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Test du Google Pixel 6 Pro : il a les reins pour partir à l'assaut des flagships

Android 12, Google Tensor, un bloc photo très assumé avec téléobjectif, tout cela à un prix qui sonne comme un défi pour les fleurons des autres marques (pour ne pas les citer l'iPhone 13 Pro et le Samsung Galaxy S21 Ultra)… Sur le papier, le Pixel 6 Pro a tout pour plaire.

Par rapport à son homologue plus accessible, le Pixel 6, la version Pro ajoute un téléobjectif, quelques mégapixels sur son capteur selfie, quelques mAh de batterie, un écran QHD+ en 120 Hz, 4 Go de RAM supplémentaires et seulement 3 grammes de plus sur la balance… Vaut-il vraiment le détour ? Voici son test complet pour répondre à cette question.

Fiche technique

Ce test a été réalisé avec un exemplaire du téléphone prêté par Google.

Notre test en vidéo

Design

Le premier mot qui vient à l'esprit pour parler du design du Pixel 6 Pro est sans conteste équilibre. Certes, avec ses 210 grammes, ses dimensions généreuses (dalle de 6,7 pouces, 163,9 x 75,9 x 8,9 mm) et son bloc photo protubérant, il va sans dire qu'il tranche avec le minimalisme des précédents Pixel. Cela est sans doute encore plus vrai avec ce modèle Pro.

Mais ce que gagne le Pro par rapport au Pixel 6 classique (qui pèse seulement 3 grammes de moins), c'est une meilleure répartition du poids. Le Pixel 6 Pro appartient à ces smartphones grands formats qui parviennent à vous faire vivre le grand format avec un minimum d'inconfort. En dehors de la place qu'il prend dans la poche et du léger inconfort qu'on peut sentir lorsqu'on vient à le tenir pendant longtemps dans les mains (en visionnant une série par exemple), on ne passe pas ses journées peuplé du sentiment de manier un paquebot. Et c'est déjà un très bon point.

Tant qu'à évoquer le confort en main, arrêtons-nous un instant sur les retombées d'un module photo aussi assumé. C'est bien simple, je n'en vois que des avantages.

Premier intérêt : posé sur une table, le Pixel 6 Pro ne bouge pas lorsqu'on tape dessus, au contraire de ses collègues souvent déséquilibrés par la présence d'un gros module d'un côté et l'absence d'un deuxième ilot pour équilibrer le tout.

Deuxième attrait du bloc photo : lorsqu'il est tenu à l'horizontale, cela évite d'avoir constamment les doigts qui achoppent dessus, puisqu'on s'attend à le trouver, quel que soit l'endroit où l'on pose sa main. Je précise tout de même que je n'ai pas de grandes mains et que si vous êtes dotés de longs doigts, un essai en magasin pourrait s'avérer utile, ou encore l'achat d'une coque. En tout cas, je n'ai jamais été dérangé par ce module, malgré des tranches plutôt plates qu'on aurait pu craindre un peu anguleuses.

Ajoutons qu'au visuel, les trois capteurs ne se voient pas beaucoup, à l'exception peut-être du téléobjectif qui prend une forme rectangle qui sort un peu du lot. Le flash quant à lui, situé tout à droite du bloc, est bel et bien visible et assumé.

Sobriété et courbures

Tant qu'on en est à parler du dos, évoquons celui du Pixel 6 Pro. Notre modèle tel que vous le voyiez possède le seul et unique coloris disponible en France. Et ne nous mentons pas, il est un peu tristounet, même si on croit comprendre qu'un modèle Pro se doit d'être sobre (il n'y a qu'à voir l'étendue des coloris des MacBook Pro 14 et 16 pouces). Il s'agit davantage d'un gris légèrement bleuté que d'un noir profond. Le dos est d'ailleurs plutôt réfléchissant et attrape les traces de doigt plus vite que le fan d'Apple n'achète les produits de leur marque favorite post-conférence.

