Aujourd’hui, nous allons parler du Sony Ericsson Xperia Play, le premier smartphone disposant de la mention « Playstation Certified ».

Pour commencer, nous tenons à remercier Expansys pour le prêt du mobile que nous avons pu tester sur ses principales facultés. A présent, passons à mes principales impressions sur le Sony Ericsson XPERIA Play.

Commençons sur les premières, parce qu’après le buzz qu’a fait cette semi / console portable, nous nous attendions réellement à une avancée importante sur le marché. Or ce n’est pas tout à fait le cas, puisque le Play remplit bien son rôle en proposant une liste importante de jeux vidéos, mais souvent limité à des exclusivités pour ce smartphone. D’un point de vue plus clair envers les utilisateurs, il aurait été plus intéressant pour tous que grâce au Sony Ericsson XPERIA Play, le système d’exploitation mobile Android puisse bénéficier de tous ces nouveaux jeux, afin d’agrandir une bibliothèque déjà bien importante.

Le Play propose également tout une liste de jeux. Hélas, ils ne sont pas toujours bien optimisés. Je vous explique, certains ne gèrent pas les commandes tactiles, d’autres ne laissent pas la possibilité de supprimer les commandes tactiles à l’écran et d’autres encore, plantent tout simplement au lancement… Dans le lot, les jeux qui restent intéressants, sont ceux des gros éditeurs : Gameloft, Fishlabs, Polarbit, EA et d’autres rares. Prenez l’exemple de Fifa 10 avec les commandes tactiles qui ne peuvent pas disparaître.

Ulrich m’en parlait et il est bien vrai que Sony Ericsson aurait pu sortir un appareil mobile bien plus performant comparativement à l’avancée actuelle du marché. Cette année, je ne sais pas si vous l’aviez remarqué mais chez Sony Ericsson aucun smartphone n’embarque de puce double-coeur. L’avantage aurait été qu’elle soit gravée plus finement pour prendre moins de place. On aurait aussi pu avoir un appareil plus endurant face à la concurrence féroce existante. La bonne chose à faire aurait été de rendre directement compatible le Play avec la PSP. Personnellement, je pense que ça aurait été possible grâce à l’ajout d’une architecture à deux cœurs. On aurait ainsi pu découvrir des centaines, voire des milliers de jeux compatibles. Parfois, on se demande si la mention Playstation ne fait pas seulement office de décoration.

Contenu de la boîte

  • Le Sony Ericsson XPERIA Play
  • 2 câbles USB (transfert de données et chargeur)
  • Adaptateur pour chargeur secteur
  • Adaptateur pour chargeur allume cigare
  • Housse adaptée pour le mobile
  • Différentes notices (utilisation et garantie)

Caractéristiques techniques

  • Android 2.3.2 (Gingerbread) – 2.3.3 est sortie entre temps
  • Ecran tactile Bravia capacitif de 4 pouces
  • Résolution 480 x 854 pixels
  • Processeur Qualcomm cadencé à 1 GHz
  • Puce graphique Adreno 205
  • 512 Mo de mémoire RAM
  • Caméra frontale
  • Appareil photo de 5 mégapixels (autofocus + flash)
  • Enregistrement de vidéos au format 720p (HD)
  • Bluetooth 2.1, Wi-Fi (b/g/n) et HSPA+ (3G+)
  • Boussole numérique, Accéléromètre & GPS
  • Tuner FM, DLNA & Wi-Fi hotspot
  • Batterie de 1500 mAh
  • Dimensions : 125.0 x 63.0 x 8.7 mm
  • Poids : 117 grammes

Prise en main

Dans sa globalité, le Play s’avance avec toutes les caractéristiques nécessaires à un mobile haut de gamme, cependant, les nombreux défauts rencontrés lui fausseront rapidement raison.

