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Test du Meizu 16th : le téléphone que personne n'avait demandé

Meizu revient en France après quelques années d'absence et a décidé pour cela d'apporter son meilleur élément : le Meizu 16th, son dernier haut de gamme. De quoi lui assurer un retour triomphal ?

Fiche technique

Ce test a été réalisé à partir d'un smartphone prêté par le Meizu Store par l’intermédiaire de Wire Distribution.

Design

Le Meizu 16th n'est pas forcément un smartphone très remarquable. Son design a plutôt tendance à se fondre dans la masse, particulièrement à l'arrière où son grand dos fait de verre arbore un coloris très sobre. Le plus gros point que l'on remarque est son capteur photo, qui est orienté à la verticale, mais placé au centre.

Le double module photo est par contre vraiment protubérant, rappelant les premières intégrations de cette orientation l'année dernière. Il surplombe par ailleurs un flash LED vraiment large. Sans cela, on ne remarquera pas grand-chose de ses bords courbés, avec un gros logo Meizu à effet miroir qui comble le tout pour une vision... sobre.

L'avant est peut-être l'élément le faisant le plus "sortir du lot", si "sortir du lot" signifie appartenir à la tendance ayant précédé les encoches sur le marché. Nous avons plutôt ici deux bordures relativement fines en haut et en bas de l'écran, qui sont fort heureusement équilibrées en taille et en espace pris. Ainsi, la façade est visuellement attrayante et offre tout de même beaucoup d'espace pour son écran. Si les encoches permettent d'étirer toujours plus le ratio d'affichage, ceux ne les appréciant pas pourraient aimer cette formule. En prime, on a le droit à un véritable haut-parleur à l'avant, se cachant discrètement dans la bordure haute.

L'avant et l'arrière se collent à un cadre métallique sur lequel on retrouve sur la tranche droite les boutons de volume et de verrouillage. À gauche, il n'y a que la trappe pouvant accueillir deux cartes nano SIM. Enfin, en bas de l'appareil, on peut retrouver une prise jack sur la gauche, une prise USB type-C au centre et une grille haut-parleur à droite.

Le Meizu 16th dispose d'un lecteur d'empreintes qui est situé sous l'écran à l'avant. Celui-ci fonctionne très bien, au même niveau que le Huawei Mate 20 Pro pour l'exemple, mais est placé un peu bas par rapport à l'endroit où se repose naturellement le pouce le téléphone en main. Ce n'est pas très contraignant, on ne fait que baisser un peu le pouce, mais ç'aurait pu être mieux envisagé.

Si ses finitions ne sont pas exceptionnelles -- on regrettera par exemple le fait que le dos semble collé au cadre -- , le Meizu 16th reste tout de même agréable en main. Sa finesse et son petit poids sont ses deux plus grands arguments.

Écran

Le Meizu 16 th s'équipe d'une dalle 6 pouces Super AMOLED supportant une définition maximale Full HD+ de 1080 x 2160 pixels, soit un ratio 18:9. L'écran occupe 84,3 % de la surface avant.

Visuellement, on est loin de se plaindre de cet écran au premier abord. La luminosité est plutôt bonne, les contrastes sont corrects et les couleurs très vives. On pressent que la dalle tire vers le bleu par défaut, mais comme c'est le cas sur tous les smartphones disponibles sur le marché.

Notre sonde nous indique que la dalle couvre bien l'intégralité de l'espace sRGB. Comme prévu, elle tire quelque peu vers le bleu avec une température moyenne de couleurs à 7700 K. Sa luminosité maximale est mesurée à 451 cd/m², un score honnête qui permettra d'avoir un écran lisible en plein soleil.

Les options vous permettent de choisir entre 4 modes d'affichage changeant la plage de couleurs, la saturation et la netteté de l'écran : adaptatif, standard, photo ou dynamique. Vous avez également la possibilité de régler la température de couleurs du plus chaud au plus froid.

Logiciel

Le Meizu 16th est livré d'office avec l'interface FlyME OS du constructeur, basée sur Android 8.1 Oreo. Une mise à jour Android 9.0 Pie est bien prévue. Son patch de sécurité date du mois d'octobre 2018. Tout cela n'est pas mauvais, mais pas non plus excellent pour un téléphone actuel.

L'interface FlyME est fortement inspirée d'iOS plus qu'elle ne l'est d'Android. Cela se voit directement dans les couleurs des menus et dans l'organisation du volet de notifications qui est presque une copie carbone de celui de la marque à la pomme. Ainsi, ne vous attendez pas à voir apparaître un tiroir d'applications : il n'existe tout simplement pas.

Vous pouvez tout de même personnaliser quelques éléments, comme notamment le style de navigation (boutons, gestes ou pilule) ou le thème du smartphone. Il est aussi possible de personnaliser en de nombreux détails le comportement du téléphone, notamment en veille ou lors de la réception d'une notification.

Le tout est assez clair, mais la ressemblance avec iOS pourrait en gêner plus d'un et donne l'impression d'utiliser une « copie chinoise d'iPhone » au quotidien. Une copie qui fonctionne très bien, certes, mais une copie tout de même. Notez qu'en prime du déverrouillage par empreinte, il vous est possible de profiter du déverrouillage par reconnaissance faciale. Sans capteur 3D, la solution n'est par contre pas très sécurisée, quand bien même elle fonctionne bien.

