La rivalité qui oppose les opérateurs hexagonaux s’exprime on ne peut plus régulièrement dans la presse, à coup de petites phrases bien senties et de répliques assassines. Entre « andouilles » chez les uns et « pigeons » chez les autres, Free Mobile, dont l’image peine encore à égaler celle de ses concurrents, répond publiquement aux doutes exprimés à son sujet.

Free Mobile

Interviewé dans Les Echos, Maxime Lombardini, le Directeur Général de Free Mobile, membre du groupe Iliad présidé par Xavier Niel, revient sur les modalités du déploiement de Free Mobile. Et notamment sur le cas de Bouygues Telecom, dont Free avait tenté plus tôt en 2013 de se rapprocher de la même manière que de SFR, les deux opérateurs mijotant une mutualisation de leurs réseaux. Orange s’était ouvertement opposé à une alliance avec le quatrième opérateur, et avait mis en doute les pratiques de son compétiteur.

Actuellement, Free Mobile fait face à deux enjeux : à la fois assurer une couverture 3G importante, pour une couverture de 75 % de la population à l’horizon 2015, mais aussi parvenir à proposer une couverture 4G digne de ce nom, sans le concours d’un quelconque partenaire. Et pour l’accroissement de sa couverture 3G, Bouygues Telecom est supposé faciliter la tâche à son confrère. Dans la lettre en date du 6 janvier dernier et publiée en milieu de mois par Les Echos, Lombardini assure « que Bouygues Telecom aurait proposé à Free Mobile 6700 sites, immédiatement et facilement accessibles dès 2010 (…). Ce que [leur] courrier omet de mentionner, c’est que Bouygues Telecom n’est absolument pas propriétaire des 6700 sites transmis : [il a] vendu une partie de [ses] pylônes à TDF, puis le parc résiduel à FPS, et [il n’est]quasiment jamais propriétaire des toits terrasses en zone urbaine« . Plus qu’une concurrence à la loyale, Free Mobile, dans ladite lettre, évoquait dans cette lettre une histoire de bâtons dans les roues en rapport avec l’époque où, dès le début 2010, les trois opérateurs français devaient offrir un accès à leurs points hauts à Free afin de l’y laisser implanter des antennes.

Opération couverture

La missive de Free Mobile à Bouygues Telecom est l’occasion pour le quatrième opérateur de s’exprimer publiquement sur sa couverture réseau, celle-là même que ses détracteurs mettent régulièrement en cause. Reprenant la plupart des termes de sa lettre, Maxime Lombardini se veut rassurant :  « Oui, nous allons respecter nos obligations de couverture et l’ARCEP nous suit de près« . Et d’ajouter que « le chiffre de 4500 [stations de base 3G] est cohérent avec les déploiements observés chez nos concurrents. Bouygues Telecom couvre en effet 98 % de la population en 3G avec seulement 10500 points hauts ; or c’est le dernier quart de la population qui nécessite le plus d’antennes…« .

Avec actuellement 2500 (ou plutôt 2518 selon l’Agence Nationale des Fréquences) supports 3G déployés à ce jour, Free Mobile assurait en début de mois couvrir environ 60 % de la population en 3G. Malgré l’inquiétude que suscite chez lui la mutualisation des réseaux  dans la mesure où elle peut « déséquilibrer le marché si elle laisse un acteur de côté« , la 4G de Free continue son chemin : l’ANFR, au 1er janvier 2014, compte 824 antennes 4G actives chez l’opérateur sur les fréquences 2600 MHz, contre 5523 chez Bouygues Telecom, 1294 chez SFR et 4244 chez Orange.