Premièrement, nous retrouvons sur l’avant de l’appareil un écran tactile « Bravia ». Plus précisément, la technologie proposée est S-LCD et offre une netteté d’image très importante. Sa taille est de 4 pouces avec une résolution de 480 x 854 pixels (WVGA) en 16/9 ème. La dalle tactile est belle, même très belle, mais sa luminosité est selon moi trop basse pour être exploitable en plein jour. On est rapidement obligé de placer une main devant l’écran sous peine de devoir supporter les reflets. Je ne vous parle pas des traces de doigts très marquantes. Bien que le Google Nexus S soit fabriqué avec un plastique brillant, je dois avouer que les traces de doigts sont biens moins visibles que sur le Play, et c’est valable pour la globalité des deux mobiles (face, arrière et cotés).

Ensuite, nous avons une caméra frontale, ainsi que les deux capteurs de proximité et de lumière à sa tête. Le bas de l’écran se présente avec quatre touches physiques (Retour, Home, Menu, et Recherche) qui ne sont pas rétro-éclairées. A moins de parfaitement connaître leur emplacement, je vous laisse imaginer la maniabilité dans un endroit sombre.

Sur le flanc gauche, on retrouve une entrée/sortie jack audio de 3.5 mm et à son pied un port MicroUSB, tandis que le flanc droit est bien plus chargé avec les touches secondaires respectives (L1 et R1) et les deux autres touches de volume (+ / -).

J’apprécie beaucoup le sommet de l’appareil, car aujourd’hui, ce qui manque à certains utilisateurs, c’est la fameuse LED de notifications, puisqu’elle a directement été fondue dans la touche power. Même si je ne vous cache pas qu’il aurait été préférable de l’installer à coté des deux capteurs de proximité et de lumière. D’origine, cette led s’éclaire sur trois couleurs : rouge (batterie critique), orange (batterie en charge), et verte (batterie pleine ou clignotante sur les notifications).

La manette de jeu est bien dessinée, mais trop conséquente dans la main. Pour les personnes qui ont des petites mains, je ne vous conseille pas d’essayer sur un jeu gérant le paramétrages des touches physiques sur l’XPERIA Play. Sinon, le toucher reste bon, et même comparable à la PSP. Je n’ai constaté aucun retard notable sur la réactivité de cette partie du mobile.

Le pied est nu, sauf bien sûr, la trappe pour détacher la coque de l’appareil afin d’accéder à la batterie de 1.500 mAh et aux emplacements de carte sim et de carte sd. Deux emplacements côtes à côtes se situant l’un en dessous de l’autre. J’ai réellement trouvé l’autonomie insatisfaisante, puisqu’elle se décharge en tout juste quelques heures (~ 14/15 h). Après, il est vrai que le mobile était sur la version d’Android 2.3.2, et que peut-être, la nouvelle version sortie récemment, apportait une meilleure gestion de l’autonomie. En luminosité maximale, le besoin en énergie est clairement plus important, néanmoins, je n’ai remarqué aucune différence sur la consommation que ce soit en jouant ou lors d’une utilisation standard (applications, synchronisation, notifications, etc.).

Petit mot sur le DAS, les effets des ondes émises par les téléphones portables qui peuvent s’avérer nocives pour la santé, si le résultat est trop important. Récemment l’OMS a déclaré que ses ondes étaient potentiellement dangereuses et pouvaient augmenter le risque d’avoir une tumeur au cerveau. Ceci n’est pas prouvé, mais s’appui sur une liste d’indices. Par précaution, l’OMS a préféré jouer la carte de la prudence. Le Play se place cinquième avec un résultat de 0.36 dans la liste des smartphones testés (détails).

L’intégration logicielle est bien construite avec un ensemble très stable et ergonomique, cependant, comme je l’ai cité précédemment, la batterie a tendance à s’épuiser bien trop vite. C’est pour dire, je ne vois pas la différence lors d’une utilisation normale ou d’une partie de jeu sur la même durée. Les différents applicatifs installés sont aussi biens fournis avec une interface complète, ainsi que ses widgets regroupant TimeScape – un service pratique gérant les annonces des différents utilisateurs, et bien sûr des vôtres sur Facebook et Twitter. Les autres aspects notables restent les widgets repensés et évolutifs face aux précédentes versions de l’interface du constructeur, et particulièrement le carrousel de la galerie multimédia. L’application Musique présente aussi de beaux dessins avec une gestion des paramétrages que je trouve simplet à l’utilisation. La partie Contact est assez intéressante, apportant une synchronisation unifiée des contacts, et plus avancée que celle nativement présente sous Android. Dans l’ensemble, l’intégralité des connectivités fonctionne parfaitement : le Bluetooth se synchronise très bien avec une oreillette ou un autre mobile – même sans être android, le GPS se localise rapidement .. particulièrement satisfait par la localisation en à peine quelques secondes sur Google Maps.

