À la suite des résultats financiers, Martin Bouygues a pris la parole devant les médias et les investisseurs pour donner quelques détails sur les négociations en cours avec Orange. L’homme souhaite prendre possession d’environ 15 % du capital et est persuadé que le retour à trois opérateurs sera bénéfique pour tout le monde, y compris les clients et les collaborateurs. Le fin mot de l’histoire devrait être donné dans les semaines à venir. L’occasion également de revenir en détail sur l’état du réseau 4G de Bouygues Telecom et la part de marché dans le mobile de la filiale de Martin Bouygues, qui est en baisse.

logo orange bouygues rachat

Hier, Bouygues Telecom a dévoilé les résultats de la branche mobile pour l’année 2015. Martin Bouygues a ensuite donné quelques détails supplémentaires et a notamment abordé le cas du rachat de sa filiale par Orange. Martin Bouygues veut à tout prix 15 % du capital d’Orange, par l’intermédiaire de l’augmentation du capital, mais aussi du rachat d’actions, ce qui lui permettrait de bénéficier de plusieurs postes au sein du conseil d’administration. Il veut être un “actionnaire significatif” de l’opérateur historique, même si l’État – qui détient actuellement 23 % du capital – resterait l’actionnaire majoritaire. À terme, les proches du dossier ont peur que Martin Bouygues prenne la tête d’Orange même s’il annonce qu’à l’avenir, “on verra bien, la question en se pose pas”.

 

L’arrivée de Free Mobile : un drame

Selon Les Échos, pour Martin Bouygues, le marché français de la téléphonie mobile a besoin d’un retour à trois opérateurs, même si Bouygues Telecom dispose de reins assez solides pour continuer à faire cavalier seul. Il déclarait ainsi hier que l’arrivée de Free sur le marché du mobile était le drame industriel franco-français le plus fort depuis la Seconde Guerre mondiale ! notamment à cause de “milliers d’emplois détruits, des milliards d’euros détruits pour l’État en pertes de recettes fiscales et en valeur d’actifs”. Pourtant, l’arrivée de Free Mobile a permis d’abaisser la note salée de la téléphonie mobile des consommateurs français et de faire jouer la concurrence lors des appels d’offres pour les différentes ventes aux enchères des bandes de fréquence.

 

Les discussions encore en cours

Les négociations continuent donc, notamment avec Free Mobile, SFR et Coriolis Telecom qui devraient récupérer certains actifs. Il faut toutefois encore du temps pour que toutes les parties réussissent à se mettre d’accord, mais Bouygues Telecom promet une issue d’ici “quelques semaines, pas des trimestres” mais considère que le rachat a une chance sur deux de se réaliser. L’homme tient à rassurer ses collaborateurs auxquels il “attache la plus grande importance” ainsi que les consommateurs qui devraient profiter d’une “nouvelle dynamique de croissance de l’investissement”.

 

L’état du réseau 4G

La présentation aux investisseurs a également permis d’avoir un peu plus d’informations sur l’état du réseau de Bouygues Telecom. Ainsi, l’usage moyen mensuel des clients 4G est de 2,5 Go contre 1,4 Go pour l’ensemble des clients. La part de marché de l’opérateur en France est de 14 % contre 15,4 % l’année dernière. On apprend également que 30 % des clients du forfait Sensation 3 Go atteignent la limite de leur forfait chaque mois, contre 25 % l’année dernière, ce qui permet de vendre environ 500 000 recharges par mois.

Bouygues Telecom 4G

En termes de couverture, Bouygues Telecom confirme les 75 % de couverture 4G et annonce l’accélération dans les zones moins denses grâce au contrat de partage avec SFR. Bouygues Telecom couvre désormais 20 % de la Zone de Déploiement Prioritaire avec les bandes 800 et 1800 MHz contre 12 % en janvier dernier sur l’unique bande 800 MHz, ce qui avait valu des remontrances de la part de l’ARCEP. L’opérateur annonce qu’il réussira à remplir l’obligation de couvrir 40% de la zone avec la bande 800 MHz en janvier 2017 puisque cela nécessite “seulement” 1 200 nouvelles antennes à déployer.

On notera aussi au passage que Bouygues Telecom annonce désormais couvrir 80 stations de ski en France, ce qui permet à l’entreprise de devancer l’opérateur historique sur ce plan de communication puisqu’Orange couvre de son côté 73 stations de ski. La guerre continue donc entre les deux futurs mariés.