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Test du LG G6 : un très bon smartphone arrivé un peu tard

Officialisé lors du Mobile World Congress 2017, le LG G6 est le premier smartphone "borderless" à voir le jour en Europe, quelques mois après le Xiaomi Mi MIX, uniquement disponible en import. Pour des raisons de calendrier (entre autres), la marque coréenne a cependant pris la décision de n'inclure qu'un processeur de l'année passée et de restreindre géographiquement certaines fonctionnalités. Avec toutes ces concessions, le LG G6 et son design si particulier méritent-ils de débourser un prix frôlant les 700 euros ? Vérifions cela ensemble.

Fiche Technique

Le LG G6 abandonne le côté modulaire du LG G5, mais reprend des caractéristiques de 2016. On retrouve ainsi un processeur Snapdragon 821 à défaut d'avoir un Snapdragon 835, épaulé par 4 Go de RAM. Son plus gros changement reste cependant l'écran qui adopte ici un ratio 18:9 afin de servir l'interface et l'expérience utilisateur.

 

Le borderless au service de l'écran

Plutôt que de jouer la surenchère de caractéristiques techniques, LG a décidé de tout miser sur le design de son G6, et on peut dire que c'est plutôt réussi, que ce soit en termes de finitions ou d'esthétique. Le résultat est notamment porté par ses bords très fins qui lui permettent de faire rentrer un écran de 5,7 pouces dans une coque de 148,9 x 71,9 x 7,9 mm, soit un ratio de 80 %. À titre de comparaison, le Galaxy Note 7, à taille d'écran identique, mesure 153,5 x 73,9 x 7,9 mm, et le Nexus 6P, également équipé d'une dalle de 5,7 pouces, fait 159,3 x 77,8 x 7,3 mm.

La largeur ne change pas trop d'un smartphone traditionnel donc, mais la hauteur est nettement réduite grâce à ses bordures horizontales limitées à leur strict minimum pour un résultat du plus bel effet. Alors certes, les bords latéraux ne sont pas incurvés comme sur le Galaxy S8, mais l'effet est tout de suite bluffant, et même plus que sur le Xiaomi Mi MIX qui en plus d'être lourd oblige à retourner le téléphone pour utiliser la caméra frontale.

Pour ce qui est du design général, LG a repris les grandes lignes de son précédent flagship, le G5, tout en apportant un changement majeur en mettant de côté la modularité et les LG Friends. Une bonne chose pour le design général qui gagne en cohérence et en finitions.

À l'arrière, on retrouve une disposition similaire à celle du G5 avec un double module photo, un flash dual-LED situé entre les deux objectifs et un capteur d'empreintes circulaires centré en dessous de l'ensemble. Cela lui donne l'air d'un petit bonhomme étonné plutôt mignon que l'on pourrait imaginer tout droit sorti de Wall-E. On remarque néanmoins l'absence du laser de mise au point, abandonné sur cette version.

Terminons le tour du propriétaire avec l'emplacement des différents composants. Les boutons de volume se situent donc sur la tranche gauche, à bonne hauteur pour une utilisation en main gauche, mais peut-être un peu haut pour une utilisation en main droite. On trouve également un port USB-C sur la tranche inférieure aux côtés d'un haut-parleur, la prise jack sur la tranche supérieure et un tiroir pour carte nanoSIM et microSD sur la droite.

Enfin, le dos ressemble de loin à de l'aluminium brossé alors qu'il s'agit en réalité d'une couche de verre Gorilla Glass 5. Au toucher en revanche, le dos de l'appareil semble fait de plastique, ce qui réduit l'effet qualitatif, mais donne une impression de solidité indéniable.

 

Un nouveau format bien pensé

Pour l'écran de son G6, LG a fait le pari de changer le format habituel afin de passer du 16:9 au 18:9, soit un ratio de 2 pour 1. Cela change donc légèrement la définition qui passe ainsi à 2880 x 1440 pixels, soit une densité de 565 PPP. Enfin, le tout est sublimé grâce à un partenariat avec Dolby pour intégrer la technologie HDR Dolby Vision, ajoutant contrastes et luminosité à l'ensemble.

