Désormais capable de gérer les affaires d’itinérance, l’ARCEP s’est empressé de mettre au clair le contrat qui lie Free Mobile à Orange depuis l’arrivée du premier dans le secteur de la téléphonie en 2012. Free Mobile pourrait ainsi devoir reposer entièrement sur son réseau dans certaines zones, et ce sans délai.

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L’ARCEP, l’Autorité de Régulation des Communications électroniques et des Postes, a publié ce mardi ses recommandations sur les contrats de partage de réseaux mobiles entre opérateurs. Celles-ci concernent essentiellement l’accord entre Free Mobile et Orange qui permet au premier d’emprunter le réseau du second en attendant que son réseau propre soit déployé.

« L’itinérance entre Free et Orange a été positive, car elle a permis au premier d’entrer rapidement sur le marché et les consommateurs ont pu bénéficier d’un choix plus important en terme d’offre », indique Sébastien Soriano, président de l’ARCEP, « mais ce système doit prendre fin et il faut désormais l’organiser. Car l’itinérance doit rester un dispositif exceptionnel dans l’organisation des réseaux ».

Selon le contrat validé par l’Autorité de la concurrence, Free Mobile est censé couvrir 90 % de la population (à l’extérieur des bâtiments) en 3G d’ici janvier 2018. La date approchant, la question de l’extinction de l’itinérance commence à se poser et à s’envisager concrètement. L’ARCEP préconise même dans son rapport de ne pas attendre la fin du contrat actuel pour débuter l’extinction « sans délai » dans des zones assez bien couvertes par les antennes du quatrième opérateur. Ce dernier dispose en effet, dans certaines zones, d’autant de sites ou presque que ses concurrents.

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L’extinction totale prendrait néanmoins plusieurs années et le gendarme des télécoms estime que Free ne pourrait pas disposer d’un réseau entièrement autonome avant la fin 2018 au plus tôt (fin 2020 au plus tard). Pour tous les services 2G (voix, SMS…) en revanche, qui représentent « une importance moindre dans la dynamique d’investissement », le délai serait quant à lui étendu entre début 2020 et fin 2022. À ce jour, le réseau mobile de Free ne se compose d’aucune station 2G.

 

Le réseau de Bouygues dans la balance

Pour l’aider à remplir ses objectifs plus rapidement encore, Free pourrait être aidé par un allié jusqu’à peu inattendu. Avec le possible rachat de Bouygues par Orange, l’Autorité de la concurrence pourrait demander aux nouveaux mariés de céder une partie des infrastructures du premier aux deux autres concurrents, à savoir SFR et Free Mobile. En se procurant une partie des sites de Bouygues à bon prix, Free serait alors en mesure de combler certaines de ses lacunes plus rapidement.

Ces lignes directrices publiées par l’ARCEP sont actuellement en consultation publique. Les opérateurs sont quant à eux invités à commenter ces éléments d’ici le 23 février 2016, ce qui pourrait encore faire évoluer ces analyses prochainement, d’autant plus qu’elles ont été établies sur la base d’un marché à quatre acteurs.