L’association de défense des consommateurs UFC-Que-Choisir vient mettre un ligne un immense rapport sur les prix pratiqués par les opérateurs en France. L’association y démontre que l’arrivée de Free a fait énormément de bien aux consommateurs et s’inquiète d’un potentiel retour à trois acteurs.

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L’UFC-Que-Choisir a publié un long rapport sur l’état du marché de la téléphonie mobile en France depuis l’arrivée de Free. Et l’association de défense des consommateurs ne cache pas sa satisfaction : alors qu’en 2010, les prix des communications mobiles étaient 25 % plus chers en France que dans le reste de l’Europe, en 2014 les prix sont désormais deux fois moins élevés que chez nos voisins. UFC-Que-Choisir écrit d’ailleurs dans son rapport que « Free a libéré les consommateurs ».

Pour appuyer les faits, l’UFC-Que-Choisir a empilé des tonnes de chiffres et de données. On apprend ainsi qu’à la fin de l’année dernière, près de 43,9 % des abonnés disposaient d’une offre sans engagement. C’est deux fois plus qu’en janvier 2012 et la tendance devrait encore s’accroître en 2014. « Le « sans engagement » devrait devenir la règle en 2014 », écrit l’UFC-Que-Choisir. Preuve que les consommateurs n’ont pas hésité à aller voir chez la concurrence, 13 millions de numéros de téléphones ont été portés d’un opérateur à un autre entre fin 2011 et fin 2013.

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Cette recrudescence du nombre d’abonné sans engagement est une bonne nouvelle. En regardant de plus près les forfaits avec engagement et subvention du téléphone, UFC-Que-Choisir note que le terme de subvention est un peu galvaudé, particulièrement sur les téléphones d’entrée de gamme. UFC-Que-Choisir a pris trois téléphones (un Nokia Lumia 520, un Galaxy S4 Mini et un iPhone 5S) et a comparé les prix des téléphones avec et sans forfait avec engagement. Sans surprise, il revient beaucoup plus cher de prendre un terminal avec forfait sur 24 mois qu’un terminal nu avec un forfait sans engagement. Le surcoût varie entre 16 % et 50 % suivant que l’on prend un téléphone d’entrée de gamme ou haut de gamme.

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Ces deux facteurs combinés – la baisse du nombre de forfait avec engagement et la baisse du nombre d’appareil subventionnés par les forfaits – ont réduit drastiquement la facture du consommateur au cours des dernières années. Celle-ci a baissé en moyenne de 30 % au cours des quatre dernières années, en passant de 24,1 euros à 16,9 euros. UFC-Que-Choisir a calculé qu’au final, ces baisses de prix ont permis une économie aux Français de l’ordre de 7 milliards d’euros.

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En violet la courbe des prix moyens relevés trimestre par trimestre depuis la fin 2011. En orange, la courbe des prix moyens telles qu’elle aurait évolué si Free n’était pas arrivé sur le marché, selon l’union des consommateurs.

Quant aux éventuelles répercussions sociales qu’auraient engendrées cette concurrence, l’association coupe court  aux arguments alarmistes : « l’emploi dans le secteur a progressé depuis 2012 et le pouvoir d’achat libéré est susceptible d’avoir créé 50 000 emplois tous secteurs confondus. L’impact sur les finances publiques est plutôt bénéfique et celui sur les revenus des opérateurs à relativiser au regard de la saturation du marché ». À vrai dire, et comme le fait remarquer très justement ZDNet, on ne sait pas trop d’où UFC-Que-Choisir sort ces chiffres. Ils ne correspondent pas exactement à la réalité.

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Le dernier point de cette étude concerne le futur des opérateurs. L’association de défense des consommateurs se méfie en effet des fusions à venir. Si le rachat de SFR par Numericable permet de conserver quatre acteurs sur le marché des opérateurs, UFC-Que-Choisir craint pour l’avenir de Bouygues Telecom qu’elle juge trop fragile actuellement pour rester dans un environnement aussi concurrentiel. « Aujourd’hui, il n’est donc plus question de disserter sur le maintien à quatre opérateurs, mais de dresser les conditions d’un retour à trois qui mal accompagné serait préjudiciable aux consommateurs ». Et de prendre l’exemple de l’Autriche qui a connu en 2013 un retour à 3 opérateur et une hausse des prix conjointe de 10 % en un trimestre.

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Pour éviter ce scénario catastrophe, l’UFC-Que-Choisir préconise deux choses. Elle demande d’une part à l’ARCEP et l’Autorité de la Concurrence « de se positionner sur le court et moyen terme s’agissant de la restructuration du secteur, et notamment de fixer toutes les conditions propres à la sauvegarde d’une intensité concurrentielle au service des consommateurs ». Autrement dit, de faire en sorte que les prix soient toujours aussi bas même si le marché revient à trois opérateurs. D’autre part, elle demande « de faire baisser dans les plus brefs délais les tarifs de gros appliqués par les opérateurs de réseau aux MVNO pour les orienter vers les coûts réels, afin que les MVNO puissent jouer le rôle d’agitateurs du marché ». Concrètement, de donner plus de poids aux MVNO en baissant les prix qu’appliquent les opérateurs auprès des opérateurs virtuels.