l’application vous permet d’effectuer un suivi détaillé de votre consommation en vous indiquant quand vous atteindrez votre plafond de consommation via des visuels évolutifs, vous donne un aperçu sur vos habitudes d’utilisation, et vous permet de fixer votre plafond mensuel ainsi que votre période de facturation. Bref, des fonctionnalités intéressantes pour éviter les mauvaises surprises à la réception de votre facture téléphonique, tout cela gratuitement et sans publicité !

Le revers de la médaille

Un esprit sceptique pensera intrinsèquement qu’il y a anguille sous roche. Et il n’aura pas tort. Avec Facebook comme nouveau propriétaire, Onavo entre dans une nouvelle phase de son développement. L’intégration de cette technologie au réseau social, qui se veut de plus en plus présent sur les terminaux mobiles, apportera certes une plus-value au milliard d’utilisateurs que compte Facebook. La création en partenariat avec plusieurs autres géants du monde du mobile et de la toile, d’Internet.org, un énorme consensus dont le but est de connecter les deux tiers des habitants de la planète, y est certainement pour quelque chose.

Beaucoup d’habitants en Afrique et en Asie paient un prix trop élevé pour leur accès à Internet en raison de la mauvaise couverture dans leur région ou tout simplement parce qu’Internet est considéré comme un moyen de communication destiné aux élites. Avec Onavo, Facebook voudrait donc offrir aux nombreux utilisateurs de ces pays la possibilité de réduire leurs coûts en compressant les données, et profiter ainsi plus pleinement de leurs connexions. C’est bien beau tout ça, mais quel prix devront payer ces utilisateurs ? On me souffle à l’oreille que lorsque quelque chose est offert gratuitement sur le web, c’est qu’on considère que le produit, c’est bien « vous ». Il n’est mentionné nulle part qu’Onavo ne garde pas les données recueillies sur ses utilisateurs.

À L’ère où l’information se monnaie à prix d’or, Onavo détiendrait les habitudes de connexion des personnes ayant téléchargé l’application ainsi qu’une panoplie d’autres informations concernant chaque utilisateur (opérateur, type de forfait, applications téléchargées…). Une autre question se pose donc : Facebook a-t-il racheté cette start-up pour sa technologie ou pour les données qu’elle détient ? Probablement les deux. Le réseau social, dont l’expansion est fulgurante, voudrait investir davantage le monde mobile et cibler (par la publicité notamment) des populations qui disposent de terminaux capables de se connecter mais qui n’ont malheureusement pas ou pas assez d’accès à Internet.

Le montant de la transaction estimé entre 150 et 200 millions de dollars devrait nous mettre la puce à l’oreille. Onavo est véritablement une application qui ne tardera pas rentabiliser l’investissement de Facebook.