L’entreprise néerlandaise Fairphone était parvenue, voilà presque deux ans, à faire parler d’elle pour une excellente raison : son smartphone financé en crowdfunding se voulait « équitable », tant en termes de matériaux utilisés que de ressources humaines. 60 000 unités écoulées plus tard, un deuxième modèle est en préparation.

Fairphone

Le prototype du Fairphone de première génération.

Pour découvrir celui que l’on se contentera d’appeler le Fairphone 2, en l’absence de nom plus précis, il faudra patienter jusqu’après l’été prochain, d’après les premiers éléments livrés par la marque. Il n’est cette fois plus question de passer par une campagne de financement sur Indiegogo, mais plutôt par une mise en production après une mesure des attentes des mobinautes par le biais d’une « liste d’intéressés » fournissant leur adresse email au Néerlandais. Il a d’ailleurs une idée assez précise de ce qu’il souhaite créer : « Notre but est de produire et vendre 150 000 téléphones par an. Comme nous prévoyons de démarrer les ventes après l’été, cela signifie 50 000 unités pour 2015 et 150 000 en 2016. En somme, notre objectif est de produire un total de 200 000 téléphones d’ici la fin 2016. Si c’est notre but actuel, ces plans pourront changer en fonction de la production ». Une précision d’importance puisque le premier Fairphone s’était longtemps fait désirer avant d’être expédié à ses backers.

Le Fairphone mettait l’accent sur des matériaux (minéraux) « équitable » du point de vue des travailleurs et de l’environnement, sur la durabilité de son appareil, sur les conditions de travail dans les usines de ses fournisseurs. Cela restera l’objectif du Fairphone 2 qui, toutefois, passera de caractéristiques de milieu de gamme à des spécifications un peu plus ambitieuses. La firme parle déjà d’une compatibilité 4G et, quand son premier téléphone était animé par un SoC MediaTek (la liste complète des fournisseurs du premier Fairphone se consulte ici), elle a confié à The Next Web son intention de s’approvisionner chez Qualcomm ainsi que d’opter pour l’OS Android. Et son représentant, interrogé par nos confrères, d’ajouter : « Il est loin d’être 100 % équitable, nous le voyons plus comme un point de départ. Il y a des milliers de points qui peuvent être améliorés dans la chaîne de production », a-t-il expliqué. « Le téléphone contient plus de trente minéraux. Ces minéraux viennent de partout dans le monde et il y a des douzaines d’étapes par lesquelles passer avant qu’ils deviennent des composant industriels. La plupart des entreprises, y compris nous, n’ont pas un accès transparent à leurs propres chaînes d’approvisionnement ». Plus performant et plus dans l’air du temps, le Fairphone 2 risque de perdre un peu de son intérêt, du moins si l’entreprise, visiblement soucieuse de jouer la carte de l’honnête, ne parvient pas rapidement à remplir sa part d’un contrat qu’elle a elle-même défini.