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Comment Microsoft a failli intégrer un émulateur PlayStation à la Xbox

L'Histoire de l'industrie du jeu vidéo est marquée par ses péripéties et ses retournements de situation improbable. On ne parlera pas ici de l'arrivé de Sony sur le marché, poussé par une trahison de Nintendo, ni même du développement du processeur de la Xbox 360, directement lié aux choix de Sony sur celui de la PlayStation 3, mais d'une autre décision assez intéressante qui a sans aucun doute changé l'Histoire du jeu vidéo.

Seamus Blackley, l'un des créateurs de la première Xbox chez Microsoft, a confirmé hier que la première console de la firme aurait pu intégrer directement un émulateur de jeux PlayStation 1 sur son disque dur. C'est Steve Ballmer, président de Microsoft à ce moment, qui posera son veto sur l'idée.

https://twitter.com/SeamusBlackley/status/1272720435860221952

Un PC Windows sous la TV

En 1999, après l'annonce de la PlayStation 2 par Sony, Seamus Blackley a l'idée d'une console de jeu sur laquelle la programmation se ferait avec DirectX, l'API de programmation pour les jeux vidéo intégrés à Windows et développés par Microsoft. Cette industrie est à l'époque contrôlée entièrement par le Japon : Nintendo, Sega et Sony en sont les maitres incontestés. Le Project « Midway » va continuer sa gestation dans une équipe de seulement 4 personnes : Seamus Blackley, Ted Hase, Otto Berkes et Kevin Bachus.

Microsoft voyait la PlayStation 2 comme un danger pour le marché du PC grand public, notamment pour les usages multimédias et liés aux jeux vidéo. En interne, deux équipes s'opposaient pour représenter Microsoft sur ce terrain : l'équipe Xbox, qui développe une console basée sur un PC avec DirectX et Windows, ou l'équipe WebTV, l'ancêtre de la box TV qui pouvait se connecter à son téléviseur pour accéder à un portail web. Pour l'anecdote, un certain Andy Rubin, avait été débauché chez Apple pour rejoindre l'équipe Web TV quelques années auparavant.

C'est bel et bien l'équipe Xbox qui parviendra à convaincre Bill Gates : sa console de jeu pouvait bénéficier des prix des composants produits en volume sur le marché du PC pour être peu couteuse à fabriquer, tout en réutilisant certains composants logiciels de Windows pour tourner, et essayer de convaincre les développeurs de jeux PC de travailler également sur Xbox. L'équipe évoque aussi l'idée de renouveler la Xbox tous les deux ans, comme un ordinateur, pour garder une puissance de premier ordre.

C'est Ed Fries, qui a aidé Microsoft a développé son activité jeu vidéo (et qui aura un rôle important plus tard dans le rachat de Bungie et Rare) qui finit de convaincre Bill Gates en insistant notamment sur la possibilité d'intégrer un disque dur dans la Xbox. C'est, d'après lui, la prochaine évolution majeure des consoles de jeux.

Une idée à 10 millions de dollars

C'est à ce moment que Kevin Bachus, l'un des quatre membres de l'équipe Xbox, découvre le logiciel « Bleem! » développé à Los Angeles. Il s'agit d'un émulateur commercial permettant de faire tourner les jeux PlayStation sur un PC. Microsoft réfléchit alors à intégrer ce logiciel directement sur le fameux disque dur de la Xbox. Il faut se souvenir que la PlayStation 2 intégrait une rétrocompatibilité quasi parfaite permettant de faire tourner tous les jeux de la première PlayStation. L'équipe de développement Xbox a fait plusieurs démonstrations en interne du logiciel intégré dans une Xbox pour faire tourner les jeux PlayStation.

Microsoft va tout de même aller jusqu'à une réunion avec l'équipe de développement de « Bleem! » et une proposition de rachat, évaluée à près de 10 millions de dollars. Ce sont les développeurs du logiciel qui refuseront le rachat, avec une contreproposition un peu trop élevée, même pour Microsoft, pour une simple licence d'utilisation de l'émulateur, sans rachat, et 100 millions de dollars de royalties pour « Bleem ! ». Sans ce rachat, Steve Ballmer décide de ne pas poursuivre l'intégration de l'émulateur dans la Xbox.

Le logiciel sera finalement commercialisé en 1999 sur PC et Dreamcast, mais la société fera faillite en 2001, après de nombreux démêlés judiciaires avec Sony.