Et on peut dire que le résultat est là. Avec un contraste de 1620:1 et une luminosité de 500 cd/m², le LG G6 affiche donc un très bon contraste, mais pas meilleur que celui du G5, et une très bonne luminosité, bien au-dessus cette fois-ci de celle de son prédécesseur.

Pour ce qui est de la justesse des couleurs, les plus avisés remarqueront à l'œil nu que le rouge manque de vivacité et que l'affichage est un peu plus froid que la normale, ce que confirme notre sonde qui relève 8500 K. En outre, contrairement à d'autres fabricants, LG ne propose pas de régler ce paramètre de façon logicielle. Au mieux, on peut activer la fonction "confort visuel" qui réduit la lumière bleue, mais donne immédiatement à l'écran une teinte jaune pisse assez peu agréable en journée.

Notons également que la dalle est très brillante, mais ses angles de vision restent très bons. On regrette néanmoins la présence de la fine bordure noire qui l'encadre, mais aussi et surtout ses angles, arrondis pour une meilleure immersion, mais bizarrement conçus, donnant l'impression qu'ils sont légèrement décalés (un pixel ou deux) par rapport au cadre de l'écran lui-même. Rien de bien dérangeant, mais c'est là un défaut impossible à oublier une fois qu'on l'a vu une fois.

Enfin, le format 18:9 est du plus bel effet, mais nous reviendrons plus en profondeur sur son intérêt dans la partie logicielle de ce test. On notera cependant que tous les contenus ne sont pas appropriés à ce nouveau format, et si la plupart des applications se prêtent au jeu, les vidéos par exemple sont toutes -- ou presque -- au format 16:9, ce qui force l'affichage de bandes noires de part et d'autre de  l'écran.

 

Une interface adaptée au 18:9... pas à l'utilisateur

Le LG G6 tourne sous Android 7.0 Nougat avec le dernier patch de sécurité (1er mars à l'heure de la rédaction de ces lignes), avec l'interface maison du constructeur, adaptée pour l'occasion à l'écran 18:9 de ce terminal hors du commun. On notera un effort dans les possibilités de personnalisation, malheureusement rapidement étouffées par une ergonomie laissant à désirer.

Nativement, LG a opté, comme sur le G5, pour une interface dépourvue de tiroir d'applications. Il est cependant possible de repasser à une interface plus "standard" , mais il faut pour cela se rendre au fin fond des paramètres afin de mettre à jour l'application d'Accueil (non présente sur le Google Play Store) et choisir la bonne option. Une fois le changement effectué, il est ensuite nécessaire de repositionner toutes ses applications, même si cela avait déjà été fait auparavant. En effet, si la taille de la grille peut être configurée en mode Accueil simple, elle reste fixe (3x5) en mode Accueil + Tiroir.

Sans toutes les lister, toutes les idées de LG semblent mal finies de la sorte. Le Smart Bulletin par exemple, sorte de Google Now atrophié, propose d'accéder rapidement à diverses informations tirées de LG Health ou de l'Agenda par exemple. On y trouve également un accès rapide au lecteur musical, ce qui serait une bonne chose si on pouvait y lier son compte de streaming (Play Musique, Spotify, Qobuz, Deezer...). En l'état, cet écran est donc d'une parfaite inutilité. Heureusement, ces défauts sont contrebalancés par une personnalisation extrême, depuis le thème aux touches de navigation en passant par le réglage de la puissance du vibreur, une fonction bien trop rare chez la concurrence.

Dans le même genre, le menu des paramètres est classé par onglets, ce qui pourrait éventuellement être une bonne chose, mais mettre l'écran "Réseaux" par défaut comme le premier à s'ouvrir et multiplier les menus rend toute manipulation beaucoup plus fastidieuse. Ce genre de problèmes se ressent jusque dans le clavier, où le premier caractère à apparaître sous le doigt en laissant appuyé ce dernier sur le "E" par exemple est "÷" et non "é".

