La Chine chercherait-elle à espionner Orange, ses dirigeants et/ou ses clients ? C’est en tout cas ce que craignent les renseignements français, selon une information du Canard enchaîné.

Le Canard enchaîné du mercredi 8 mars 2017 rapporte que la France soupçonne la Chine de vouloir espionner notre opérateur national. Le journal a eu vent d’une réunion « ultra-secrète » qui se serait tenue à l’Élysée le 21 décembre 2016, avec de hauts fonctionnaires de la DGSE, de la DGSI, du ministère de la Défense et de l’Économie.

La France s’inquièterait effectivement du « fort intérêt que les Chinois portent à Orange ». Comment ? Par le biais de l’équipementier Huawei, que les renseignements français considèrent à la solde des espions chinois, car « l’entreprise a été créée par un ex-colonel de l’armée chinoise » et qu’elle est « abreuvée de contrats militaires par Pékin ». Faut-il vraiment s’en étonner et s’en inquiéter, sachant que Huawei est l’un des deux équipementiers nationaux, avec Alcatel-Lucent, et numéro un mondial des équipements de télécommunications ?

Le cloud d’Orange sur des équipements chinois ?

Or Orange Business Services (OBS) a récemment conclu un partenariat avec Huawei, en toute discrétion (le communiqué n’a pas été publié sur le site français). Chez Orange on rassure en affirmant que l’alliance ne concernera que les services de cloud public, c’est-à-dire des services de stockage en ligne pour les entreprises qui n’ont pas vocation à stocker des données sensibles. (Les entreprises recourent pour cela à ce qu’on appelle du cloud privé.)

Orange, qui ne déploie plus que des équipements européens (Nokia Networks) pour ses antennes, renvoie la faute à l’État, qui a « déclenché une guerre des prix en autorisant Free comme quatrième opérateur ». Et d’ajouter : « Si on veut rester compétitifs sans licencier, il faut bien qu’on noue des alliances avec les acteurs les moins chers du marché », menace un représentant d’Orange sous couvert d’anonymat.

Les renseignements craignent que l’empire du Milieu installe ainsi des portes dérobées. Et si les renseignements britanniques avaient soigneusement vérifié qu’aucune information sensible ne pourrait s’échapper par les équipements de Huawei, la France en revanche n’aurait pas prévu d’en faire autant…