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Test du Fujifilm GFX 100S : la qualité moyen format sans concession au tarif étudié

À côté des poids lourds de la photo numérique, Fujifilm poursuit dans sa politique originale consistant à ne produire que des boitiers APS-C ou moyen format. Audacieux, voyons si le choix de produire un hybride moyen format compact, à la fois conçu pour un usage polyvalent et doté d’un capteur photo très haute définition (102 mégapixels), s’avère judicieux.

Fiche technique du Fujifilm GFX 100S

Ce test a été réalisé avec un appareil photo prêté par Fujifilm.

Design du Fujifilm GFX 100S

Côté aspect extérieur, le GFX 100S affiche une très grande proximité (pour ne pas dire une gémellité) avec le GFX 50s II. On retrouve donc un encombrement limité (pour un moyen format). Ses dimensions sont en effet à peine supérieures à celles d’un reflex 24x36 actuel : 150 mm (largeur) x 104 mm (hauteur) x 44 mm (épaisseur au plus fin) / 87 mm (poignée).

Comme celle de son petit frère, la poignée dernière est suffisamment généreuse pour garantir une bonne qualité de préhension, d’autant plus qu’elle est recouverte d’un revêtement antidérapant efficace, comme la partie arrière sur laquelle repose le pouce.

Avec un peu plus de 900 g (avec carte et batterie), son poids indique le bon équilibre trouvé entre la solidité des matériaux employés, la contrainte de mobilité et la nécessité d’assurer un équilibre avec des objectifs souvent assez lourds en moyen format. Comme le GFX 50s II, le boitier fait la part belle aux éléments métalliques. Il est par ailleurs muni de nombreux joints qui assurent l’étanchéité à la poussière et au ruissellement. Le GFX 100S II a donc également été conçu pour faire face aux conditions difficiles parfois rencontrées en extérieur comme le reportage ou les photos de paysage.

Visée du Fujifilm GFX 100S

Le module de visée numérique, repris sur le GFX 50s II, est très confortable. Il est doté d’une belle dalle OLED (pour l’appréciation des contrastes) de 0,5 pouce de diagonale et de 3,69 millions de points. Le dégagement oculaire de l’ensemble est de 23 mm, les porteurs de lunettes apprécieront, et le grossissement proposé est de 0,77 x.

Sur la face arrière, on trouve un écran tactile très bien défini (2,36 millions de points) et inclinable sur deux axes. Si ce dispositif permet à la fois une inclinaison très utile verticalement et horizontalement, il ne s’agit pas d’un montage sur rotule totalement orientable.

Connectique du Fujifilm GFX 100S

Dans le domaine de la connectique, rien ne manque sur le GFX 100S. Sont présents : une sortie mini HDMI type D, une entrée casque et une sortie micro stéréo au format mini-jack 3,5 mm, une prise télécommande, et un connecteur USB-C permettant d’assurer la recharge de l’appareil et la connectique vers un ordinateur.

Il est par ailleurs doté de deux slots pour cartes SD/SDHC/SDXC compatibles avec le format rapide UHS-II. La taille des fichiers générés par le GFX 100S est pour le moins conséquente (209 Mo pour un Raw 16 bits en pleine définition) et la compatibilité avec les cartes CFexpress de type A aurait été un vrai plus. En pratique, nous n’avons jamais été empêchés de déclencher en raison d’un buffer saturé, néanmoins l’affichage des fichiers sur l’écran arrière peut parfois provoquer une certaine impatience.

Autonomie du Fujifilm GFX 100S

Contrairement aux boitiers reflex construits autour d’une visée optique, celle des hybrides est, par nature, énergivore. Si la batterie NP-W235 (Lithium-ion) propose une autonomie intéressante (environ doublée par rapport à la génération précédente de batteries chez Fujifilm), un second accumulateur se révèlera rapidement indispensable en studio comme en extérieur (usage qui pourra même réclamer un nombre de batteries supérieur, en fonction de la voracité du photographe et de la facilité d’accès à l’électricité en voyage). Évidemment, cette contrainte sera encore plus sensible dans le cadre d’un usage vidéo.