En guise de protection, l'arrière du smartphone est affublé d'un verre Corning Gorilla Glass 6 plutôt bien loti, qui s'arrondit proprement sur les bords pour aboutir sur un cadre en alliage plutôt fin, qui semble monté d'un bloc avec le module photo.

Les tranches d'ailleurs, s'oublieraient bien vite tant elles sont effacées par la courbure, là où le Pixel 6 adopte un design beaucoup plus rectangulaire et anguleux. À gauche, vers le bas du téléphone, on trouve le tiroir à SIM. S'il ne peut en accueillir qu'une seule, le téléphone peut aussi accepter une eSIM.

À droite s'empilent les boutons d'alimentation en haut, puis les boutons de volume qui sont peut-être un peu petits pour l'appareil. Je les ai cherchés plus d'une fois au début de ma prise en main en voulant ajuster le volume, jusqu'à verrouiller le téléphone par méprise à la place.

Par ailleurs, je ne suis pas fan de l'emplacement de ces boutons pour des raisons sans doute personnelles, mais qui me semblent importantes d'être mentionnées. Je tiens mes smartphones par le bas du téléphone. Résultat : mon pouce avait tendance à tomber parfaitement sur les boutons volume, mais je devais effectuer une petite extension pour atteindre le verrouillage. En outre, difficile de faire une capture d'écran avec un tel agencement sans utiliser les deux mains (ou se faire une luxure du pouce).

Cela m'amène à prévenir tous ceux et celles qui n'aiment utiliser leur smartphone qu'à une main. À moins de tirer parti du mode une main proposée dans Android 12, oubliez l'idée d'utiliser ce téléphone avec une seule patoune. S'il est agréable à porter et qu'on en oublierait presque ses dimensions, le Pixel 6 Pro reste un gros morceau.

Pour terminer sur le cadre, la partie basse accueille le port USB-C pour la recharge, ainsi que deux ouvertures dont l'une est dédiée à l'un des haut-parleurs stéréo. Le second haut-parleur est excessivement bien caché dans la bordure haute de l'écran, qui se retire à peine pour laisser échapper le son. Dernier petit détail appréciable : la partie haute du smartphone est recouverte d'un très léger grip pas désagréable au toucher.

Il y a comme un fossé

Dans l'ensemble, le niveau de finition du Pixel 6 Pro appartient au domaine de l'exemplaire. Mais cela ne veut pas dire que certains choix ne sont pas questionnables.

La face avant du smartphone est donc dotée de lignes incurvées, grâce à son écran pOLED, protégé par du Gorilla Glass Victus. L'avantage : il n'y a pas de bordures sur les côtés. On conserve seulement de fines bordures en haut en bas. Celle du bas semble à peine plus épaisse.

Le problème que pose la solution choisie par Google, c'est qu'à un moment, il faut bien que l'écran s'arrête pour rejoindre la tranche du téléphone. Et la manière dont le Pixel 6 Pro assure la jointure n'est pas franchement idéale.

Dans les quatre coins du smartphone, on se retrouve avec des fossés suffisamment fins pour être invisibles, mais bel et bien là. Dans un smartphone qui cultive les courbes et l'absence d'angle, cela crée un léger inconfort lorsqu'on passe le doigt dessus. S'il ne s'agit pas d'un problème qui justifierait de se détourner de ce téléphone, c'est une des petites concessions de Google sur ce modèle.

Écran

Le Pixel 6 Pro possède un grand écran de 6,7 pouces en format 19,5:9. L'avantage de ce format étant qu'on perd assez peu de parties de l'image lorsque l'on rogne pour mettre en grand écran. Il s'agit d'une dalle OLED (donc avec un taux de contraste très important) QHD+ dotée de 512 pixels par pouce. Côté fluidité, on est servi : 120 Hz en LTPO, c'est-à-dire que l'écran est capable d'ajuster son taux de rafraichissement en fonction des usages pour économiser un peu de batteries. L'Always-on est de la partie également.

