Les opérateurs téléphoniques français sont dans le collimateur de la Commission Européenne, qui ne voit pas d’un bon œil la politique du pays en matière de prix des SMS. 

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Günther Oettinger, Commissaire en charge des dossiers Economie et société numériques pour la Commission Européenne

Les messages illimités et – pour le consommateur du moins – gratuits, on s’y est habitué. Les Français sont très friands de SMS parce qu’ils sont dorénavant inclus dans tous les forfaits de façon illimités. Fini alors le temps où chaque message épuisait un peu notre solde mensuel, et nous forçait à prendre des mesures drastiques en ce qui concerne l’orthographe. Ce privilège très français est dû aux terminaisons d’appels que se facturent les opérateurs entre eux, à moindre coût, et qu’ils ne répercutent pas sur le consommateur.

Malheureusement, cette façon de faire n’est pas du gout de la Commission Européenne, et de Günther Oettinger, son nouveau Commissaire en charge du numérique. Elle vient de demander à l’ARCEP, qui régit les télécoms en France, de revoir son fonctionnement sur la régulation de ces prix des SMS, estimant que cette régulation fait pêcher le principe de concurrence sur les services de messagerie (WhatsApp, Facebook Messenger, Viber…) en France. Elle explique que cela amène à une réduction « des bénéfices pour le consommateur en termes de choix, de qualité et de prix », d’autant que cette régulation des prix n’est pas faite par « 25 des 28 États membres » de l’Union Européenne. Face à cette déclaration, l’ARCEP a évidemment réagi en expliquant que « cette régulation a favorisé la concurrence et permis la généralisation des offres d’abondance au bénéfice des utilisateurs ». 

La Commission Européenne jugera si les arguments de l’ARCEP sont recevables en ouvrant une « procédure d’investigation approfondie  et d’échanges ». Elle rendra son verdict dans deux mois sur le sujet.