Archos a enfin lancé sa tablette sous Android, l’Archos 5 Internet Tablet. Je vous propose de suivre un test d’un nouveau genre, il sera composé de plusieurs parties, qui traiteront de thèmes différents afin d’effectuer un test complet.

L’Archos 5 Internet Tablet est la première tablette sous Android du constructeur français, mais ce n’est pas la première tablette de la marque qui a déjà un passif très intéressant avec des tablettes multimédias. Ce mariage entre Android et Archos annonçait donc une complémentarité très intéressante, et un enjeu majeur pour Archos après un résultat d’exploitation négatif et des pertes importantes en 2008.

L’Archos 5 Internet Tablet a été présentée en septembre dernier et lancée tout de suite sur l’Archos Store en plusieurs versions que nous allons décrire juste après. Cette tablette est née sous l’impulsion du si célèbre « 4ème écran de la maison » qui est un concept de nombreuses fois évoqué par les spécialistes dans le passé. C’est sur ce concept et sur la réussite de l’iPod Touch (cité un nombre incalculable de fois par le PDG d’Archos), que Archos s’est basé pour créer l’Archos 5 Internet Tablet annoncée comme l’arme anti-iPod Touch. On s’attend donc à retrouver le savoir faire d’Archos, une bonne intégration d’Android mais aussi la qualité des appareils Archos qui jouissent d’une bonne réputation à travers leur finition exemplaire.

L’Archos Internet Tablet ?

L’Archos 5 Internet Tablet est une tablette multimédia, qui fait parti des ensembles que l’on nomme IMT (Internet Media Tablet) / MID (Mobile Internet Device) et qui comprend de nombreux appareils : iPod Touch, Sony Mylo, Sony VAIO UX490, Nokia N800, Fujitsu Lifebook U810, Samsung Q1, ou encore Sony UX50. Toutes ces tablettes sont des produits haut de gamme avec des prix supérieurs à 500 euros, mise à part l’iPod Touch (à partir de 200 euros) mais qui possède un écran relativement petit en comparaison des autres tablettes.

Processeur et connectivités

L’Archos 5 Internet Tablette carbure à l’ARM Cortex A8 cadencé à 800 MHz, un processeur puissant gravé en 45 nm LP (Low Power) capable de fournir des performances de calcul de 2000 DMIPS (Dhrystone MIPS). Il s’agit d’une architecture de processeur d’applications très répandue : N900 de Nokia, le Palm Pré ou encore le smarphone à la pomme. Ce processeur très économe est un choix très correcte de la part d’Archos, qui aurait aussi pu voir aussi du côté de l’Atom d’Intel ou de Qualcomm (qui équipe le HTC Dream, Samsung Galaxy, HTC magic et le HTC Hero). Enfin grâce à l’architecture de TI OMAP35xx, on a accès à la gestion de la vidéo HD. Je pense même qu’il s’agit du processeur OMAP3440 (un coeur ARM Cortex-A8 mais cadencé à 800 MHz), présenté au Mobile World Congress par TI où l’on avait pu voir une démonstration de décodage vidéo HD 720p avec son fourni en Dolby Mobile.

l4_omap3440_sm

Concernant la question de la connectivité, l’Archos 5 Internet Tablet est compatible Wi-Fi b/g/n, Bluetooth, et GPS. La présence de la norme 802.11n et de la technologie MiMo (présente sur la Freebox HD) va permettre d’utiliser le Wifi avec un débit réel de 100 Mbit/s dans un rayon de 100 mètres, contre 25 Mbit/s réels pour le Wifi en norme 802.11g. Le Bluetooth 2.0 est compatible A2DP, EDR, ARCP, HID… et va donc vous permettre d’utiliser votre tablette avec à peu près tous les appareils compatibles Bluetooth avec des débits jusqu’à 2.1 Mbit/s, une des utilisations fréquente est celle du casque bluetooth en stéréo (c’est un exemple très courant d’utilisation du Bluetooth 2.0 en EDR). La partie navigation GPS, on y reviendra dans une autre partie du test.

Capacité et dimensions des différentes versions de l’Archos 5 Internet Tablet

La capacité de stockage de l’appareil diffère selon les modèles, Archos a préféré laisser le choix à ses clients : le stockage sera sous mémoire Flash ou disque dur (HDD). Voici donc les différents modèles proposés :

  • Mémoire Flash : de 8 à 32 Go
  • Disque dur : de 160 à 500 Go

Quels avantages et inconvénients ? Nous verrons les avantages dans un autre partie du test pour tout ce qui est lié à l’utilisation, cependant un premier inconvénient du HDD ne vous échappera certainement pas : il s’agit du poids de l’appareil. Comptez 286 grammes pour la version HDD et 182 grammes pour la version Flash, soit 57% de poids supplémentaires pour la version HDD, ce qui n’est pas du tout négligeable. Alors entre capacité de stockage et poids, il va falloir choisir surtout que les prix et le temps d’accès aux données ne seront pas les mêmes.

