Nous avons pu nous entretenir avec Kevin Robinson, représentant de la Wi-Fi Alliance pour parler de l’avenir des réseaux sans fil.

À l’occasion du lancement officiel du Wi-Fi 6, nous avons pu nous entretenir avec Kevin Robinson, vice-président de la Wi-Fi Alliance en charge du marketing.

Le déploiement progressif du Wi-Fi 6

Ce n’est pas la première fois que nous parlons du Wi-Fi 6 sur FrAndroid. La technologie a en fait commencé son déploiement dès le CES 2019 avec le lancement de produits basés sur des versions préliminaires du standard.

Nous avons déjà testé le Galaxy S10, le premier smartphone compatible, mais aussi des routeurs comme le ASUS RT-AX88U, ou le Netgear AX80.

Sur ce sujet, Kevin Robinson nous a confirmé que ces produits vont devoir repasser par le circuit de validation de la Wi-Fi Alliance pour vérifier qu’ils sont bien compatibles avec la version définitive du standard, publiée le 16 septembre 2019. Il n’avait toutefois aucun doute que les fabricants de ces produits avaient pris les devants pour qu’ils soient compatibles avec la version finale.

Il nous a indiqué que le Samsung Galaxy Note 10 était officiellement le premier appareil certifié Wi-Fi 6 en version finale. Pour vérifier la certification d’un produit, la Wi-Fi Alliance a mis en place un moteur de recherche dédié.

Une nouvelle base technologique

Contrairement aux générations précédentes, le Wi-Fi 6 n’est pas vraiment une technologie permettant une multiplication des débits. Kevin Robinson a plutôt insisté sur d’autres aspects très importants des réseaux sans-fil. L’occasion de rappeler en quelques mots l’Intérêt du Wi-Fi 6.

Le Wi-Fi 6 est en quelque sorte une nouvelle base technologique qui permet de remettre d’équerre les réseaux sans-fil. Contrairement au Wi-Fi 5, cette nouvelle génération est en effet compatible à la fois avec les fréquences 2,4 et 5 GHz ce qui la rend beaucoup plus simple à intégrer dans des produits bon marché.

Comme la 5G, le Wi-Fi 6 permet surtout de gérer plus facilement un grand nombre d’appareils ce qui devrait en particulier aider les réseaux sans-fil dans les lieux avec une forte densité d’appareil, comme un aéroport ou un centre commercial. C’est aussi le cas de plus en plus de foyer où les appareils compatibles Wi-Fi se multiplient, il suffit de voir les annonces d’Amazon par exemple.

Plus qu’une augmentation du débit, le Wi-Fi 6 promet surtout une réduction de la latence, ce qui devrait faciliter certains usages jusque là plutôt réservés aux connexions filaires. On pense surtout à l’émergence du cloud gaming, particulièrement sensible à la latence.

Côté sécurité, on peut noter que le Wi-Fi 6 demande obligatoirement une compatibilité avec le WPA 3, la dernière norme en date qui garantit une défense contre la faille Krack.

Enfin le Wi-Fi 6 apporte une meilleure gestion du roaming, c’est-à-dire la possibilité de passer d’un routeur à un autre, en restant connecté au même réseau (SSID).

Huawei est toujours membre de la Wi-Fi Alliance

Bien que le siège de la Wi-Fi Alliance soit aux États-Unis, Kevin Robinson nous a rassurés quant à la situation de Huawei. Il nous a indiqué que la firme chinoise était bien toujours membre du consortium, et participait même activement aux développements des technologies Wi-Fi.

Il a également rappelé que Huawei avait le statut de sponsor parmi les entreprises affiliées à la Wi-Fi Alliance.

Wi-Fi 7 : vers un débit théorique à 30 Gb/s

Maintenant que le Wi-Fi 6 est là, que faut-il attendre de la génération suivante ? Kevin Robinson a bien entendu dit qu’il faudrait un peu de temps avant de commencer à entendre parler officiellement du Wi-Fi 7, si le consortium décide de retenir ce nom logique, mais pas confirmé à ce jour. Il faut en effet rappeler que le Wi-Fi 5 date de 2013. Avec le même rythme, on n’attendrait pas le Wi-Fi 7 avant 2025.

Il nous a tout de même confié que la future génération devrait être basée sur le travail du standard IEEE 802.11be. Cette nouvelle norme utiliserait les fréquences 2,4, 5 et 6 GHz pour augmenter encore les débits possibles. La largeur d’une bande de fréquence passerait également de 160 MHz pour le Wi-Fi 6 à 320 MHz pour son successeur. Le débit permettrait ainsi d’atteindre en théorie les 30 Gb/s.