Les ondes électromagnétiques sont-ils dangereuses pour la santé ? L’Académie Nationale de Médécine a répondu qu' »aucun risque des radiofréquences n’est avéré en dessous des limites réglementaires et qu’il n’a pas été mis en évidence de mécanisme pouvant entraîner l’apparition d’une maladie« . D’ailleurs, l’organisme est plutôt critique vas-à-vis des mesures restrictives régulièrement réclamées depuis des années, qui ont un « effet anxiogène ». Mais mieux vaut prévenir que guérir, et en attendant la mise en application de la loi Abeille, certaines villes – comme Strasbourg – ont décidé de cartographier les ondes mobiles des quartiers.

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Les « anti-ondes » avait fêté cette victoire, avec le vote de la loi Abeille. Un texte porté par le groupe EELV, dont les dispositions instaurent un principe de sobriété face aux ondes.

 

La loi Abeille

L’ANFR (l’agence nationale des fréquences) aura une nouvelle mission, elle devrait répertorier les lieux ou l’exposition aux ondes est « supérieure à la moyenne nationale » (les fameux pics, appelés également points atypiques où le niveau d’exposition peut dépasser 10 V/m). Les opérateurs des appareils épinglés par l’ANFR devront alors s’efforcer de réduire cette exposition « sous réserve de faisabilité technique.». Il est possible d’interpréter différemment cette mesure, le but de cette loi est de prévenir les maires de toute installation d’antennes relais ou de dispositifs radioélectriques susceptibles de modifier le niveau de champs électromagnétiques. C’est ensuite au maire d’informer les habitants de sa commune, qui pourront faire part de leurs observations.

Cette loi est surtout un moyen d’éviter que les expositions aux ondes électromagnétiques soient élevées, avec une meilleure couverture du territoire. Même s’il est avéré qu’aucun danger pour la santé est d’actualité, notre politique fonctionne avec le principe de précaution, les niveaux d’exposition sont dits d’ALARA, et devront être aussi bas que raisonnablement possible.

 

Strasbourg anticipe

La ville de Strasbourg a donc anticipé la mise en application de la loi Abeille, comme le souligne Paul Meyer – adjoint au Maire : « Vous comprenez, c’est compliqué. Avec les ondes, on est souvent dans l’irrationnel et on ne voudrait pas générer de peurs qui n’ont pas lieu d’être… Donc on propose aux habitants qui le souhaitent de se rendre sur le site Strasbourg.eu ou de contacter leur élu de quartier avec leur localisation, et on leur communiquera leurs niveaux d’exposition. En toute transparence. ».

Comment a été créée cette cartes d’ondes mobiles ? C’est là, où le bât blesse.

Ces cartes sont seulement de la « modélisation », créée à partir des puissances utilisées et communiquées par les opérateurs, avec l’emplacement des antennes, il a suffit de rentrer toutes ces données dans le logiciel Mithra-REM, qui a établi une carte en 3D à partir des valeurs maximales. Ce logiciel est utilisé par les opérateurs comme pour les géomaticiens, pour simuler la propagation des ondes électromagnétiques à l’échelle d’une ville. Rien de bien sorcier, un moteur géométrique détermine l’ensemble des contributions 3D des antennes ; et un moteur physique calcule ces contributions pour chaque bande de fréquence et chaque antenne.

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Des données à prendre donc avec des pincettes. Strasbourg a d’ailleurs décidé de ne pas publier l’ensemble des données, vous pouvez néanmoins les demander à la mairie.

 

Pas d’effet sur la santé avéré, mais de la prudence

Même si l’effet sur la santé des ondes électromagnétiques n’est pas un sujet majeur de santé publique, et qu’il est avéré qu’aucun risque des radiofréquences n’est présent en dessous des limites réglementaires… Notons tout de même que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), soutenu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), classe toutefois depuis 2011 les champs électroniques produits par les smartphones et téléphones portables dans la catégorie des « cancérogènes possibles » pour l’homme. Prudence.