Bonjour,

Voici ci-dessous la deuxième partie des trois articles que j’avais rédigés lorsque je travaillais au sein de Consotel. La source est ici.


J’ai noté dans un article précédent quelques conseils pour rédiger un AO télécoms.  Je vous propose aujourd’hui de traiter la gestion financière du marché, et plus particulièrement le contrôle des factures télécoms. En effet, les fournisseurs de télécommunication ont énormément de produits dans leurs catalogues (plusieurs milliers pour les opérateurs les plus importants). Ces produits sont souvent packagés et modifiés pour convenir aux besoins de la collectivité, empêchant ainsi le service marché ou la Trésorerie Publique tout contrôle.

  1. Rappel pour la rédaction des AO :
  2. Conseils lors de la rédaction du BPU (Bordereau des Prix Unitaires)

Définition du BPU : Le BPU (Bordereau des Prix Unitaires) liste les prix unitaires relatifs à chaque produit ou élément d’ouvrage prévu par le CCTP (Cahier des Charges Techniques Particulières).

Premier point : pour toutes les communications voix, refuser le crédit temps que les candidats pourraient proposer.

Deuxième point : de manière générale demander un tarif brut, une remise et un tarif net, pas uniquement un tarif net, en effet, dans la facture, le tarif brut et la remise apparaitront.

  1. Del’intérêtdeséparerlelotdédiéauxservicesmobilesaulotdefournituredesterminauxetaccessoiresmobiles.

Comme noté dans mon précédent article, la logique de séparer les terminaux des abonnements permet tout d’abord de mieux gérer le suivi du marché et mieux négocier car la collectivité fait plus jouer la concurrence.  Ensuite, l’opérateur ne fournira que des abonnements « SIM only » moins onéreux en terme de budget de fonctionnement. Pour finir, les terminaux fournis par le titulaire du lot dédié aux terminaux devront être « désimlockés », ainsi les terminaux pourront être conservés d’un marché à l’autre.

Voici donc quelques conseils faciles à mettre en pratique lors de la rédaction de l’AO :

  1. Partie générale :

Tout d’abord, un point important, plus les produits sont dédiés à un besoin, plus ils sont faciles à identifier. Par exemple : une option blackberry sur une ligne mobile.  Contre-exemple : un accès SDSL packagé par l’opérateur pour intégrer la location du routeur et la gestion de la sécurité par l’opérateur.

  1. Focus sur la partie des télécommunications Fixe :
  2. Abonnements :

Un point important de la facturation correspond aux services et aux consommations. La meilleure solution pour contrôler les factures est d’obtenir de l’opérateur le MÊME tarif pour un service  mis en place sur une ligne analogique, un T0, un T2.

Par exemple, une option de GTR (Garantie de temps de rétablissement) facturée X€ pour une ligne Analogique et une ligne T2.

  1. Consommations :

On distingue plusieurs type de consommations : vers les fixes en métropole, vers les mobiles en Métropole, vers l’International les numéros spéciaux et les remises.

On obtient en moyenne pour une facturation annuelle en 2012 pour une quarantaine de collectivités en France la répartition suivante :

Destination Pourcentage de la facturation annuelle
Fixes (Métropole) 45%
Mobiles (Métropole) 39%
International 4%
Services Spéciaux 10%
Autres Conso 2%

En appliquant la même logique que pour les abonnements ; je recommande d’exiger des fournisseurs le même tarif pour une communication passée d’une ligne analogique, un T0 ou un T2. N’importe quel outil de contrôle industriel présent sur le marché (ou développé par la collectivité) pourra ainsi détecter le produit facturé et lui appliqué un tarif prévu dans le BPU.

Par exemple, un tarif précis pour un appel vers un mobile situé au Bénin.

  1. Focus sur la partie des télécommunications Mobile :
  2. Abonnements et Consommations

Comme noté en amont de cet article, il est recommandé d’exiger des candidats, un tarif brut, une remise brute et un tarif net. Pour votre information, le flux facture de SFR demeure l’outil de péri facturation le plus complet pour réaliser des contrôles précis sur les factures mobiles (facturé 0.20€ HT par ligne par mois, plafonné à 2500€ HT par mois).

  1. Les terminaux et accessoires.

Le moyen le plus simple pour contrôler le tarif d’achat d’un terminal demeure la mise en place d’un pourcentage de remise par rapport au catalogue entreprise du fournisseur, ainsi le contrôle se fait à travers une remise en pourcentage.

Ex : un BlackBerry Q10, prix brut x€ TTC, 25% de remise et un prix net de Y€ TTC

  1. Focus sur la partie des télécommunications Data :
  2. Les packages…

Certains opérateurs créent des packages pour répondre aux besoins de leurs clients, hors d’un point de vue du contrôle, il est particulièrement complexe à analyser d’un point de vue aussi bien technique que facturation. Ainsi, je recommande de demander aux candidats de ne pas proposer de package dans leurs offres.

  1. Différence entre Internet et VPN

Dans certaines collectivités, l’opérateur facture un accès VPN MPLS en indiquant un montant d’un accès d’Internet et vice versa. La qualité de facturation ne permet pas facilement de différencier l’accès Internet et l’accès VPN-MPLS. Il est donc conseillé de demander une différence de nommage de facturation et de montant.

  1. Gestion des DSP (Délégation de Service Public)

On note que dans quelques cas, plusieurs DSP sont présentes dans une même collectivité. La meilleure solution pour suivre alors au mieux le marché, est d’obtenir des opérateurs le même tarif d’accès data hors ou dans les différentes DSP (ADSL, SDSL, Fibre Optique, Pont hertzien, etc.)

J’espère ainsi vous avoir aidé à mieux appréhender le contrôle de facturation. Dans un prochain article, j’aborderai le cas des outils de contrôle.