Bouygues Telecom aurait tenté de racheter SFR ces dernières semaines. Un coup d’épée dans l’eau qui pointe du doigt l’instabilité actuelle du marché.

Depuis l’arrivée de Free dans le domaine de la téléphonie mobile en 2012, les opérateurs français composent dans un marché à quatre qui n’est pas toujours évident pour eux. Les prix sont tirés vers le bas à grand renfort de promotions et les quatre acteurs sont épiés de près concernant leur couverture réseau. Avec ces difficultés, les rumeurs de rapprochements sont nombreuses et on entend parler une à deux fois par an d’un possible rachat de l’un par l’autre.

Un rachat de SFR par Bouygues ?

D’après Le Figaro, cela aurait eu lieu de nouveau ce printemps. En avril 2018, Bouygues aurait tenté de racheter SFR et « pris contact avec des investisseurs et notamment le fonds CVC Partners pour formuler une offre » affirme le journal. Le groupe Bouygues avait d’ailleurs confirmé cela à demi-mot à l’époque.

En faisant cela, Martin Bouygues aurait trouvé un bon moyen de « partager le risque et le coût d’une telle opération ». Entre les 9 milliards de valorisation de SFR et ses 15 milliards de dette, le carré rouge coûte cher ! On ne sait pas exactement à quel point l’idée est concrétisée à l’heure actuelle, mais au-delà des considérations financières, le rachat est également conditionné par la forte personnalité des PDG des deux entreprises.

Un accord difficile

L’un des protagonistes interrogés par Le Figaro résume très bien le problème actuel du marché : « tous les acteurs sont d’accord pour dire qu’il y a un opérateur de trop, mais personne n’est d’accord pour vendre ». Patrick Drahi — qui possède SFR — a d’ailleurs précisé récemment que sa branche Télécom française n’était pas à vendre, à moins peut-être d’y mettre le prix.

Avec l’arrivée de la 5G d’ici 24 mois environ, les opérateurs vont devoir se poser les bonnes questions. Acquérir les bonnes fréquences et déployer un réseau propre coûte cher et cela pourrait bien conditionner le choix des clients et donc la vie des entreprises en cas de retard. C’est d’autant plus vrai que Free est parti avec un peu de retard sur la 4G, mais ne compte pas se laisser autant distancer sur le futur réseau de très haut débit mobile. Les enjeux sont énormes et les sommes à mettre sur la table également. Peut-être qu’un accord entre deux opérateurs ou un rachat pourrait faciliter la transition…

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