La mutualisation de leurs réseaux avait fait grand bruit en tout début d’année, avant que le grand mercato des rachats ne se mette en place. Et pourtant, les tractations entre SFR et Bouygues Telecom semblent aujourd’hui à la peine, le second cherchant à renégocier les termes du contrat avec le premier.

Bouygues SFR mutualisation

En début d’année, la possibilité qu’avaient soulevée Bouygues Telecom et SFR de mutualiser une partie de leur réseau semblait être un moyen raisonnable de permettre aux deux concurrents de subsister malgré leurs difficultés financières. Quelques mois plus tard, alors que rien n’était en place, Vivendi, le propriétaire de SFR, acceptait l’offre de rachat formulée par Altice-Numericable ; à la fin de l’été, Bouygues annonçait quant à lui une vague de licenciements massive dans sa branche télécoms.

Ces revirements de situation ne signifient pas que l’accord des deux opérateurs soit tombé à l’eau. Lié à la mutualisation de leurs efforts dans les zones de couverture peu denses (57 % de la population) et permettant à chacun d’offrir la plus large couverture possible en réalisant des économies substantielles, l’accord porte sur des sommes de l’ordre de 300 millions d’euros épargnés chez SFR et de 100 millions d’euros chez Bouygues.

Malgré l’attractivité de l’opération, mais aussi le fait qu’Orange, fermement opposé à ce rapprochement, ait été débouté par l’ARCEP il y a quelques jours, un proche du dossier affirme selon Le Figaro qu’elle a pris « six mois de retard sur le calendrier initial », dont on ne connaît en réalité que l’échéance finale : la mutualisation, lors de son annonce, était censée être finalisée pour la fin 2017. La procédure de rénovation du réseau de SFR, qui a coûté à l’opérateur une panne importante de réseau il y a quelques semaines, ne ferait qu’alimenter les réticences de Bouygues, qui craindrait de pâtir de la qualité de réseau de son confrère. D’autant plus qu’avec l’éventuelle mise en place d’un accord d’itinérance en 4G entre SFR et Bouygues, le Carré Rouge, largement à la traine par rapport à son concurrent, serait le principal bénéficiaire de l’opération. Et même si le rachat de SFR par Numericable, normalement finalisé d’ici la fin novembre, ne devrait bientôt plus perturber les négociations, Bouygues souhaiterait revoir les conditions du contrat. On devrait toutefois en savoir un peu plus d’ici la fin de l’année.