Il y a quelques jours, nous avons reçu un exemplaire de l’ADT-1, le kit de développement proposé par Google aux développeurs souhaitant s’exercer sur Android TV. Nous l’avons donc essayé, ou du moins avons tenté de le prendre en main puisque certaines fonctionnalités ne sont pas présentes ou d’autres sont encore instables. Android TV a-t-elle de bons atouts ? Nous avons cherché à en savoir plus.

Android TV

Google n’en est pas à son coup d’essai dans l’univers des télévisions. En 2010, la firme de Mountain View lançait l’écosystème Google TV avec trois partenaires : Intel pour le processeur, Sony pour les télévisions et Logitech pour les périphériques. La mayonnaise n’a pas réussi à prendre puisque les consommateurs on été peu intéressés par la proposition de Google d’une télévision connectée ou d’une box sous Android. En 2012, Google a retenté sa chance avec le Nexus Q, un genre de box HDMI à relier au téléviseur. Malheureusement, le projet a été un échec cuisant et le produit annulé juste après sa présentation, les précommandes ayant quand même été honorés de manière gratuire. Jamais deux sans trois s’est dit Google, car la société a annoncé Android TV lors de la Google I/O 2014. C’est un mélange entre Google TV et le Nexus Q puisque Google va permettre à divers constructeurs de développer des produits aussi divers et variés que des télévisions, des box ou encore des consoles de jeu qui embarqueront Android. Pour permettre aux développeurs de prendre de l’avance avant la sortie effective des premiers produits sous Android TV qui ne devraient pas tarder, Google a distribué un kit de développement répondant au nom d’ADT-1.

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ADT-1 : une box HDMI à base de Tegra 4

C’est le même boîtier que nous avions pu voir lors de la Google I/O cette année : un petit carré de 10 cm de côté, plat sur une face, mais avec des petites facettes sur l’autre face donnant un côté sympathique à l’appareil. À l’arrière, on trouve un port HDMI pour le relier à une télévision, un port USB pour brancher des périphériques (ou débuguer l’appareil), un port Ethernet et le port d’alimentation. Le Wi-Fi est bien sûr de la partie, à l’intérieur de la bête. Sous le capot, c’est une puce Tegra 4 développée par Nvidia qui est présente et assistée par 2 Go de mémoire vive ainsi que 16 Go de ROM. Une manette sans fil (Bluetooth) est livrée avec l’appareil pour naviguer dans les menus et même jouer aux jeux disponibles.

Android TV3

Android sur une télévision avec une manette ou une télécommande

Lors du premier lancement, il faut configurer l’ADT-1. Et là, ça se corse puisqu’aucun périphérique n’est connecté par défaut. L’appairage avec la manette Bluetooth a été légèrement laborieux, mais on imagine que les futurs appareils sous Android TV seront livrés avec un manuel un peu plus détaillé que le nôtre. Ensuite, Android TV demande une petite configuration rapide qui réclame les mêmes informations qu’Android : la connexion à un réseau Wi-Fi et un identifiant Google pour accéder au Play Store.

Android TV interface

On arrive ensuite sur l’écran d’accueil d’Android TV qui est, pour rappel, basé sur Android L. Les couleurs vives sont donc mises à l’honneur, avec un style davantage plat qui fait la part belle aux effets d’agrandissement et de 3D. En haut à gauche, on trouve la barre de recherche, qui s’active en se positionnant dessus avec la manette ou alors en mode recherche vocale. La manette ne possédant pas de micro, il faut alors relier son smartphone (qui devra être sur le même réseau Wi-Fi que la manette) à Android TV pour se servir du micro du téléphone. Il est également possible de naviguer dans les menus avec cette super télécommande, et même de taper du texte avec un clavier azerty en lieu et place du clavier visuel dont l’usage avec la manette est délicat et nous rappelle l’ergonomie des consoles.

Android TV interface 2

Commande vocale et suggestions

Sous la barre de recherche, on trouve l’emplacement pour les films, séries et vidéos proposés par Google en fonction des habitudes de l’utilisateur. Par défaut, Google affiche 3 films, sous forme de vignettes, qui sont issus du palmarès des films du Play Store. Si vous commencez à utiliser YouTube, le système ajoutera les vignettes des vidéos YouTube susceptibles de vous intéresser. Toujours dans la partie vidéo, l’application Netflix (vidéo à la demande par abonnement) est installée de base et il est possible de télécharger sur le Play Store l’application Plex, le media center dont nous avons déjà parlé dans nos colonnes. Pour le moment, les recommandations de l’écran d’accueil d’Android TV ne contiennent pas les films et vidéo présents sur Netflix et Plex. Peut-être pour plus tard ? De la même manière, la recherche vocale du système va rechercher uniquement sur YouTube. Impossible de lancer, depuis l’écran d’accueil et de manière vocale, la lecture d’un film sur Netflix ou Plex.

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Un Play Store quasi désertique

Un rapide mot sur le Play Store intégré à Android TV. Il est pour le moment en version Preview et cela se ressent puisqu’une seule application est disponible : Plex. En revanche, de nombreux jeux sont compatibles avec Android TV, en tout quelques dizaines de titres, mais pas les plus gourmands. En tout 16 titres compatibles avec l’API de Google qui gère les manettes, mais aussi 3 titres compatibles quant à eux avec les télécommandes (ou les smartphones reliés en mode télécommande avec l’application Remote Controler). Citons au hasard Wind-up Knight 2 ou encore Riptide GP2. Aucun souci particulier sur les jeux. et l’utilisation de la manette était particulièrement pratique. Nous n’avons pas l’habitude de jouer aux jeux Android avec un pad dans les mains, mais on espère que les développeurs intégreront de plus en plus le support des contrôleurs dans leurs jeux.

Android TV interface 3

Nous voilà arrivés à la fin de notre prise en main. Elle est rapide, me direz-vous, mais pour le moment, la plateforme Android TV est destinée aux développeurs. D’ailleurs, notre ADT-1 n’est rien d’autre qu’un outil de développement censé aider les développeurs dans la prise en charge de cette future plateforme grand public. Cet aperçu d’Android TV nous laisse donc forcément sur notre faim, en tant qu’utilisateur final. Mais si l’on se place dans la peau d’un développeur, le futur écosystème de Google a du potentiel. D’ailleurs, de nombreux projets sont déjà dans les cartons : on pense notamment à la box Miami de Bouygues Telecom ou encore à la console de salon de Razer. Après l’invasion des poches à travers les smartphones, Google prépare maintenant celle des salons par l’intermédiaire des télévisions, consoles et box. Le troisième essai sera-t-il le bon ? Rendez-vous dans quelques mois pour les premiers produits grand public, le temps que Google peaufine sa plateforme.