Dans l'ensemble, il s'agit d'un écran de très très bon niveau, comme le confirment nos mesures réalisées à l'aide de notre sonde et du logiciel CalMAN Ultimate de Portrait Displays. Sa température de couleurs en naturel s'élève à 6636 K. Même en mode couleurs rehaussées (l'équivalent du vif ailleurs), on reste sur 6652 K. On a donc un rendu très naturel, puisque la température de couleurs idéale est 6600 K.

Nous avons aussi mesuré une luminosité maximale plutôt très bonne de 770 cd/m². Celle-ci se ressent d'ailleurs à l'usage. Le Pixel 6 Pro assure aussi du côté de la couverture des spectres colorimétriques. En sRGB nous mesurons 114 % et le DCI-P3, plus exigeant, est couvert à 76 %. Cette myriade de couleurs ne l'empêche pas d'être précis : son delta-E moyen se situe à 2,69 en mode naturel et 2,96 en couleurs rehaussées. On est donc en dessous de la sacro-sainte valeur de 3 à partir de laquelle l’œil humain n'est plus capable de déceler la différence entre une valeur ou une autre.

Logiciel

Le Pixel 6 Pro est livré avec Android 12 dans sa version Pixel Experience. Vous l'avez sans doute aperçue dans les pubs de Google, cette interface est très agréable à l'œil. Mais elle cache aussi une refonte assez importante d'un certain nombre de fonctionnalités.

Fluidité j'écris ton nom

Commençons par le premier aspect qui saute aux yeux avec Android 12 : sa fluidité. Certains pourront y voir des accents d'iOS 15, dans sa volonté que tout glisse d'un trait. Mais la personnalité de Google infuse bien ici, avec des feedbacks très juicy, c'est-à-dire qui donnent toujours un peu plus que ce que vous donnez vous-même lorsque vous tapotez votre écran. Pour ceux et celles qui ont déjà mis sur la main d'un OnePlus avec OxygenOS, on n'est pas loin de cette philosophie.

Deuxième nouveauté qui saute aux yeux immédiatement : l'unicité de l'interface est (presque) totale. Merci Material You et ses tuiles en forme d'ovale, merci aussi à Monet, cet algorithme dont on a tant parlé qui récupère les couleurs principales de l'arrière-plan et adaptent en fonction tous les coloris de l'interface.

Résultat : l'interface a enfin un look uni et on apprécie. Malheureusement, c'est presque trop réussi, dans le sens où l'on voit encore plus lorsqu'un élément de l'interface jure avec le reste. Par exemple, les applis non-Google ne changent pas (encore) de couleur. On aimerait (car nous sommes de grands rêveurs sans doute) pouvoir faire ça avec toutes les applis et pousser encore plus loin.

Autre endroit où il pourrait y avoir encore un effort à produire : après le festival du volet des raccourcis et du menu d'accueil, l'arrivée dans les paramètres fait l'impression d'une petite sécheresse. Mais l'ensemble ne jure pas particulièrement par rapport à la concurrence et il est plutôt bien rangé.

Les widgets 2 le retour

Je ne sais pas vous, mais je n'utilise que peu les widgets sur mon smartphone personnel (un Galaxy S20). Dès leur installation, à la façon qu'ils ont de se mouvoir de manière toute buguée, on sait que ça ne va pas être une bonne expérience.

Avec Android 12, Google a revu en partie sa copie et c'est beaucoup mieux. Les widgets horloge et calendrier par exemple adoptent les couleurs générales de l'interface. La plupart des widgets se sont considérablement arrondis et on a beaucoup plus de plaisirs à en user.

Côté fond d'écran, Google a sorti le chéquier. Cela aurait fait un peu mauvais genre pour une interface qui vend sa capacité à s'adapter à son fond d'écran si l'on avait eu 6 ou 7 visuels de mauvaise qualité. Résultat, on a un nombre absolument scandaleux de fonds d'écran pour tester Monet. Une option nous propose même d'en changer chaque jour automatiquement.