Performances

Le Meizu 16th s'équipe du Snapdragon 845 couplé à 8 Go de RAM dans notre configuration de test. Une autre version, au coloris blanc, inclut 6 Go de RAM.

À l'utilisation, le téléphone est évidemment parfaitement fluide. Avec une telle configuration, impossible de ne pas passer d'une application à l'autre à la vitesse de l'éclair.

Le dernier SoC de Qualcomm n'a jamais eu de problème avec le jeu, et le prouve une nouvelle fois : Fortnite se lance en réglage maximal sur le Meizu 16th (qualité épique, 30 FPS) et tourne de manière parfaitement fluide. Un bonheur à jouer.

Sur PUBG Mobile, le constat reste le même : lancé en graphismes HDR avec fluidité maximale et anti-aliasing actif, le jeu tourne comme sur des roulettes et répond au doigt et à l’œil.

La chauffe de l'appareil se situe au niveau de la droite du capteur photo au dos. La température ne dépasse pas un seuil énorme et reste simplement un petit point chaud qui se dissipe rapidement qui plus est.

Appareil photo

Double capteur arrière

Le Meizu 16th s'équipe à l'arrière d'un capteur principal de 12 mégapixels Sony IMX380 à objectif ouvrant en f/1,8. Il est épaulé d'un second capteur 20 mégapixels IMX350 à téléobjectif ouvrant en f/2,6.

Notons que par défaut, le HDR est désactivé. L'intelligence artificielle est activée par défaut, mais ne sert strictement à rien. Le watermark est activé par défaut, mais est heureusement désactivable dans les options.

En plein jour, le double capteur est vraiment excellent. Les couleurs sont bien respectées, le niveau de détail est élevé, et il faut bien avouer que le cliché final est plus que satisfaisant. On regrettera uniquement que l'activation du HDR ne change pas grand-chose au cliché, dont la dynamique des blancs n'est pas exceptionnelle en soi. Ce n'est toutefois pas si grave.

En intérieur, le constat est toujours plutôt bon. Les couleurs sont bien conservées, bien qu'un peu plus contrastées qu'au réel, et le piqué de l'image est très bon. On notera tout de même l'apparition d'un petit bruit dans les recoins les plus éloignés de l'objectif, mais qui ne gêne pas vraiment : c'est très bon.

Le seul moment où l'intelligence artificielle apparaît est la nuit. Le téléphone optimise automatiquement les photos, et ça se voit : si exploitables qu'ils soient, les clichés sont très vite surcontrastés et lissés, sans pour autant effacer le bruit dans les recoins les plus sombres. Ne nous mentons pas non plus : le résultat est convaincant, mais les amateurs de clichés naturels seront déçus de constater cela.

Capteur avant

À l'avant, nous avons droit à un autre capteur 20 mégapixels à objectif ouvrant à f/2,0. Celui-ci ne supporte pas le HDR, et ça se ressent très vite : dès qu'une lumière un brin intense pénètre le capteur, tout part à vau-l'eau.

C'est dommage, puisque ce dernier n'est pas mauvais en soi. Sans ce problème de plages dynamiques, les couleurs sont très bonnes et le rendu (bien que lissé automatiquement par défaut) très correct. On notera tout de même une netteté un brin ternie en intérieur.

Mode portrait

Le mode portrait disponible sur le Meizu 16th est en soi très bon, mais il n'endigue pas le problème de luminosité du capteur avant. Les contours du sujet sont bien définis et le flou est bien travaillé, bien qu'un peu trop marqué à mon goût. Hélas, on ne peut rien modifier, pré ou post capture : le rendu sera toujours le même, décidé par le téléphone.

Autonomie

Le Meizu 16th s'équipe d'une batterie de 3 010 mAh. On ne va pas se mentir : sur le papier, c'est très peu, particulièrement pour un grand écran. On sent que le choix de faire un téléphone fin a impacté cette taille.

À l'utilisation, on ne peut s'empêcher de constater que le Meizu 16th est un peu en dessous de la moyenne. S'il arrivera à tenir une journée complète, ce sera avec une utilisation mesurée du téléphone en évitant les jeux 3D gourmands. Dans les faits, il vaudra mieux s'assurer d'avoir un point de charge à la fin d'une journée de travail avant de partir en soirée pour éviter les déconvenues. Son autonomie n'est pas dramatique, mais tout de même en dessous de la moyenne. De plus, son mode veille consomme tout de même pas mal, forçant une nouvelle fois à être attentif.

Malgré son SoC Qualcomm, le Meizu 16th ne profite pas de la Quick Charge, mais de la technologie propriétaire mCharge 24W du constructeur chinois. Cette recharge permet au téléphone de reprendre 47 % de batterie en 30 minutes de charge, de 4 à 51 %. La recharge ralentit naturellement sur les derniers pourcentages, faisant qu'une recharge complète prend 1 heure et 30 minutes environ. C'est excellent et vient au moins contrebalancer un minimum son autonomie en dessous de la moyenne.

Galerie photo

Prix et date de sortie

Le Meizu 16th est d'ores et déjà disponible en France. Deux configurations sont également disponibles : la blanche à 6 Go de RAM et 64 Go de stockage pour 469 euros, ou la noire à 8 Go de RAM et 128 Go de stockage pour 519 euros.