Petit carton jaune au passage : comme sur le GFX 50s II, aucun chargeur externe n’est fourni. En son absence, c’est donc l’appareil qui fait le job au moyen d’un adaptateur secteur et se retrouve ainsi immobilisé. Certes, le fabricant vise la modération tarifaire (relativement au contexte du moyen format). Néanmoins, à ce niveau de prix, ce choix reste difficilement justifiable à nos yeux. Il faudra donc compter environ 70 euros pour faire l’acquisition d’un chargeur indépendant, c’est également le tarif pour chaque batterie supplémentaire.

Ergonomie du Fujifilm GFX 100S

Comme dans d’autres domaines, l’ergonomie du GFX 100S est identique à celle du GFX 50s II. On retrouve ainsi, sur le capot supérieur, à gauche du viseur, le barillet de choix des modes (PSAM…), ainsi que le sélecteur photo/vidéo. À droite ont été positionnées deux touches personnalisables ainsi qu’un écran affichant les réglages. Exit donc les nombreuses molettes dédiées de la version précédente (sensibilité, correction d’expo, etc.) car désormais tout se fait au moyen de deux molettes assignables, situées sous l’index et le pouce, que l’ont doit légèrement enfoncer afin de changer le paramètre que l’on souhaite faire varier. En pratique, ça demande un peu de temps pour s’habituer, mais, à l’usage, on finit par obtenir un bon niveau de réactivité. À titre personnel, je renouvelle ma préférence pour un moyen plus direct de commande de la sensibilité afin d’éviter des erreurs de manipulation, et donc une perte de temps précieux sur le terrain.

Sur la face arrière, on retrouve à gauche du viseur les touches drive (sélection de la cadence de prise de vue) et celle servant à la suppression des images. Le sélecteur du mode de mise au point AF ainsi que la touche AF ON sont positionnés à droite du viseur. Enfin, le joystick (très utile), les boutons de mémorisation de l’exposition, d’accès au menu, d’affichage des infos et de lecture des images ont été placés à droite de l’écran. Enfin, la touche permettant par défaut d’accéder au très utile Quick Menu se trouve à droite du repose pouce. Il faut signaler que la presque totalité des touches est paramétrable et qu’avec un peu de temps chacun pourra créer un pilotage taillé sur mesure.

Les menus sont pour le moins fournis, et on se passerait volontiers de certaines fonctions telles que le filtre de lissage de peau (pour les fans de lifting, Photoshop marche très bien), surtout sur un boitier dédié aux experts. Cela étant, le foisonnement de fonctions est la norme sur les boitiers haut de gamme censés répondre aux besoins variés d’utilisateurs exigeants. Heureusement, pour un usage courant, le couple Quick Menu/écran tactile fonctionne très bien.

Bref, à part l’absence d’une troisième molette pour la sensibilité, le pilotage du GFX 100S est très bien pensé. L’ensemble est à la fois assez intuitif, très complet et largement personnalisable. En un mot comme en cent : ce moyen format est très agréable à utiliser.

Obturateur du Fujifilm GFX 100S

Rappelons ici qu’il existe deux catégories d’obturateurs : le système central et le plan focal. Le premier, contenu dans les objectifs, à l’avantage de proposer des vitesses d’obturation synchrones avec les flashes externes très élevées et sont traditionnellement plutôt orientées vers des usages en studio (ou vers la photo commerciale en extérieur). L’obturation à plan focal a le mérite de la discrétion et de la modération tarifaire.

Comme sur le GFX 50s II, c’est la seconde option qui a été retenue pour le GFX 100S. La vitesse de synchro flash est donc limitée au 1/125 e de seconde, ce qui permettra des usages avec flash uniquement sur des sujets peu mobiles (nature morte, portrait).

L’obturation du GFX 100S est néanmoins plus performante que celle de son petit frère, car elle permet une cadence maximale en rafale de 5 images par seconde (contre 3 i/s). On est certes loin de celles affichées par les boitiers 24x36 les plus nerveux, mais, en moyen format, c’est pour le moment un record ! Il faut dire que, traditionnellement, ces appareils ne sont pas vraiment taillés pour la photo d’action, cette cadence sera donc largement suffisante pour les utilisateurs potentiels de ce genre de matériel.

