Le projet Ubuntu Edge a enthousiasmé les technophiles lors de sa publication sur le site de crowdfunding Indiegogo à la fin du mois de juillet. Et pour cause : ce premier terminal sous Ubuntu dispose de caractéristiques particulièrement intéressantes. Mais pour parvenir à le mettre en production, difficile de réunir les 32 millions de dollars réclamés par Canonical, l’initiateur du projet, d’autant plus que le prix de vente du smartphone était prohibitif.

Ubuntu Edge

Deux semaines de souscriptions n’ont pas suffi à atteindre le tiers de la somme fixée par Canonical : à ce jour, et alors que le projet Ubuntu Edge sur Indiegogo a démarré le 22 juillet derniers, seuls 9,05 millions de dollars ont été réunis, quand l’objectif à atteindre est de 32 millions de dollars sonnants et trébuchants. Malgré l’enthousiasme des participants, le prix fixé par la firme avait de quoi freiner leurs ardeurs : 830 dollars pour un smartphone (passé une courte période de promotion ou Canonical le proposait à 600 dollars), auxquels il fallait ajouter 30 dollars pour toute livraison hors des frontières américaines et britanniques.

Canonical mise sur une réduction tarifaire

Puisque le temps presse, Canonical a pris le taureau par les cornes, choisissant de baisser le tarif de son Ubuntu Edge, désormais fixé à 695 dollars, pour une livraison estimée à mai 2014. Une ristourne de 135 dollars suffira-t-elle à convaincre les foules, alors même que cet appareil est le premier à combiner les OS Android et Ubuntu Mobile, et que des marques aux qualités connues de tous proposent des terminaux haut de gamme dans la même fourchette tarifaire ?

Ceux qui parient sur l’Ubuntu Edge s’offriront un smartphone doté du dual-boot, comme précisé ci-dessus, mais aussi d’un processeur que l’on attend particulièrement puissant et couplé à 4 Go de RAM, et d’un espace de stockage titanesque de 128 Go et d’un écran de 4,5 pouces HD (1280 x 720 pixels) et recouvert d’un verre saphir. Il sera en outre compatible avec le réseau dual-LTE. Malgré cette fiche technique provisoire alléchante, conservons en tête les difficultés rencontrés par nombre de projets faisant appel au crowdfunding. Dans la mesure où seule une entreprise a fait le pari de fournir les 80 000 dollars du bundle entreprise à Canonical (sur 50 packs), tous les doutes sont permis.

Une certaine amertume également peut-être : pensez que si l’Ubuntu Edge s’est permis cette réduction, c’est également parce qu’il le pouvait. La souscription sur Indiegogo lui a en effet permis de faire baisser les prix auprès de ses fournisseurs, comme Canonical l’indique lui-même : « Depuis que la campagne a commencé, atteignant des records dès son premier jour, nous avons négocié avec plusieurs fournisseurs majeurs de composants qui souhaitent voir le Edge atteindre son but et mener à l’adoption de nouvelles technologies mobiles ». Un prix trop élevé choisi d’emblée et imposé aux enthousiastes, un moyen pour faire pression sur des fournisseurs et les contraindre à baisser les prix ? Certes, mais aussi pour s’imposer comme un acteur du monde de la mobilité sur lequel il faut désormais compter.