Sony-Ericsson est mort, vive Sony ! Ce bref rappel historique en guise d’introduction n’est pas sans intérêt : le smartphone que nous testons aujourd’hui est véritablement le premier smartphone de la marque. Cela dit, comment éviter de voir que le fantôme de feu Sony-Ericsson plane toujours ? Le nom du téléphone, dans un premier temps, vous dira forcément quelque chose : Xperia. Oui, comme Xperia Play, Xperia Arc, ou Xperia X10.

Mais ce n’est pas tout ! Il faut savoir que ce smartphone était au départ prévu pour sortir chez Sony-Ericsson : vous vous doutez bien qu’on ne conçoit pas un téléphone en quelques semaines. Du coup, difficile de s’attendre à un grand renouveau : oui vous retrouverez TimeScape et tout ce qui a fait le succès des téléphones Sony Ericsson l’an passé. Et pourtant, Sony ne le voudrait pas, Sony voudrait que ce téléphone soit son téléphone, celui d’une génération à ouvrir, d’une étape à franchir.

Coincé entre deux époques, est-ce que cet Xperia S, dernier rejeton de Sony-Ericsson et premier enfant adoptif de Sony, parvient à tenir les promesses des deux marques ? C’est ce que l’on va tenter de voir dans ce test.

Note à nos chers lecteurs : ce test déploie son alacrité sur plusieurs pages. Comme les délais ont été très courts pour l’écrire, si nous avons omis des détails qui vous tiendraient à coeur, n’hésitez pas à nous faire part de vos interrogations dans les commentaires. – Sincèrement, la rédaction.

 

Note :

Sommaire

I – Esthétique et matériel

1 – Un téléphone robuste et design

2 – Bravia, Qualcomm et leurs amis

II – Android et TimeScape : une surcouche pour le grand public

1 – Android à la sauce Sony : 2012, un bon cru ?

2 – Applications natives : au-delà de Google

III – Multimédia, photo et jeux : un smartphone bon à tout faire ?

1 – De l’appareil de poche au Home Cinema

2 – Et pour les joueurs alors ?

Video de prise en mains

Conclusion

 

I – Esthétique et matériel

1 – Un téléphone robuste et design

Lors du MWC 2011, Sony-Ericsson n’avait que deux mots à la bouche : légèreté et finesse. On avait beau leur dire « ouais mais le plastique c’est cheap », ils n’en démordaient pas, persuadés qu’ils étaient que le grand public cherchait des smartphones Android faciles à transporter tout en restant suffisamment grands. Ainsi était né l’Xperia Arc.

Force fut de constater qu’ils n’avaient pas tort : les Arc étaient d’excellents smartphones et le Galaxy S II du concurrent coréen reposait sur les mêmes atouts, du moins du côté de l’esthétique pure. CES 2012, revirement de situation : l’Xperia S est épais et lourd, moulé dans un plastique « mou » qui fait penser à la gamme Desire/Incredible de HTC. Cette lourdeur pourrait d’ailleurs n’être qu’apparente, puisque le smartphone ne fait que 144 grammes.

Noir profond

Mais en mains, l’impression est radicalement différente de celle que l’on peut avoir avec un Arc, par exemple. Cela est peut-être dû à la forme, pas complètement plate, ou aux 4,3 pouces de l’écran, eux mêmes intégrés dans une coque de 12,8cm de long par 6,4 de large. Attention : ce n’est pas un reproche ! On sait que le poids est, dans l’esprit du consommateur, un gage de qualité des matériaux et de solidité de l’ensemble.

Sony a donc complètement changé de philosophie… pour quel résultat ? Eh bien il faut avouer que le smartphone en jette grave. Certes, il ne plaira pas à ceux qui cherchent à tout prix l’optimisation de l’espace : ici, les bords sont larges, surtout le bas du téléphone, qui a lui seul, fait plus d’un centimètre. Ce n’est pas pour autant du vulgaire plastoc gâché, non, Sony a mis ses esthètes sur le coup et nous a pondu, enfin, un design qui se démarque du rectangle noir aux bords arrondis.

Ok, stricto sensu, c’est un rectangle avec des bords arrondis

Sony-Ericsson avait déjà commencé à se détacher de la masse avec ses Xperia et Sony enfonce le clou : juste en dessous de l’écran se trouvent trois petits points bien visibles. Oui, ce sont les touches de fonction d’Android. Comment s’y repère-t-on ? Avec la deuxième innovation esthétique de Sony pardi, une barre transparente à l’intérieur de laquelle « flottent » les logos des fonctions.

Cette barre est éclairée par des leds quand le téléphone s’allume : y’a pas à dire, l’ensemble est du plus bel effet et vous aurez vraiment un téléphone original pour vous la péter en société. Si on fait un petit tour du propriétaire, on ne peut que reconnaître que nous sommes en face d’un modèle haut de gamme : les finitions sont parfaites, la coque arrière qui vous donne accès au port micro-SIM (mais pas à la batterie) est bien encastrée et des caches protègent les différents ports pour éviter de ruiner les courbes par des trous disgracieux.

Comme une mauvaise machine à laver, rend rose votre beau rouge

Les ports, parlons-en un peu : on a le traditionnel mini-jack sur le haut de téléphone, la prise USB sur la droite et une prise HDMI fort bien pensée sur la gauche, qui vous permettra de diffuser le contenu de votre téléphone sur votre téléviseur – ce qui est un des arguments de vente de Sony sur lequel nous reviendrons un peu plus tard.