Comparativement à un Google Nexus S, j’ai amèrement digérée la médiocre portée du signal Wi-Fi. J’ai fait le test sur deux pièces : d’un coté, la livebox est installée dans ma chambre, et dans l’autre, la salle à manger à peine séparée d’un mur fait de plâtre. Résultat : à une distance d’environ 5 mètres et le mur en plâtre, le signal a déjà perdu 3 à 4 barres, tandis que le Nexus S en a perdu une, alors que les deux androphones se situent l’un à coté de l’autre.

Bien que le contenu soit misérablement mince de ce coté, le travail fait sur la gestion du système de Playstation est bel et bien fonctionnel. L’autre petit plus est le déclenchement de l’applications Jeux, regroupant tous les titres du smartphone dans une même application, lorsque l’on passe sur en mode « manette de jeu ». Pour revenir à l’application Playstation, je n’ai rencontré qu’un jeu disponible : Crash Bandicoot. D’après quelques sites de jeux, les développeurs devraient continuer à libérer des applications et jeux vidéo compatibles, même s’il est parfois énervant de voir toutes ces exclusivités défilées privant alors l’utilisateur d’un moment amusant que beaucoup d’appareils mobiles – smartphones ou tablettes – pourraient facilement s’offrir.

Je retiendrais un bon fonctionnement global du système d’exploitation mobile intégré, mais à terme, le contenu deviendra de plus en plus pauvre du fait que l’évolution avance à vitesse grand V.

Test : Photos et vidéo

L’appareil photo est un 5 mégapixels avec l’intégration de l’autofocus automatique pouvant capturer des photos en résolution maximale à 2592 х 1944 pixels. Juste en dessous de l’objectif, on notera aussi la présence d’un flash de type LED. Sur la partie photographie, le mobile remplit très bien sa tâche avec de belles couleurs, reflets et très peu de flous. Regardez par vous-même, le Sony Ericsson XPERIA Play semble mieux s’en sortir que ses compétiteurs. D’ailleurs, le Google Nexus S présente des photos biens plus pâles.

– Exemple 1 : Extérieur –

(clique droit et ouvrir pour agrandir).

– Exemple 2 : Intérieur –

(clique droit et ouvrir pour agrandir).

Là ou ça se gâte, c’est sur la partie vidéo… la qualité est comment dire pas très soignée comparativement à un Google Nexus S. De plus, le Play se voit très rapidement limité par une résolution moyenne : 640 x 480 pixels. C’est dommage, on aurait pensé que la marque aurait fait plus d’efforts de ce côté là en investissant dans un capteur d’une qualité plus convaincante que ce qui y est actuellement installé dans le mobile.

– Sony Ericsson XPERIA Play –

– Google Nexus S –

Test de performances

Maintenant, nous allons parler des tests effectués sur la partie performance du matériel. Nous avons choisi cinq applications pour effectuer les benchmarks, incluant une comparaison avec un mobile simple-cœur du même gabarit, un Google Nexus S d’origine.

:An3DBench:

L’un des benchmark 3D les plus complets dans son genre. An3DBench fait 6 tests sur la partie graphique en appliquant des scènes assez complexes se basant sur une solution 3D de l’OpenGL (JCPT). Le score le plus haut, c’est le plus performant.