Autofocus du Fujifilm GFX 100S

Le module de mise au point automatique adopte un fonctionnement hybride corrélation de phase/détection de contraste. C’est, en théorie, un très sérieux avantage par rapport au GFX 50s II qui se contentait d’un autofocus basé uniquement sur la détection de contraste (comme la quasi-totalité des monoblocs moyen format). Il devrait donc être à la fois plus nerveux et plus sensible. Tant qu’on se concentre sur un sujet classique en image par image, c’est le cas, sans surprise. C’est lorsque la luminosité baisse que la différence est la plus marquée en faveur très nette du GFX 100S. Signalons au passage que, si elle n’atteint pas tout à fait le niveau de précision des meilleurs 24x36, la détection des yeux fonctionne bien : les sujets sont efficacement détectés et le suivi est globalement assuré.

Si le suivi des sujets en mouvement qui ne permettent pas la détection des yeux (car ils n’en ont pas…) est plutôt bien réalisé, les résultats montrent que des progrès restent à faire dans le domaine de la précision. Signalons tout de même que la procédure a été particulièrement exigeante dans le cas du GFX 100S. En effet, pour un cadrage équivalent, la zone de netteté est d’autant plus courte que le capteur est grand. Le moyen format est donc plus exigeant que le 24x36. D’autre part, Fujifilm a mis à notre disposition un magnifique 80 mm f/1,7 (une ouverture rare en moyen format). Nous avons réalisé nos tests à pleine ouverture afin de pousser le module AF dans ses retranchements, avec un niveau d’exigence donc très élevé où la moindre imprécision devient visible, surtout avec un capteur aussi défini (102 Mpix tout de même !). Il n’en reste pas moins que la précision du suivi reste perfectible.

Au chapitre des griefs, nous avons également pu constater qu’en mode continu, l’AF a tendance à se laisser piéger par les sujets parasites au détriment de celui qu’on voudrait voir suivi. Il est en effet arrivé à plusieurs reprises que celui-ci soit « lâché » en cours de mouvement au profit d’un autre sujet entré dans le cadre en cours de route.

Stabilisation du Fujifilm GFX 100S

Comme sur son grand frère, le GFX 100, le 100S est équipé d’un dispositif de stabilisation du capteur sur 5 axes. Indispensable sur un boitier destiné à sortir des sentiers battus traditionnels du moyen format que constituent les pratiques plutôt statiques et régulièrement marquées par l’usage d’un pied, le stabilisateur du GFX 100S délivre de bons résultats. Lors de nos tests, nous avons obtenu une majorité d’images nettes ou acceptables à main levée jusqu’au 1/50 e de seconde sans stabilisation contre 1/4 de seconde lorsqu’elle est enclenchée (avec l'objectif 80 mm f1/7). Le gain constaté sur le terrain de 3,33 IL est d’un très bon niveau.

Saluons au passage la conception générale du boitier qui permet, avec cette définition musclée, d’obtenir tout de même des images majoritairement utilisables jusqu’au 1/50 e de seconde sans stabilisation. Un tel résultat indique que le GFX 100S produit vraiment très peu de vibrations internes lors du déclenchement.

La stabilisation mécanique du capteur permet d’autre part l’existence d’un mode dit pixel shift qui permet, sur des sujets parfaitement inertes, et lorsque l’appareil est sur pied, de produire des images de 400 mégapixels à partir de plusieurs prises de vue (16). Le système, basé sur un déplacement très fin du capteur entre chaque déclenchement, impose le passage par un logiciel de post production ad hoc. Les amateurs de natures mortes tirées en grand format seront ravis.

Qualité d'images du Fujifilm GFX 100S

Doté d’un capteur moyen format de type CMOS rétroéclairé aux dimensions de 33 x 44 mm de 102 mégapixels, le GFX 100s est en mesure de produire des images excellentes, et le mot n’est pas galvaudé. Au-delà de la très haute précision des images, la taille du capteur permet de disposer d’une qualité de flou inaccessible autrement. Cet aspect présent nativement a été grandement renforcé lors de nos tests par l’existence du 80 mm f/1,7 dont la très grande ouverture est une rareté dans l’univers du moyen format.