Du côté des options de personnalisation un peu bizarre, il est possible d'installer des suggestions d'application sur l'écran d'accueil. J'ai envie de dire : qui a vraiment envie de ça à part les psychopathes ? En l'utilisant, vous trouverez sagement une appli à sa place habituelle dans l'accueil un jour, puis le lendemain, il vous faudra la chercher partout dans le téléphone. Non, mais vraiment…

Fonctionnalités et applications

On chipote, mais Android 12 est truffé de bonnes idées. Citons-en quelques-unes.

On peut choisir que lorsqu'on tape à l'arrière du smartphone, une appli se lance et qu'elle réalise une action de notre choix. On peut extraire une image directement depuis le gestionnaire de tâches, le réveil Google nous laisse mettre une playlist et lancer une routine de notre choix, lorsqu'on prend une photo, des applis pour la partager nous sont subtilement suggérées…

Et on n'a même pas parlé de la Gomme magique, une nouveauté qui permet « d'effacer » une personne ou des détails qu'on jugerait gênants dans une photo.

Ajoutons que le suivi logiciel proposé par Google avec les Pixel va un tout petit peu plus loin que la concurrence : cinq ans de suivi au total, avec trois ans de mises à jour majeures puis deux années de patch de sécurité. Cela nous emmènerait jusqu'en octobre 2026 en l'achetant aujourd'hui.

Ça reste encore bien bugué

C'est bien beau tout ça, mais si vous êtes allé lire la note avant de parcourir ce test -- on vous voit -- vous pourriez vous demander pourquoi Android 12 n'a pas reçu 9/10.

Disons qu'il y a encore du travail pour qu'Android 12 soit aussi propre que vendu. Prenons la réglette de volume par exemple. Elle est encore vraiment trop grande à mon goût en mode horizontale. De plus, le choix de garder la réglette visible lorsque le volume est à zéro me fait un peu grincer des dents.

Autre choix un peu hasardeux : Google a décidé de fusionner les connexions mobiles avec le Wi-Fi dans un menu appelé Internet. Dans l'idée, pourquoi pas. Mais le corollaire de ce choix, c'est qu'on est obligé de l'ouvrir à chaque fois qu'on veut changer de réseau Wi-Fi. C'est loin d'être le choix le plus ergonomique à nos yeux.

J'ai aussi beaucoup de mal avec le nouvel emplacement du bouton « tout fermer » dans le gestionnaire de tâche. Souvent situé en bas dans les anciennes interfaces des concurrents, on doit maintenant swipper tout à gauche pour le dénicher. Google justifie ce choix en précisant qu'il est préférable de ne pas fermer les applications : le système s'en occupe déjà très bien tout seul pour gérer la consommation en arrière-plan.

Ajoutons à cela une belle proportion de bugs dans notre petite semaine d'utilisation. J'ai à plusieurs reprises eu des éléments d'interface qui restaient là où ils ne devaient pas. La fonction de traduction automatique présentée en grande pompe lors de la présentation du téléphone ne fonctionne qu'une fois sur 10. On perd moins de temps à se rendre sur Google Trad via Chrome. Plus grave, j'ai eu quelque chose comme quatre bugs de l'interface avec le message suivant : « l'interface ne fonctionne plus ».

Photo

Le Pixel 6 Pro possède trois capteurs arrière :

En plus de cela, son capteur selfie possède 11,1 mégapixels (f/2,2).

Avant d'entrer dans le vif su sujet et de détailler chaque capteur et mode du Pixel 6 Pro, arrêtons-nous un instant pour considérer ceci : j'ai pris des photos pendant une semaine avec ce téléphone et je me suis bien souvent retrouvé à tenter de prendre des clichés que je ne me serais jamais vu prendre avant. Ce que ça veut dire du Pixel 6 Pro, c'est sans doute qu'il rend accessible et ludique son expérience photographique. On a plaisir à s'adapter aux différentes situations et son traitement logiciel répond bien souvent présent à nos essais.

