On ne plaisante pas à l’ANFR, l’agence nationale des fréquences, qui publiait hier, en plein dans les canulars du premier avril, ses relevés concernant le mois de mars. De quoi constater que la croissance du réseau 4G sur le territoire hexagonal se maintient, malgré un climat télécom particulièrement complexe.

ANFR

Entre SFR à vendre, Altice-Numericable sur la brèche, Free Mobile intéressé par l’acquisition des antennes de Bouygues Telecom, et un Bouygues Telecom qui justement a bien envie de racheter le Carré Rouge, sans oublier le maintien de Stéphane Richard à la direction d’Orange, le mois de mars a été pour le moins agité dans les télécoms français. On y a plus parlé gros sous et concurrence qu’améliorations techniques : et pourtant le dernier rapport de l’ANFR fait état de 5,1 % de sites 4G supplémentaires autorisés en 4G par rapport au mois précédent. L’agence des réseaux souligne une forte croissance dans les autorisations sur la bande 800 MHz qui, avec 5630 sites autorisés au 1er avril, soit 14 % de plus qu’au 1er mars. C’est toutefois impressionnant que le mois précédent, qui avait vu augmenter de 25,3 % le nombre de sites 800 MHz autorisés.

 

Bouygues Telecom ralentit la cadence

Alors que le mois dernier avait vu Bouygues Telecom afficher une importante croissance, le nombre de sites en service au 1er avril indique plutôt un véritable statu quo. Contre 6029 antennes 4G actives au 1er mars, l’opérateur en compte 6056 au 1er avril ; la faute à un accent mis sur le rachat de SFR qui pourrait, s’il était validé, déboucher sur la revente de 15000 antennes Bouygues Telecom à son concurrent Free Mobile.

À l’inverse, Orange, l’opérateur le plus épargné à court terme par le mercato des télécoms, ce sont désormais 5424 antennes 4G qui sont en service, contre 4989 un mois plus tôt. Ce sont les fréquences les plus intéressantes pour lui, les 800 MHz, qui bénéficient d’ailleurs de cette croissance, puisqu’environ 350 d’entre elles ont été mises en services en un mois.

SFR, lui, continue modestement son petit bonhomme de chemin, gagnant 57 antennes seulement en un mois, tandis que Free Mobile en propose une centaine de plus, passant de 1115 à 1211 antennes actives sur la bande 2,6 GHz. Encore loin devant la concurrence, Orange profite de la situation, en collant au plus près aux autorisations délivrées par l’ANFR, tandis que ses concurrents disposent d’un nombre d’antennes actives encore éloigné du nombre de sites que l’ANFR les autorise à équiper. Pour l’heure, l’opérateur revendique une couverture dépassant les 50 % de la population française, quand Bouygues Telecom, grâce au refarming de ses antennes 2G, bénéficie d’une couverture dépassant les 63 % de la population hexagonale.