
Meta a développé, puis discrètement intégré, un module interne de reconnaissance faciale, baptisé « NameTag », dans l’application compagnon de ses lunettes connectées Ray‑Ban et Oakley.
Ce module n’était pas activé pour le grand public, mais il se trouvait déjà inclus dans une application largement diffusée, utilisée pour connecter les lunettes à un smartphone. Son objectif annoncé en interne consistait à analyser les visages captés par la caméra, générer des signatures biométriques stockées localement, puis comparer les nouveaux visages à cette base pour aider l’utilisateur à reconnaître des personnes déjà rencontrées.
Les visages non reconnus auraient été recadrés, indexés et enregistrés dans un dossier « pending », ce qui laisse penser à un stockage temporaire de données faciales pour une éventuelle identification ultérieure.
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On peut immédiatement et légitimement avoir des inquiétudes sur la possibilité d’identifier des individus dans l’espace public sans qu’ils en soient conscients, d’autant que les lunettes sont des objets discrets, portés au quotidien.
Une enquête et un retrait
Dans les heures suivant la publication d’une enquête réalisée par Wired, détaillant l’existence de NameTag, Meta a diffusé une mise à jour de l’application supprimant les bibliothèques de reconnaissance faciale concernées.
Officiellement, l’entreprise affirme qu’il s’agissait d’un projet exploratoire, sans qu’il n’y ait de décision définitive d’un lancement ni d’activation pour les utilisateurs.
Les représentants de la firme américaine ont insisté auprès de Wired qui les a interrogés sur le sujet de l’absence de base de données centrale de visages et sur le stockage local des informations sur le téléphone, présenté comme une forme de protection supplémentaire.
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Dans le même temps, il faut aussi savoir que les responsables de la communication de Meta ont attaqué les articles à l’origine de ces révélations, estimant qu’ils donnaient une image exagérée ou trompeuse du projet, notamment en insistant sur le caractère non activé et expérimental de la fonctionnalité.

Une atteinte aux libertés caractérisée ?
Meta s’est défendu en affirmant que la société réfléchissait à des usages de reconnaissance faciale pour ses lunettes depuis au moins 2021 et ce, malgré des mises en garde notamment par certaines associations comme l’ACLU (American Civil Liberties Union) estimant qu’il s’agissait d’une menace importante pour la vie privée et les libertés individuelles.
Cet épisode relance un débat déjà ancien sur la place de la reconnaissance faciale dans les objets connectés grand public. La possibilité de filmer, d’analyser et de reconnaître des visages en continu renforce ces craintes, même si l’entreprise évoque des garde‑fous et une approche progressive.
Pour l’instant, les lunettes de Meta restent commercialisées avec leurs fonctionnalités annoncées, centrées sur la capture d’images, l’assistant vocal et la connexion aux réseaux sociaux, tandis que la reconnaissance faciale est officiellement mise en retrait, sans qu’un abandon définitif soit clairement affirmé. En effet, Meta n’a pas exclu de réintroduire la fonction plus tard.
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