La très grande expérience du fabricant dans la conception de films argentiques (dont je pleure toujours la disparition de certaines références, telle que la Pro 160S) se retrouve par ailleurs dans la qualité générale du traitement de l’image comme dans la profusion de presets, plutôt bien sentis, proposés pour les jpegs.

La montée en sensibilité est très bien gérée ; l’avantage de la surface du capteur, qui permet une taille de photosites très intéressante, même avec une très grande définition, se sent aussi dans ce domaine. Étant donnée l’orientation très experte du GFX 100S, nous avons basé nos observations sur des fichiers RAW traités par le très professionnel Capture One avec les réglages par défaut. Notons au passage que le boitier est capable de délivrer des RAW avec un échantillonnage sur 16 bits, et pas seulement sur 14 contrairement à la plupart des autres moyens formats de sa catégorie.

Sans surprise, les résultats sont simplement excellents. Évidemment, la limite de sensibilité dépendra de votre usage, mais pour une pleine page de presse magazine par exemple, l’ensemble de la plage de sensibilité de base (100-12 800 ISO) est parfaitement utilisable. Ensuite, les choses se gâtent progressivement, mais, pour du reportage, les sensibilités étendues de 25 600 et 51 200 ISO restent parfaitement envisageables. À la valeur maximale, 102400 ISO, l’image est par contre très fortement dégradée, à réserver donc aux situations désespérées, car le grain est vraiment très visible et la dynamique fortement entamée.

Voilà pour les données techniques, afin de donner une idée de ce qu’à le GFX100S dans le ventre, voici quelques images réalisées sur le vif, hors des sentiers battus du studio auxquels le moyen format est trop souvent cantonné.

Modes vidéo du Fujifilm GFX 100S

Sur le papier, le mode vidéo du GXF 100S est pour le moins alléchant. Notons tout d’abord que, si l’écran n’est pas réellement orientable, il est inclinable sur deux axes (horizontalement et verticalement) et que le boitier est équipé d’une entrée micro stéréo et d’une sortie casque, toutes deux au format mini-jack 3,5 mm, et d’une sortie mini-HDMI (type D).

Par ailleurs, toutes les qualités intrinsèques liées à la grande taille du capteur (profondeur de champ, qualité des flous …) sont également valables en vidéo.

Mais là où le GFX 100S marque nettement la différence avec le 50s II, c’est sur les formats d’enregistrement proposés : ici, on peut enregistrer en interne avec des codecs H.264 ou H.265 jusqu’à 200 Mbit/s en full HD et 400 Mbit/s en UHD ou 4K DCI (car oui la « vraie » 4K, celle conçue pour le cinéma, est également proposée) en 4:2:2 10 bits en log. Le tout sans recadrage dans l’image. Bref, si le besoin s’en fait sentir, les possibilités de conserver des marges d’interprétation importantes en post-production ou de produire de la vidéo HDR sont assurées. Niveau compression, on peut enregistrer en all-intra (compression image par image) ou en long-GOP (compression par groupe d’images). Enfin, si en UHD, comme en DCI 4K, la cadence maximale proposée est de 30 i/s en mode progressif, en full HD on peut enregistrer jusqu’en 60 i/s (mode progressif également). Pour une bonne compréhension de ces informations, n'hésitez pas à consulter notre article sur les formats vidéo.

Évidemment, la question de la précision de la mise au point est aussi cruciale en photo qu’en vidéo vu les possibilités de très faible profondeur de champ liée aux dimensions du capteur. Pour tous les utilisateurs souhaitant profiter de l’autofocus, il faut ici signaler que, si la détection des sujets est plutôt efficace, le dispositif peut parfois manquer un peu de douceur dans les transferts de point et que des à coups sont parfois sensibles.

Prix et disponibilité du Fujifilm GFX 100S

Le Fujifilm GFX 100S a été annoncé en janvier 2021 et est disponible depuis le mois de février. L'appareil est proposé en France au prix de 5999 euros sans objectif.