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Microsoft redéfinit l'App Store moderne, mais pas celui qui nous intéresse

Les plateformes et plus particulièrement les App Store gérés par les GAFAM, sont au centre des préoccupations du législateur dans de nombreux pays, en particulier aux États-Unis. Apple et Google sont régulièrement aux bancs des accusés pour leurs politiques d’éditions des applications et jeux sur l’App Store de l’iPhone et le Google Play Store sur Android.

On peut l’oublier, mais Microsoft est aussi très impliqué dans ces questions. Le géant cumule plusieurs casquettes, à la fois développeur d’applications sur les plateformes précédemment mentionnées, mais aussi éditeur du Microsoft Store sur Windows 10 et Windows 11. Dans un long communiqué, Brad Smith, président de Microsoft et à l’avant front des dossiers politiques du géant, est revenu sur la boutique d’application de Windows, mais aussi sur le rachat d’Activision Blizzard, qui devrait faire l’objet d’une analyse poussée de la FTC.

Une politique trop belle pour être vraie

Il rappelle lui-même en préambule que les législateurs aux États-Unis, dans l’Union européenne et en Corée du Sud réfléchissent à réglementer plus durement les pratiques sur les boutiques d’applications pour permettre une plus grande liberté de la part des développeurs, et ainsi une plus saine concurrence. Avec ce communiqué, Microsoft promet de prendre les devants en annonçant des règles que le Microsoft Store devra suivre, et qui devance même ce que devraient demander les propositions de loi.

Il s’agit d’un premier groupe de règles assez simple qui ressemble surtout à des principes généraux et peu précis. Le nerf de la guerre se trouve plutôt dans un second groupe de règles concernant les développeurs qui proposeront applications et jeux.

Cette liste ressemble à la liste de souhait des développeurs, notamment Epic Games, envoyée à Apple pour son App Store, mais il s’agit bien des nouvelles règles émises par Microsoft. Mais où exactement la firme va-t-elle appliquer ces règles si vertueuses pour les développeurs ? C’est bien là que le bât blesse.

Windows oui, mais pas Xbox

En effet, Brad Smith indique dans les détails que l'ensemble de ce règlement sera appliqué au Microsoft Store de Windows 10 et Windows 11. C'est une bonne nouvelle pour les développeurs qui proposent du contenu pour cette boutique, mais c'est loin d'être une force majeure du secteur. Depuis le lancement de Windows 8, l'app store de Microsoft a eu bien des difficultés à convaincre, si bien qu'il connait encore aujourd'hui peu d'utilisateurs en comparaison d'Apple, Google ou Steam.

Autrement dit, Microsoft s’engage sur un sujet sur lequel l’entreprise n’a pas grand-chose à perdre et où elle peut donc, à peu de frais, passer pour le bon élève du secteur. On en oublierait presque que la firme de Redmond a une autre boutique bien plus juteuse, celle de la Xbox, qui est encore plus fermée et réglementée que ce que peuvent offrir Apple ou Google. D’après Brad Smith, les consoles de jeux ne sont évidemment pas à comparer avec des appareils tout-en-un prévus pour un tas d’usages comme le sont les PC ou les smartphones. Il indique également que le modèle économique des consoles prévoit qu’elles soient vendues à perte et que le constructeur y trouve profit sur la vente de jeux. Si cela a pu être vrai dans le passé, il oublie que Sony et Nintendo vendent leurs consoles à profit, sans se priver de toucher une généreuse commission sur la vente de jeux.

Tout cela l’amène à expliquer que, si la première partie du règlement concerne bien le Xbox Store, ce ne sera pas le cas de la deuxième partie. « Nous nous engageons à combler l’écart sur les principes restants (la deuxième partie des règles, NDLR) au fil du temps, » indique-t-il. Sans préciser d’échéances.

Garder les jeux Activision Blizzard multiplateformes

Si Microsoft veut apparaître comme le bon élève, c’est aussi et surtout parce que le géant a signé un rachat record de 68,7 milliards de dollars pour avaler Activision Blizzard King. Il sait que le dossier sera compliqué, surtout après l’échec du rachat d’ARM par Nvidia. La firme prend donc les devants en montrant patte blanche. S’est notamment posée la question du danger pour PlayStation si la console devait perdre Call Of Duty, l’un des jeux les plus populaires de la plateforme. La réponse de Brad Smith est la plus rassurante à ce jour sur le sujet.

On comprend de façon claire que la licence Call of Duty et les autres jeux Activision Blizzard continueront d’être disponibles sur PlayStation, même au-delà des contrats en place avant l’acquisition. Attention, même avec cette déclaration, il reste encore des failles dans lesquelles Microsoft pourra se glisser pour changer d’avis à l’avenir. Par exemple, la promesse n’empêche pas les nouvelles licences de l’éditeur de devenir des exclusivités Xbox. Si Call of Duty devrait bien demeurer disponible sur PlayStation, notamment avec Warzone, rien n’empêche Microsoft de se garder l’exclusivité d’une campagne ou d’un épisode.

https://www.frandroid.com/marques/microsoft/740536_app-store-google-play-store-xbox-amazon-store-combien-touchent-les-developpeurs-sur-vos-achats