Ports ou finesse, il faut choisir

A l’arrière, on trouve l’objectif de l’appareil photo de 12,1 megapixels, dont nous vous parlerons également à la fin de ce test, avec son flash associé. Son pendant du côté face est une webcam qui vous permet de faire de la visioconférence en 720p. Sony annonce donc la couleur : cet Xperia S est définitivement tourné vers le multimédia et peut prétendre remplacer un appareil photo compact, du moins sur le papier.

Voilà pour le design et le hardware en surface, creusons maintenant un petit peu plus dans les entrailles de ce smartphone, si vous le voulez bien.

2 – Bravia, Qualcomm et leurs amis

Commençons par le plus évident : l’écran. Pas de surprise, la technologie est une amélioration de celle que l’on trouvait sur les précédents Sony-Ericsson, qui piquaient déjà leurs écrans chez Sony. On a donc une dalle de 4,3 pouces qui, comme cela devrait être la norme cette année, affiche une définition « HD », c’est-à-dire un joli 720×1280 pixels : cela nous amène à une résolution de 342 pixels par pouces.

C’est rare de pouvoir photographier un smartphone allumé sans saturation des blancs

En pratique, comme on peut s’y attendre, c’est bluffant. L’écran est magnifique et ravira ceux qui ne supportent pas les couleurs un peu trop saturées des Super Amoled du concurrent direct. Une telle résolution est particulièrement utile pour ceux qui naviguent beaucoup sur internet et qui aiment lire des articles sur leur portable : impossible de déceler un pixel sur une lettre, le zoom est net et le dézoom permet de lire des paragraphes entiers sur un seul écran sans qu’il y ait de perte de qualité.

Fait plutôt impressionnant sur un smartphone : l’écran ne vire pas vers une autre couleur quand sa dominante est blanche. Le blanc de Sony n’est pas éclatant, mais en contrepartie, on n’a pas l’effet bleu, rouge ou vert qui se produit sur à peu près tous les autres smartphones de la concurrence, chaque marque ayant sa couleur maudite. Le noir est, lui, bien rendu également, mais peut-être pas aussi profond que sur les écrans Amoled.

Regardez-moi ces PPI ! Comment ça ce sont eux de votre écran ?

Sony a quand même fait un excellent boulot pour avoir des tons neutres et non saturés, ce qui ne plaira peut-être aux amateurs d’écrans qui décollent la rétine, mais cela s’avère très pertinent dans la mesure où une grande partie du smartphone est réservée au multimédia et que Sony a mis le paquet sur la capture photo et vidéo.

Du côté du processeur, on trouve un des derniers jouets de chez Qualcomm, le MSM8260, un dual-core cadencé à 1,5 Ghz, ce qui en fait le processeur pour smartphone le plus rapide du moment, secondé par 1 Go de RAM et un GPU Adreno 220. Si vous êtes du genre à vous émouvoir des chiffres, sachez qu’il obtient un score de 6518 sur AnTuTu et un puissant 3082 sur Quadrant, dépassant très largement le Galaxy Nexus.

REP a sa Galaxy Nexus ! Je te follow pas back !

Comment elle se la pète la Prime avec ses 4 coeurs…

Il n’y a pas de carte SD. Je ne sais pas où vous avez copié vos fichiers cher AnTuTu.

GPUBench affiche quant-à lui un plaisant 41826, ce qui le place largement dans le Top 20 des charts dressés par le benchmark, sachant que beaucoup de modèles passent les tests overclockés. Bref, en terme de puissance brute, on a donc dans les mains une petite bête bien finie et bien optimisée qui n’attend qu’une chose : faire ses preuves en situation.

On ne peut pourtant pas achever cette partie technique sans évoquer l’évolution majeure qui touchera sûrement tous les smartphones de cette année 2012 : le NFC. On en parle depuis maintenant un an, il aurait dû être présent sur le Galaxy S II avant un retournement de veste de Samsung, ce sera donc cette nouvelle génération qui introduira la norme dans les foyers.

Mais à quoi le NFC pourra nous servir, si les infrastructures ne sont pas encore en place ? C’est une bonne question et il est vrai que tant que nos bornes Navigo et autres lecteurs de carte bleue ne seront pas compatibles, le NFC sur smartphone n’aura que peu d’intérêt. Sony y a pensé et pourrait avoir trouvé une bonne solution pour introduire les habitudes en douceur : on applaudit bien fort les Smart Tags.

Ces petites puces au format porte-clefs et reprenant les codes esthétiques bien connus de la marque seront vendues à part (gageons quand même qu’il y aura des packs…) et ce sera à vous de les configurer. Pour quoi faire ? Des tas de chose, comme l’affichage de vos informations personnelles ou, plus intéressant, la configuration d’un profil dédié à un lieu. Vous entrez dans votre Smart Tag un profil « bureau », vous passez votre smartphone dessus, et hop, il se connectera au Wi-Fi tout seul, passera la sonnerie en vibreur et ouvrira l’application calendrier, par exemple.

Regardez, flou dans le fond ! Est-ce un oiseau ? Est-ce un avion ? Non, c’est Smart Tag !

Les possibilités n’ont de limite que votre imagination et même si Sony a prévu un software simple à prendre en main pour le tout venant, on se doute que les petits bidouilleurs qui sommeillent en vous arriveront à faire des merveilles d’ici peu…

Pour conclure cette première partie, on peut donc dire que Sony a suivi la voie dans laquelle s’était lancé Sony-Ericsson et a ajouté un peu de son savoir faire pour obtenir un smartphone original, définitivement haut de gamme et prêt à relever les nouveaux challenges de 2012 en mettant en avant deux technologies bien plus essentielles qu’un gros processeur : l’écran HD et le NFC.