Comparaison entre l'Archos 5 Internet Tablet et l'iPod Touch

Les dimensions de l’appareil vont être aussi différentes selon le modèle choisi :

  • Version flash  : 143,2×78,8×10,4 mm
  • Disque Dur: 143,2×78,8×20 mm

Archos nous avait présenté un appareil avec seulement 10 mm d’épaisseur, c’est impressionnant n’est-ce pas ?

Comparaison dépaisseurs entre Archos 5 IT (à gauche) et liPod Touch (à droite)

Comparaison d'épaisseurs entre Archos 5 IT (à gauche) et l'iPod Touch (à droite)

Les 10 mm sont visiblement ce qu’il se fait de mieux, 10 mm c’est toute une finesse et cela va jouer dans la prise en main comme nous le verrons dans une autre partie du test. Cependant, la version Disque dur voit son épaisseur doubler, et donc passer à 20 mm. Je n’ai pas encore pu prendre en main la version HDD, mais avec 100% d’épaisseur supplémentaire et 57% de poids, mais aussi un fragilité plus importante, cette version perd en mobilité et va devenir une tablette plus sédentaire qui pourrait très bien rester sous votre télévision en guise de lecteur multimédia HD, le tout accessible de votre canapé.

L’écran résistif de 4,8 pouces

L’Archos 5 Internet est une tablette équipée d’un écran de 4,8 pouces, et une résolution de 800 par 480 pixels. La dalle est donc confortable et possède une résolution importante. C’est bien sûr l’élément majeur de cette tablette qui va jouer un rôle extrêmement important dans l’ergonomie de l’appareil, et la dalle brillante n’est peut-être pas idéale pour une tablette conçue pour être emportée partout. Cependant, on ne peut pas nier que les contrastes sont élevés et que le rendu est plutôt bluffant même sous des angles de vision extrêmes.

L’écran est tactile (multipoint ?) et de technologie résistive. Un écran résistif est recouvert de deux membres souples, il suffit alors d’exercer un contact sur une membre pour que les deux membres se touchent et créent un contact électrique. Cette technologie est la plus économique sur le marché à l’heure actuelle, et elle équipe de nombreux appareils. Parmi les avantages de cette technologie, citons le fait que la présence de poussière, de gras ou encore d’eau n’influe que peu sur les performances. De plus, cette technologie va vous permettre d’utiliser un stylet si vous en sentez le besoin. Cependant, il est à noter de nombreux désavantages, par exemple ce sont des écrans qui s’usent assez vite du fait du choc électrique qui créé des mini-étincelles, il faut donc re-calibrer l’écran de temps en temps (dans les réglages). Les deux membranes empêchent une partie de la lumière de passer, on perd donc 20% de luminosité environ, enfin la luminosité n’est pas vraiment à prendre en compte car à l’usage on s’en rend peu compte sur l’Archos 5 Internet Tablet qui est très lumineux. Bref, j’aurai préféré un écran capacitif multi-point, mais c’est un avis personnel et l’écran résistif utilisé sur la tablette n’est pas un point négatif. A l’usage, je trouve que la tablette manque de réactivité (c’est largement utilisable), par rapport au HTC Hero ou encore à l’iPod Touch (excellent chez les deux), mais ce problème incombe au développement logiciel et non au matériel utilisé (une mise  jour pourrait améliorer la réactivité).

La coque un peu trop brillante ?

En plus d’avoir un écran tactile brillant, l’Archos 5 Internet Tablet est équipé d’une coque brillante au niveau des bordures de l’écran et à l’arrière de la tablette, le tout en acier inoxydable. Conséquences ? Vous allez très vite recouvrir votre tablette d’empreintes de doigts, et les maniacs vont trouver une passion à n’en pas douter. Mais, la coque est épurée et donne un aspect classe indéniable à cette tablette.

L’arrière de la tablette est composé d’une coque en métal, un matériau noble et prestigieux mais avec quelques problèmes dont on a parlé plus haut. Cependant la tablette n’est pas totalement composée de métal, et les côtés sont malheureusement en plastique, de même l’apparition d’une vis à l’arrière de l’appareil est malheureusement un petit défaut visuel, qui n’est pas présent sur des produits tels que l’iPod Touch. Cela peut paraître pour certains qu’un détail, mais ce sont des détails qui comptent vraiment dans la finition d’un produit.

LE haut parleur ? Et la béquille !

La tablette possède un haut parleur sur le côté droit, c’est un point important pour une tablette multimédia car on peut envisager de regarder une vidéo à plusieurs sur ce type d’appareil. Malgré que le son soit bon, je regrette qu’il n’y ait pas de haut parleur sur le côté gauche qui aurait réellement amélioré la qualité du son en haut parleur (son stéréo), surtout que les deux côtés ont exactement la même taille (?!), c’est sûrement un choix plus économique qu’autre chose.

L’idée d’avoir rajouté une béquille permettant de poser la tablette en mode paysage pour visionner un film par exemple, est une très bonne idée. J’imagine très bien utiliser cette béquille dans le TGV pour éviter d’avoir à tenir la tablette constamment, surtout que l’inclinaison est idéale. Cependant, j’ai eu l’idée de tenter de tourner la tablette de 90° pour l’utiliser avec la béquille (par exemple pour naviguer sur une page Internet), ce n’est malheureusement pas du tout confortable car le côté de la tablette n’est pas droit et la tablette est alors instable, dommage ! La béquille se range astucieusement comme le montre l’image ci-dessous.

