Sept mois après le rachat de leur entreprise par Altice-Numericable, les salariés de l’opérateur virtuel expriment une colère croissante devant ce qu’ils appellent « un énorme gâchis ». Dans une lettre ouverte publiée sur un blog créé pour l’occasion, ils s’adressent à leur ancien PDG, Geoffroy Roux de Bézieux.

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Le rachat de Virgin Mobile par Numericable, quelques mois après l’acquisition de SFR, ne s’est visiblement pas déroulée conformément aux souhaits des anciens employés du Full MVNO. Après de longs mois de rumeurs faisant suite aux difficultés de la firme à négocier le virage des opérateurs low-cost, Virgin Mobile entrait en négociations exclusives avec Altice, la maison-mère de Numéricable, en vue d’un rachat facturé 325 millions d’euros. Celui-ci, entériné dans la foulée, a été finalisé en décembre 2014. Sept mois plus tard, l’affaire n’est pas tout à fait close.

La semaine dernière, la tension était déjà palpable chez Virgin Mobile. Comme l’a alors rapporté Capital, premier à avoir vent de l’événement. Une partie des salariés s’est mise en grève durant la journée du 15 juillet, protestant contre le versement d’une prime de plusieurs millions d’euros à une poignée d’anciens dirigeants de l’opérateur virtuel. Quelques jours plus tôt, ils avaient en effet appris qu’une prime de 3,36 millions d’euros – identifiée au détour d’un audit des comptes de la société réclamé par le Comité d’Entreprise – avait été versée à 9 anciens salariés de Virgin Mobile lors de sa session à Altice.

« La suprématie de haut dirigeants doit cesser. Nous ne sommes qu’un exemple des pratiques honteuses de certains d’entre eux. Il est anormal que moins 10 se partage (sic) le fruit du travail d’une centaine de collaborateurs, qui plus est sous la houlette d’un PDG prônant la transparence, l’honnêteté et le partage. »

« Tout ceci est une question de morale »

Or si les employés de Virgin Mobile se sont vus offrir une prime de 1800 euros lors du rachat de leur entreprise, aujourd’hui, les effectifs de l’entreprise ont fondu – ils sont désormais 140 -, la faute à des départ non remplacés, et l’ambiance est morose. Les objectifs de l’opérateur dans le déploiement de la fibre ont été annulés lors de son rachat, et, surtout, ses employés se sentent trahis.

D’après la lettre ouverte publiée par un collectif d’employés de Virgin Mobile « représentant la quasi-totalité des salariés, issu de toutes les fonctions et niveaux hiérarchiques de l’entreprise », les salariés d’Omea Telecom déplorent le versement d’une prime exceptionnelle à « 9 privilégiés – 7 dirigeants du Comex et 2 salariés ayant travaillé – comme tant d’autres – sur la vente » s’élevant finalement à 9 millions d’euros, 6,4 millions d’euros, explique le collectif, étant « provisionnés dans les comptes pour le versement du solde des 9 millions réservés à ces mêmes 9 privilégiés ». Et de déplorer que si l’opération est légale, elle ne correspond pas à l’esprit de l’entreprise alors dirigée par Geoffroy Roux de Bézieux, d’ailleurs destinataire de la lettre ouverte publiée par le collectif Virgin. « Il serait moral d’utiliser cette procision au bénéfice des 140 salariés Virgin Mobile », estiment les auteurs de cette lettre ouverte.

« Mr Roux de Bézieux, où sont passées ces valeurs de solidarité et de partage des richesses, qui vous sont si chères et qui peut-être vous ont permis d’accéder à la Vice-Présidence du MEDEF ? Mesdames, Messieurs les Dirigeants d’Omea Telecom, comment pouvons-nous décemment continuer à travailler en confiance avec une direction qui se contente de se cacher derrière l’argument légal de ces primes, et qui continue majoritairement leur route au sein du nouveau groupe avec une désolante indécence ? Était-ce vraiment ce que vous souhaitiez léguer lorsque vous avez cédé l’entreprise ? »

De son côté, la direction de Virgin Mobile ne s’est pas encore exprimée sur le sujet.