Capteur principal

À première vue, la proposition du capteur principal du Pixel 6 Pro le place plutôt du côté des téléphones aux rendus très "pop" et saturé, qui vont souvent de pair avec un manque de précision et de piqué dans les clichés. Mais là, la quantité d'information récupérée dans chaque photo est assez folle. Si l'on vient zoomer un peu dans les clichés, dans les perspectives lointaines ou sur les bords, le niveau de détail restant place immédiatement le Pixel 6 Pro dans le haut du panier.

Cela est bien visible dans cette galerie. Dès qu'il y a un peu de fond, comme sur la photo de Grégoire avec son vélo, celle dans la rue au crépuscule, on garde un niveau de détail plutôt réjouissant dans le fond.

Signalons aussi que la dynamique est très bonne. Sur les clichés ci-dessous, les zones moins éclairées restent bien visibles, sans pour autant ajouter de la lumière artificiellement. L'équilibre est bon. La température de couleurs et la saturation seront peut-être un peu poussées au goût de certains, mais difficile de ne pas saluer le rendu général des clichés.

En contre-jour assumé, un exercice qui peut parfois se montrer difficile, l'équilibre est là aussi plutôt bien préservé. On évite la surexposition et les zones les plus sombres restent visibles. Ces dernières frétillent un peu et on sent que l'algorithme s'est activé, ce qui donne un piqué pas toujours au top, mais sur des conditions aussi difficiles, le cliché regardé de manière globale flatte l'œil.

Parmi les petites faiblesses du Pixel 6 Pro, notons une impossibilité chronique à faire le point sur certains sujets, comme un chat ou des plantes, ce que des smartphones beaucoup moins chers parviennent à faire sans aucun effort.

Ultra grand-angle

Le Pixel 6 Pro propose un ultra grand-angle exploitable, c'est déjà mieux que beaucoup de ses concurrents (pas dans le segment premium en revanche). Là, le piqué perd un peu au passage. On le voit notamment dans le contour de la machine sur la première image ou la perspective à droite sur le deuxième cliché ci-dessous. Dans le troisième cliché, plutôt réussi dans son ensemble, c'est la barrière grillagée en bas qui vient accrocher un peu l'œil. Mais dans son ensemble, l'ultra grand-angle reste de très bonne facture. En revanche, les difficultés pour faire le point sur la végétation ne sont pas réglées non plus.

Ajoutons que, pour une fois, la différence colorimétrique entre les deux capteurs est vraiment dure à déceler. Chapeau bas.

Téléobjectif

Aaaah le téléobjectif. Quel plaisir de pouvoir se rapprocher juste ce qu'il faut de son sujet par le jeu de l'optique, de pouvoir cadrer en direct, sans avoir besoin de rogner l'image une fois à la maison. Là-dessus, le choix de Google a clairement été d'aller un peu plus loin que ses concurrents en proposant un x4, là où les iPhone 13 s'arrêtent à du x3 et le Galaxy S21 Ultra propose un x3 (bon il a aussi un x10, donc à ce petit jeu là, il a un temps d'avance dirons-nous). Il y a bien le Xperia 1 III qui se montre capable d'afficher du x 4,4, mais il ne joue pas vraiment dans la même cour niveau volumes de ventes.

Le téléobjectif du Pixel 6 Pro remplit parfaitement son rôle. En l'utilisant, on est agréablement surpris de constater que le traitement logiciel fonctionne aussi bien que sur le capteur principal.

Petit bémol avec ce téléobjectif que j'ai pu observer sur de nombreux clichés : la colorimétrie change assez massivement par rapport au capteur principal. On arrive à un bleu moins pétant et plus pastel. Dommage pour la précision, mais rien de grave non plus.

De nuit

Le mode nuit s'active automatiquement dès que la lumière est trop basse. Petit bémol d'entrée de jeu : le temps de pause n'est pas indiqué à l'écran, contrairement à ce que pratique un iPhone 13 par exemple, ce qui permet de se préparer à un temps de pause plus ou moins long.

