Orange, qui prête son nom sous forme de licence à un opérateur israélien, est au cœur d’une polémique liée à son implication dans l’équipement de colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Après la conférence de presse tenue hier par Stéphane Richard, l’opérateur s’est exprimé aujourd’hui par le biais d’un communiqué.

Orange

« Les liaisons dangereuses d’Orange dans les territoires occupés » avaient fait grand bruit il y a quelques semaines. Un rapport publié par une ONG dénonçait alors les activités qu’elle jugeait illégales en Israël, pratiquées par Partner Communications Company. L’opérateur implanté dans le pays, et c’est ce qui justifie la polémique, jouit d’un accord de licence conclu avec Orange et qui l’autorise à exploiter la marque, du moins jusqu’à 2015. Cet accord, initialement conclu entre France Telecom et Partner, est revenu à Orange quand celui-ci a repris le flambeau en 2000.

Il s’agissait alors d’un « contrat particulier qui ne rapportait pas d’argent et qui n’avait pas de date de fin. Après négociations, nous avons obtenu en 2012 le versement de redevances et surtout cette année, nous avons négocié une échéance de dix ans », expliquait un porte-parole d’Orange à nos confrères du Figaro au début du mois de mai. De son côté, Partner était visé pour son activité dans des colonies israéliennes jugées illégales par la communauté internationale, notamment en Cisjordanie.

De son côté, Orange s’est exprimé hier, provoquant l’ire d’Israël. Le futur président de Partner, en poste à partir du 1er juillet prochain, a en effet dénoncé les « pressions très importantes des (groupes) pro-palestiniens » subies par Stéphane Richard, le président d’Orange. Ce dernier a en effet tenu une conférence au Caire hier, où il a indiqué son souhait de se retirer d’Israël, mais aussi sa volonté de ne pas exposer le groupe à des difficultés légales et financières. Son intervention a été complétée ce jour par un communiqué de presse publié sur le site institutionnel de l’opérateur :

« Cet accord, qui avait été signé avant l’acquisition d’Orange par France Télécom en 2000, est le seul accord de licence de marque de long-terme dans le Groupe. Conformément à sa politique de marque, Orange ne souhaite pas maintenir la présence de la marque dans les pays où le Groupe n’est pas ou n’est plus opérateur. Dans ce cadre, tout en respectant strictement les accords existants, Orange souhaite mettre fin à terme à cette licence de marque. »

Orange rappelle au passage ne pas être présent en tant qu’opérateur en Israël, où seul son nom est exploité sous forme de licence. Et de confirmer sa volonté de se désengager de la situation, invoquant non pas la situation des colonies israéliennes, mais le souhait de l’opérateur de ne plus être présent dans les pays où il n’exerce aucune activité opérateur.