Les boutons physiques

Parmi les boutons présents sur la machine, je n’en citerai que deux car il n’y a que deux boutons physiques présents : le réglage du volume sonore et le bouton d’allumage. Tout deux sont situés sur le haut de l’appareil. Cette tablette est donc le premier engin sous Andorid à ne pas posséder aucun bouton physique pour le retour à la home d’Android, ou encore le bouton de retour en arrière présent sur tout les smarphones Android. Vous allez voir dans la suite du test que tout ces boutons sont présents dans l’interface.

Lorsque l’appareil freeze et se bloque, vous avez la possibilité de faire un reset en utilisant une épingle (ou un trombone) dans une petite encoche présente derrière la tablette dans un angle. Etrange qu’Archos n’ait pas trouvé une astuce moins visible, par exemple en utilisant les deux boutons présents sur le haut de l’appareil.

Les connectiques et le slot MicroSD

Le lecteur de cartes microSD est placé sous l’appareil près des ports pour les docks, et ce slot va vous permettre de laisser une carte à demeure sans qu’elle ne dépasse, vous allez donc pouvoir étendre la capacité de stockage de votre appareil de 32 Go grâce à la compatibilité des cartes SDHC. Je pense que les possesseurs du modèle 8 Go (un peu juste pour des vidéos HD) seront donc tentés de rajouter une carte Micro SD, ce qui est impossible sur un iPod Touch.

Vous avez aussi les deux slot qui permettent de brancher la tablette au HDMI Mini Dock (pour brancher à une télévision) ou encore au TV Snap-on (pour recevoir la télévision) – à acheter séparément, par malheur je n’ai pas pu tester ces deux appareils mais j’ai vu une tablette brancher en 720p dans un écran de 42 pouces, et la navigation sur Internet se faisait grâce à une petite télécommande très pratique lorsqu’on est sur son canapé. Enfin, je ne comprends pas pourquoi ne pas avoir directement mis une prise HDMI sur l’appareil, et pourquoi mettre deux connecteurs spécifiques semblables ? Là, je ne comprends pas du tout cette logique.

Enfin, les connectiques sont suffisantes : du jack 3,5mm et une prise USB (mini ?) pour relier la tablette à un ordinateur ou simplement la recharger. Situés sur le côté gauche de la tablette, ils ont tendance à me gêner lorsque j’ai le tablette en main et qu’elle branchée en USB ou à mon casque, surtout lorsque j’utilise le clavier virtuel. Je suis obligé alors de pencher la tablette et d’enlever le mode paysage.

Batterie non amovible ?

La batterie Lithium Polymer n’est pas accessible, ce qui la rend non-amovible. Conséquences ? Pas de batterie supplémentaire, et un passage obligé chez Archos si votre batterie rend l’âme. Une politique similaire à Apple qui me déçoit, cependant il est sûr que ça rend l’appareil plus finalisé.

Pas de puce 3G, ni de caméra ?

Archos a choisi de ne pas mettre de puce 3G dans son appareil sous prétexte que les gens ne souhaitent pas avoir deux abonnements téléphoniques, afin de combler ce vide, ils ont rendu l’appareil compatible Bluetooth ce qui permet de le relier sans fil à un téléphone EDGE/3G/3G+ pour profiter d’une connexion où que vous soyez. Dommage tout de même, quand on voit les nombreuses tablette compatible 3G, et mieux encore, les netbooks qui commencent à être équipés de puces 3G. On aurait pu imaginer, comme Archos l’a fait dans le passé avec SFR, une vente de la tablette associée avec un forfait 3G, et bien sûr subventionnée par un opérateur. Avec un prix qui débute à 200 euros, elle aurait pu être entièrement subventionnée !

Une caméra à l’arrière ou à l’avant (webcam) aurait largement pu être un atout concurrentiel face à l’iPod Touch, Archos n’a pas encore décidé d’en rajouter une mais je ne doute pas une seule seconde qu’une nouvelle version pourrait être équipée d’une caméra et même d’une puce 3G. Sortir l’appareil idéal n’est pas ce qu’il y’a de mieux à faire, il faut tout d’abord se focaliser sur le coeur de métier de cette tablette, à savoir : le multimédia et l’intégration d’Android.

Conclusion de la partie 1 du test de l’Archos 5 Internet Tablet

Cette tablette avait tout pour plaire sur le papier, et malgré quelques petits défauts et améliorations à réaliser, elle a pour le moment beaucoup de points positifs ! Je ne vais pas revenir sur ce que je viens de dire dans cette partie 1, mais je pense que l’intégration d’Android est une étape déterminante que nous allons voir dans la prochaine partie du test.

Dans la suite du test, on va donc s’intéresser à sa prise en main, son autonomie, sa partie multimédia, l’intégration d’Andoid… Bref, encore beaucoup de boulot ! 😉