C’est une petite révolution dans le monde des transports en commun parisiens qui se prépare. Dans les cinq ans à venir, Paris, et plus globalement la région Île-de-France, prévoit l’abandon du ticket de métro. Le passe Navigo, lui, se transformera en application mobile. Une bonne idée ?

Pass Navigo

La carte Navigo actuelle

Si vous êtes déjà allés au Japon, par exemple, vous connaissez certainement la carte Suica. Une carte à validation sans contact, à acheter une fois, et à charger d’une somme au choix. C’est très exactement ce que compte devenir le ticket de métro tel qu’on le connaît depuis plus d’un siècle, comme l’a annoncé au Journal du Dimanche Valérie Pécresse. La nouvelle présidente de la région Île-de-France présentera le 1er juin au syndicat des transports franciliens, le Stif, ses orientations pour les cinq ans à  venir. « Je peux vous annoncer la généralisation du Smart Navigo et la suppression du ticket de métro à l’horizon 2021 », assure-t-elle à nos confrères.

Le lancement d’un « Smart Navigo »

Ce Smart Navigo, justement, est voué à remplacer le Passe Navigo actuellement en vigueur. La région Île-de-France compte basculer la carte – remplaçante de la traditionnelle carte orange depuis 2005 – vers un format dématérialisé. Comprenez que ce Smart Navigo sera une application mobile, dont le crédit (abonnement mensuel, hebdomadaire…) pourra être rechargé en ligne, et autorisera une validation en NFC avec le smartphone, donc. Elle sera mise en place entre 2018 et 2021, avec des premières expérimentations « dans les bus puis dans les trains et les RER. Nous commencerons par les lignes de bus reliant les aéroports », explique Valérie Pécresse.

Le coût de l’opération reste à préciser, mais il faut bien noter que les bornes de validation actuelles devront être remplacées. À terme, la région espère étendre son Smart Navigo à d’autres services de transport, à commencer par le Vélib ou Autolib.

Et les usages sans smartphone NFC ?

Quid des Franciliens qui ne disposent pas d’un smartphone – sur 24 millions de téléphones vendus en 2015, GFK indique que 4 millions sont des feature phones – ni d’un smartphone avec puce NFC ? C’est là que le bât blesse. Dans son entretien avec le JDD, Valérie Pécresse a plus ou moins botté en touche, martelant son objectif de « faciliter la vie des touristes ou des usages occasionnels ».

Quant aux Parisiens ou Franciliens équipés de smartphones anciens, voire de mobiles basiques (ou de rien du tout), ils devront valider leur titre de transport avec leur carte bancaire NFC. Et les usages sans carte bancaire ni smartphone – les enfants, par exemple ? Il reste cinq ans pour leur trouver une offre adaptée.