  • Résultat Xperia Play : 7075 – Fillrate ST/MT : 10.83/10.84 MP/sec – High object count: 29.32 fps – Multiple lights: 59.11 fps – High Polygon count: 59.17 fps – Keyfrance animation: 59.29 fps – Game level: 57.50 fps
  • Résultat Nexus S : 6839 – Fillrate ST/MT : 9.52/9.46 MP/sec – High object count: 39.28 fps – Multiple lights: 55.71 fps – High Polygon count: 46.52 fps – Keyfrance animation: 55.68 fps – Game level: 55.72 fps

:Electopia:

Comparativement à Nenamark1, Electopia vous donnera des résultats plus pointilleux sur les capacités graphiques que votre terminal Android peut offrir : le nombre moyen d’images par seconde, la durée du benchmark, le nombre d’images affichées à l’écran, le nombre de triangles affichés et le nombre maximum de triangles affichés. L’application est basée sur l’OpenGL ES 2.0.

  • Résultat Xperia Play : Average FPS (854 x 480) 21.17 – Time: 60.04 – Number of frames: 1271 – Trianglecount: 49280 – Peak Trianglecount: 66940
  • Résultat Nexus S : Average FPS (800 x 480) 17.01 – Time: 60.07 – Number of frames: 1022 – Trianglecount: 48880 – Peak Trianglecount: 66228

:Linpack:

Un benchmark très standard qui détermine la vitesse de votre androphone en donnant un résultat en millions d’instructions par seconde (MFLOPS). Bien entendu, plus le Mflops/s est élevé plus le terminal est rapide.

  • Résultat Xperia Play : 37.57 MFLOPS
  • Résultat Nexus S : 17.399 MFLOPS (indigestion du compilateur JIT : )

:Nenamark1:

C’est une sorte de Neocore qui tire aussi partie des performances graphiques du terminal, mais basée sur l’OpenGL ES 2.0.

L’application utilise des effets graphiques assez poussés comme les reflets, les ombres dynamiques, surfaces paramétriques, les particules et les différents modèles de lumière, afin d’en tirer le maximum des performances.

  • Résultat Xperia Play : 44.9 fps
  • Résultat Nexus S : 48.8 fps

:Neocore:

Neocore est une application conçue par Qualcomm qui se base sur l’OpenGL ES 1.1, et détermine le nombre d’images par seconde (FPS) que votre appareil peut afficher en tirant partie des performances du processeur et de la puce graphique.

  • Résultat Xperia Play : 58.7 fps
  • Résultat Nexus S : 56.4 fps

:Quadrant:

Quadrant est une application qui se base sur la puissance du processeur, de la puce graphique sur ses performances 2d/3d, la mémoire RAM et la mémoire interne de votre androphone. Elle requiert une connexion Internet pour calculer les résultats finaux.

  • Résultat Xperia Play : 1325 points
  • Résultat Nexus S : 1767 points

Les avantages

  • Clavier type console de jeu
  • LED de notifications
  • Ecran tactile très net
  • Caméra frontale
  • Qualité sonore très bonne

Les défauts

  • Trop lourd dans la main
  • Traces de doigts trop fréquentes
  • Coque arrière très fragile et glossy
  • Touches physiques non rétro-éclairées
  • Luminosité de l’écran très mauvaise

En clair, on a un smartphone qui sait faire tourner des jeux Playstation (comme PSX4Droid), mais pas PSP ? Car techniquement, il n’offre pas assez de performances pour les exécuter. Selon moi, le Sony Ericsson XPERIA Play est un smartphone sorti trop tard ou trop tôt selon le sens dans lequel on veut bien le prendre, car il aurait certainement pu être plus que ce qu’il est en l’état actuel.

Le Sony Ericsson XPERIA Play est disponible chez tous les opérateurs français :

  • Orange : dès 199€ en abonnement, et pas de prix sans abonnement.
  • SFR : dès 129€ en abonnement ou 439.90€ sans abonnement.
  • Bouygues Telecom : dès 219€ en abonnement ou 529.90€ sans abonnement.
  • Virgin Mobile : dès 49€ en abonnement grâce à la promo de 50 euros.
  • Mais aussi chez Rogers (Canada) : dès 99$ en abonnement ou 450$ sans abonnement.

Il est également possible de se le procurer par d’autres moyens : points de ventes physiques ou virtuelles.