Et ces défauts sont vraiment dommageables pour cette interface, pourtant pensée pour s'adapter à l'affichage 18:9. La première bonne idée provient de la mise à l'échelle des apps qui permet de choisir indépendamment pour chaque app si l'on souhaite l'afficher en 16:9 (avec de grandes bordures), en "standard" 16,7:9, ou en plein écran 18:9.

L'écran peut également se scinder en deux pour afficher deux applications simultanément, même si encore une fois l'intégration n'est pas optimale et la barre de séparation ne se déplace pas à notre guise, mais par paliers. Enfin, l'appareil photo propose une fonction "carré", mais nous reviendrons plus en détail sur ce point dans la partie consacrée.

 

Le retour d'un S821... trop optimisé ?

Alors que 2017 signe l'arrivée du Snapdragon 835, LG a préféré opter pour le Snapdragon 821, puce phare de la seconde moitié de 2016, afin de respecter son calendrier et assurer une optimisation aux petits oignons. Cette différence générationnelle se ressent néanmoins dans les performances de l'appareil.

LG a raison sur un point : la partie "offscreen" du Snapdragon 821 est largement suffisante aujourd'hui pour réaliser une grande quantité de calculs et faire tourner Android sans le moindre souci. Dès lors qu'il est nécessaire d'afficher de nombreuses informations à l'écran en revanche on sent immédiatement le retard par rapport à certains de ses concurrents, et notamment le Kirin 960 utilisé par Huawei sur les Mate 9 et P10, ou le Snapdragon 835 des Samsung Galaxy S8 et Sony Xperia XZ Premium.

En d'autres termes, le LG G6 se débrouille très bien au quotidien, mais manque de tonus dans les jeux les plus gourmands. Sur Real Racing 3 en extrême par exemple, le G6 obtient une moyenne de 35 FPS seulement pour une stabilité globale inférieure à 70 %, ce qui est plutôt bas pour un flagship.

En regardant de plus près, on s'aperçoit que la fréquence des cœurs les plus performants de son CPU joue au yoyo au cours de la partie, de même que la charge GPU. On sent que LG a souhaité optimisé au mieux la gestion du processeur pour éviter la surconsommation et la chauffe du téléphone.

Malheureusement, si le G6 affiche une bonne perdition énergétique et ne chauffe pas le moins du monde, il souffre de baisses de framerates, même sur un jeu comme Asphalt 8, pourtant bien optimisé et tournant sans hoquet sur des terminaux bien moins costauds. Ce n'est qu'en fouillant dans les paramètres d'autonomie que l'on trouve une option intitulée « Économiseur de la batterie dans les jeux », activée par défaut. Une fois cette fonction désactivée, le terminal retrouve une fluidité correcte, mais il faut le savoir, et le résultat sur Real Racing 3 n'a pas été probant.

 

Photos : l'expert en basse luminosité

Alors que le G5 avec deux capteurs de 8 et 16 Mégapixels à l'arrière, le G6 opte pour sa part pour deux modules de 13 Mégapixels. Comme sur la génération précédente, on retrouve cependant deux focales différentes, l'une standard et l'autre "grand angle" afin d'avoir une vision plus large. Contrairement à d'autres, comme le P10 par exemple, les deux capteurs ne fonctionnent pas ensemble, mais bel et bien séparément pour des rendus différents. Le tout est accompagné d'un flash dual LED. Notons cependant que le mode par défaut est en 8,7 Mpx (format 18:9) et qu'il faut passer manuellement en 16:9 ou en 4:3 pour des définitions respectives de 9,7 et 13 Mégapixels.

Ce double capteur offre une plus grande polyvalence, ce qui peut s'avérer particulièrement pratique, notamment dans les endroits un peu étriqués. Capter l'ensemble d'une fresque dans une rue étroite par exemple ou prendre en photo un groupe complet de personnes n'est plus un défi grâce au grand-angle du G6, d'autant que l'on passe d'un module à l'autre d'un simple clic. Attention cependant à la distorsion dans les coins.

 

 

 

Étonnamment, le LG G6 propose également cette double focale sur son appareil photo frontal alors que celui-ci ne dispose que d'un seul objectif. Comme quoi, ce n'est pas toujours qu'une question matérielle...