Une fois cette petite anicroche passée, il convient de s'émerveiller par la quantité d'informations récupérées par le Pixel 6 Pro en mode nuit. Le résultat est tout simplement bluffant.

Le téléobjectif s'en sort lui aussi très bien pour capter de nombreuses informations.

Il n'y a guère que l'ultra-grand angle qui souffre un peu et livre une image un peu trop bruyante à notre goût.

Bien sûr, tout n'est pas parfait et on peut sans doute souligner la présence très importante de lens flares dans de nombreux clichés.

Dans certaines situations très peu éclairées, l'algorithme aura tendance à reconstituer grossièrement la scène, comme c'est visible sur cette façade. Il aurait peut-être mieux valu accepter d'afficher moins d'informations, mais plus fidèlement.

En revanche, en cas d'éclairage nocturne correct, le résultat est tout simplement top. On pourrait demander un peu plus de piqué sur les chaises, mais avoir un tel niveau de détail, à la main et sans trépied avec un x4 reste une belle prouesse.

Portrait

Le mode portrait des Pixel est bien souvent considéré comme l'un des meilleurs. Mais comme Google rebat les cartes dans sa manière de faire ses smartphones à chaque itération, le mode portrait du Pixel 6 a encore tout à prouver.

Après quelques essais, on constate bien vite que le flou est toujours là, il est même très présent. Le mode portrait garde donc son petit effet de mise en valeur du sujet, même si dans certaines situations, on aurait aimé pouvoir régler le bokeh. Sur la photo où je mets ma veste ci-dessus par exemple, difficile de savoir pourquoi le flou est moins important.

Si l'on chipote, le mode portrait galère un peu à couper proprement certains cheveux dans le dernier portrait de la galerie ci-dessus. En revanche, on ne peut pas nier que l'effet global de la photo est bien réussi.

Selfie

Passons aux selfies justement. Pour rappel, le Pixel 6 Pro affiche une meilleure définition que son compère, puisqu'il possède 11,1 mégapixels contre 8 millions de pixels chez le Pixel 6. Cette mince différence l'autorise à tourner en 4K 30 FPS ET 1080/60 FPS là où le Pixel 6 s'arrête à une définition 1080 /30 FPS.

En selfie, le mode portrait fonctionne tout aussi bien. Le détourage est excellent même sur cheveux bouclés. De nuit, comme vous pouvez le voir sur les deux des clichés ci-dessous, le résultat est tout aussi réussi, pour peu qu'on ait un éclairage correct. Le dernier cliché, réalisé avec très peu de lumière en témoigne.

Sans le mode portrait, le Pixel 6 Pro s'en sort aussi très bien. Il n'altère pas trop son sujet et affiche un niveau de détail et une dynamique vraiment agréable.

Comparaisons avec l'iPhone 13 Pro et le Galaxy S21 Ultra

Comparons-le un instant avec les cadors du marché, que nous avons eu la chance d'avoir entre les mains pour prendre des clichés dans les exactes mêmes conditions.

De nuit, c'est sans doute là que les différences entre les trois modèles se font le plus sentir. Le Pixel 6 Pro éclaire largement plus la scène que l'iPhone 13 Pro et légèrement plus que le S21 Ultra. Il parvient en outre à supprimer les lens flares. En revanche, on pourra reprocher à la photo du Pixel de posséder un peu moins de nuances.

Même constat sur cette deuxième série de clichés. En revanche, les lampes sont un peu cramées et les contrastes ultra-poussés pourront sans doute en rebuter certains.

En selfie, la peau et la veste sont légèrement plus chaudes et le rendu est légèrement moins naturel que sur l'iPhone 13 Pro et le S21 Ultra est plus grisâtre. En revanche, l'algorithme d'embellissement est moins grossier que chez Samsung. Les détails de la barbe sont vraiment bien capturés sur le Pixel 6 Pro, mais les cheveux manquent de contraste.

Globalement, le Pixel 6 pro a un peu de mal à faire le focus sur les animaux. Ici, il livre un résultat un peu moins net que ses concurrents avec beaucoup moins d'informations et de contrastes. En revanche, sur la colorimétrie, il est beaucoup plus équilibré que ses concurrents. L'iPhone 13 Pro est trop jaune.

Ici on peut constater que le vert est plus pétant sur le Pixel 6 Pro que sur l'iPhone 13 Pro ou le S21 Ultra en extérieur. Même s'il est un peu plus jaune, le rendu est tout de même plus flatteur.

Sur le téléobjectif, il n'y a pas photo : le Pixel 6 Pro est plus juste que ses concurrents. Il est plus équilibré sur la colorimétrie et propose beaucoup plus d'informations que l'iPhone 13 Pro.

Performances

Le Pixel 6 Pro est le premier smartphone de Google à posséder un SoC conçu par Google. Celui-ci s'appelle Tensor et on avait hâte de le tester. Le Pixel 6 Pro intègre en outre 12 Go de RAM LPDDR5 et 128 Go de stockage UFS 3.1. On regrette d'ailleurs qu'il n'y ait pas d'autres options pour la France…

Mais bien vite, on s'aperçoit que sa spécialité est sans doute le traitement des photos et pas les performances pures. Comprenez bien, le Google Pixel 6 Pro n'a aucun souci de performances pour une utilisation classique. Mais au petit jeu des benchmarks, il ne brille pas particulièrement face aux smartphones auxquels nous l'avons opposé. N'attendez donc pas un monstre de puissance.

Sur Fortnite, réglé en qualité graphique Épique avec la résolution 3D sur 100 %, le Pixel 6 Pro tourne comme une horloge. Il se montre très stable 95 % du temps avec quelques petites chutes de framerate pas bien méchantes.

Sur Genshin Impact, un jeu plutôt demandeur, le Pixel 6 Pro s'en sort bien avec les paramètres graphiques réglés sur moyen. N'espérez pas dépasser les 30 FPS : réglé sur 60 FPS, le jeu n'est tout simplement pas stable et il dégringole à 40, 30, voire 20 FPS.

Call of Duty Mobile pour sa part ne lui pose aucun souci et tourne impeccablement en 60 FPS.

Batterie

Le Pixel 6 Pro possède une batterie de 5003 mAh (c'est précis). Il arrive donc dans la catégorie de ce qu'on appelle vulgairement « les grandes batteries ».

Testé à l'aide du logiciel Viser sur un protocole de notre cru qui simule une utilisation constante de l'appareil avec des tâches plus ou moins énergivores, il tient 16 heures et 10 minutes. En cela, il se place à une dizaine de minutes du S21 Ultra. Il est dans le top 10 des smartphones que nous avons testé cette année niveau autonomie.

Pas besoin de grands discours sur l'autonomie avec ce smartphone, il suffit de dire qu'il appartient aux rares téléphones que j'ai pu testé dont je ne prenais même pas la peine de charger le soir, après une journée débutée à 100 %, tant j'étais certain qu'il ne me ferait pas faux bond dans la nuit ni le lendemain.

En moyenne, en utilisation modérée (4/5 heures d'écran), je pouvais tenir sans peine deux journées d'affilée sans craindre la panne sèche. Avec une utilisation plus intense, comptez une journée/une journée et demie, que vous ne passerez pas les yeux rivés sur votre pourcentage restant de batterie.

À titre indicatif, il m'a semblé que la première moitié de l'icône de batterie (de 100 % à 50 %) avait tendance à baisser moins vite que la seconde. Il n'y aurait rien d'étonnant là-dedans, les fabricants se débrouillent souvent pour que le pourcentage de batterie ne soit pas linéaire. J'ai par exemple passé 1h30 sur Netflix, à volume médian et avec une luminosité à 60 %, ce qui m'a fait passer de 33 % à 23 %.

Charge « rapide »

On peut penser ce qu'on veut des charges rapides monstrueuses proposées majoritairement par les marques chinoises comme OnePlus, Xiaomi ou Oppo. Peut-être que Google a raison de ne pas aller au-delà des 30 W de charge pour son Pixel 6 Pro pour en préserver l'état de santé.