En journée, le résultat est très impressionnant, même s'il lui arrive parfois de peiner à faire la mise au point ou la balance des blancs. Même les cibles en mouvement sont généralement bien retranscrites, sauf vitesse excessive. Seul petit regret, l'affichage à l'écran est souvent moins bon que le résultat final (merci le HDR qui sauve certains clichés), mais dans ce sens, ce n'est pas un problème.

Le niveau de détails est très bon, même si on a déjà vu mieux, et la colorimétrie généralement respectée. En outre, l'utilisation du zoom numérique n'est pour une fois pas déconseillée, la qualité restant tout à fait correcte, même au grossissement maximal.

Mais le plus impressionnant avec l'appareil photo du G6, c'est surtout sa constance dans toutes les situations, et particulièrement en basse luminosité. Même dans des conditions lumineuses très difficiles, le LG G6 arrive à sortir un rendu plus que correct, avec très peu de bruit et une gestion colorimétrique parfaite. Dans les cas les plus difficiles, le flash est également un précieux allié qui n'éblouit pas trop le sujet ni le dénature.

Enfin, notons que l'interface de l'appareil photo s'adapte au format 18:9 avec un mode "carré" qui permet d'afficher le résultat rapidement à l'écran et de le partager facilement sans quitter l'appareil photo. Une particularité qui peut être intéressante pour les évènements en direct, comme un concert par exemple. Précisons tout de même que dans ce mode, la taille maximale de la photo est de 9,7 Mpx et que le mode manuel n'est pas applicable, ce qui est dommage puisqu'à part le réglage de l'ouverture, tout est là.

Réseau, GPS et communications

Sans surprise pour un smartphone haut de gamme de 2017, le LG G6 est compatible avec toutes les bandes de fréquence 4G françaises, y compris celles de 700 MHz. Il possède également toutes les dernières normes de connectivité, depuis le WiFi 5 GHz dual band au Bluetooth 4.2. Son réseau est en outre de bonne qualité et pointe facilement à plus de 90 Mbps en plein Paris sur le réseau d'Orange.

La qualité des communications est également au rendez-vous, avec un antibruit plutôt efficace qui permet d'étouffer les bruits environnants pour faciliter la discussion. De même, le GPS accroche très rapidement un grand nombre de satellites en extérieur et permet un positionnement très précis ainsi qu'une boussole fiable.

 

Autonomie : un bon cru 2017

Le LG G6 possède une batterie de 3300 mAh, bien plus imposante donc que celle du LG G5 (2800 mAh). Ce dernier était cependant bien optimisé et s'en sortait très bien au quotidien. C'est donc sans surprise que l'on obtient de bons résultats sur ce nouveau modèle, sans atteindre l'excellence des meilleurs du marché.

Lors de notre test habituel d'autonomie consistant à lire une vidéo sur YouTube durant une heure avec l'écran réglé à 200 cd/m², le LG G6 n'a perdu que 9 % d'autonomie, ce qui est un bon résultat sachant que la moyenne tourne plutôt autour de 10 ou 11 % habituellement sur les derniers modèles. On a cependant vu certains smartphones obtenir de bien meilleurs scores.

Cette tendance se ressent également au quotidien puisqu'en utilisation mixte (réseaux sociaux, WiFi et 4G, jeux, lecture vidéo...), il permet de tenir environ 6 heures, écran allumé. Cependant, si vous avez une consommation soutenue de votre smartphone, vous ne tiendrez pas beaucoup plus d'une journée, certaines utilisations étant plus gourmandes que d'autres (l'utilisation du module photo par exemple). Dans mon cas, une journée s'étalant de 8h du matin à 1h laisse le téléphone à moins de 15 % de batterie en moyenne. Aucun problème à boucler la journée donc, mais pas plus.

Précisons tout de même que le chargeur rapide fourni dans la boite permet une recharge complète en un peu plus d'une heure et demie.

 

Prix et disponibilité

Le LG G6 est prévu entre la mi-mars et le début avril au prix de 749 euros.

 

 

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