En revanche, il est difficile de ne pas pouffer lorsque le menu batterie affiche texto : « Charge rapide - Chargée à 100 % dans 2h » et quelques… Le temps affiché nous paraissant bien long, nous avons testé nous-mêmes la recharge pour voir ce qu'il en était, en partant de 3 %.

Étant donné que Google ne fournit pas de bloc 30 W, nous avons branché un chargeur de PC (Power Delivery) à 45 W de manière à être sûrs que le courant reçu par le Pixel 6 Pro soit suffisant. Voici nos résultats :

Dans sa communication, Google a avancé que le Pixel 6 pouvait atteindre 50 % d'autonomie en 30 minutes de charge. Alors certes, le Pixel 6 Pro possède une batterie légèrement plus grande, mais l'écart est tout de même de 24 points entre les deux. On n’a parfois pas l'impression de charger un smartphone en 30 W pour être honnête.

Et cela s'explique assez facilement : pour obtenir la charge rapide, il faut une chargeur bien précis. Il doit être étiqueté « Power Delivery PPS ». Attention, c'est très précis, si le PPS n'est pas là, vous n'aurez pas la charge rapide.

Voici où trouver des chargeurs qui possèdent cette norme :

Audio

Pour sa partie audio, le Pixel 6 Pro s'appuie sur un système stéréo tout ce qu'il y a de plus classique. Celui-ci déçoit un peu après la qualité des haut-parleurs de l'iPhone 13, qui était franchement exceptionnelle, mais l'ensemble reste tout de même plutôt bon.

Comme souvent, la réglette de son semble manquer un peu de linéarité : le volume reste très bas jusqu'à 40/50 %, puis il monte drastiquement. En volume moyen, le Pixel 6 Pro livre un son plutôt agréable, avec des basses poussées, mais pas trop et une belle présence dans les aigus.

Une fois arrivé à 80/90 % en revanche, le son commence à grésiller dans les sons aigus type caisse claire, et si les baisses restent bine présentes, elles sont dépassées en volume par le reste de la plage sonore.

Au casque, on profite bien de l'audio spatial qui ajoute un vrai pus sur certains morceaux.

Réseaux et télécommunications

En appel téléphonique, le Pixel 6 Pro est un bon élève. Sur un boulevard parisien très passant, il compresse gentiment la voix en évitant la voix de robot. Si votre interlocuteur entend bien quelques bruits, ceux-ci ne prendront jamais le dessus sur vos propos. Même en cas de bruits forts, la compression reste légère. Lorsqu'on se tait en revanche, c'est le silence absolu. Absolument aucun bruit ne passe le filtre. Une petite prouesse en soi que peu de smartphones parviennent à accomplir.

Le Pixel 6 Pro propose ce qui se fait de plus moderne en termes de connectivité : compatibilité 5G (y compris pour les bandes millimétriques), Wifi 6E, NFC, Bluetooth 5.2 avec double antenne qui améliore la connexion. C'est bête, mais avec certains smartphones ou PC, mon casque Bluetooth peut souffrir de microcoupures. Je n'ai rien eu à déplorer de tel avec le Pixel 6 Pro. Google a mis les petits plats dans les grands.

Par rapport à son homologue, le Pixel 6 Pro possède une puce à bande ultra large pour une localisation et une orientation spatiale précise. La firme précise que la fonctionnalité ne fonctionne pas pour l'instant dans l'appareil. Notre supposition au doigt mouillé, c'est que Google aimerait bien lancer son propre traqueur Bluetooth façon AirTags ou SmartTag.

Le suivi par satellite est lui aussi au diapason : GNSS double bande, GPS, GLONASS, Galileo, QZSS, BeiDou.

Prix et date de sortie

Le Google Pixel 6 Pro est disponible à partir de 899 euros. Un seul coloris est prévu : noir Carbone.