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Essai du Niu MQi GT Evo : un scooter électrique 125 cc aux performances redoutables

NIU est l’une des marques les plus notables dans l’univers des scooters électriques, notamment grâce à son best-seller, le NQi Sport, que nous avions récemment essayé. Mais si le constructeur produit d’excellents modèles équivalents 50 cc, il n’est pas particulièrement reconnu dans le domaine des 125 cc. Pour preuve, nous n’avions pas été convaincus par le NQi GTS Sport, qui était notamment trop limité par sa vitesse de pointe.

Cependant, l’annonce du MQi GT EVO semblait changer la donne. Nous avions d’ailleurs été séduits par la bête lors de notre récente prise en main, en particulier grâce à sa vitesse maximale pouvant atteindre les 100 km/h. Voyons maintenant ce qu’il vaut dans la vie de tous les jours, après l’avoir testé pendant toute une semaine dans des conditions réelles.

Fiche technique

Ce test a été effectué à partir d'un modèle prêté par la marque.

Design

Le design du MQi GT Evo est fidèle à la marque, reprenant l’emblématique phare circulaire à l’avant, une impressionnante palette de neuf couleurs, ainsi que des courbes racées et futuristes, sans non plus arriver au niveau d’un BMW CE04 ou d’un Pink Fly. Il faut dire que malgré son suffixe GT, le deux-roues reste relativement compact pour un 125 cc, mesurant 117,1 x 70 x 194,9 cm.

En dépit de ses dimensions réduites, il offre un confort correct à deux, grâce à la selle biplace, aux barres de maintien à l’arrière et aux repose-pieds intégrés au carénage. Les plus grands seront cependant à l’étroit, notamment car l’espace pour les genoux et les jambes du conducteur est limité.

Les batteries du MQi GT Evo sont situées sous la selle et en occupent la grande majorité, rendant la capacité d’emport quasi nulle. Il faudra donc impérativement investir dans un top-case pour y stocker un casque ou des emplettes. Un crochet a le mérite d’exister, mais n’est pas complété par un vide-poche ou une prise USB.

C’est d’autant plus étonnant que l’écran couleur du scooter est grand et moderne. Ce dernier propose trois modes d’affichage personnalisables et affiche de nombreuses informations clés en plus de la vitesse et du mode de conduite, comme des statistiques et une courbe de consommation d’énergie, l’autonomie restante, l’heure et la température extérieure.

Malheureusement, sur notre modèle de test, celle-ci affichait constamment 0º alors qu’il faisait plus de 25º. Bug qui devrait être corrigé via une prochaine mise à jour, selon la marque. Une future version du logiciel devrait permettre également d’afficher la navigation directement sur le tableau de bord, ce qui le rendrait encore plus utile.

Espérons que celle-ci arrive vite, car nous avons plusieurs fois eu la mauvaise expérience de voir l’écran s’éteindre au beau milieu de la route, nous obligeant à nous arrêter sur le bas-côté pour le redémarrer. Par ailleurs, il ne tombe pas instinctivement sous le regard en conduisant et on peut lui reprocher d’être difficile à lire en plein soleil.

Le reste du guidon est bien pensé, avec sur la gauche le klaxon, le commutateur de feux de route, complété par une bague permettant de faire des appels de phares, les clignotants à retour automatique, les warnings et le régulateur de vitesse. Ce dernier est peu utile et son placement juste à côté des warnings est très discutable, au risque de créer quelques frayeurs sur voie rapide en les confondant l’un et l’autre. Mieux vaut donc bien savoir sur quel bouton on appuie.

À droite sont disposés : un commutateur de phares, un coupe-circuit, le sélecteur de mode de conduite, ainsi qu’un bouton ready. Ce dernier est d’ailleurs capricieux, puisqu’il bascule le scooter en position P lorsqu’on l’actionne par inadvertance à l’arrêt.

Malgré une ergonomie discutable, les finitions sont globalement bonnes et, en dépit de son prix, le scooter paraît solide et durable. Son poids de 128 kg contribue peut-être à cette sensation de solidité, mais le rend très lourd pour sa taille. Le poids se fait vite ressentir, notamment à l’arrêt et en stationnement. Une marche arrière aurait été la bienvenue pour simplifier les manœuvres et il est étonnant que Niu n’y ait pas pensé.

Application

Le scooter est fourni de série avec une connectivité 4G embarquée ainsi qu’un récepteur GPS. Celui-ci ne permet pas encore de fournir une navigation en temps réel sur l’écran, même si une future mise à jour devrait proposer cette fonctionnalité.

L’application permet notamment de localiser le scooter, de consulter l’état de la batterie et les statistiques des derniers itinéraires. Elle est utile en cas de vol ou simplement pour retrouver son point de stationnement. Elle est également couplée à l’alarme et fournit des notifications en direct, dès que le scooter bouge… d’un micron. En effet, nous avons été spammés par un nombre de notifications assez lunaire, nous faisant croire que le scooter avait été vandalisé, alors qu’il dormait paisiblement dans un parking.

Enfin, il n’est pas encore possible de démarrer le scooter en utilisant l’application, mais Niu nous a glissé qu’elle permettrait de le faire dans le futur.

Conduite

En testant un scooter électrique, l'avertissement est souvent le même :  « attention, ça démarre fort », ce à quoi nous avons tendance à sourire sans trop nous en inquiéter, tellement certains offrent des performances limitées. Quand le représentant Niu nous a mis en garde, nous l’avons donc tout bonnement ignoré. Et pourtant, le MQi GT Evo démarre vraiment fort.

En mode Sport, les accélérations et les reprises sont tout bonnement décoiffantes. Le deux-roues permet d’aller jusqu’à 100 km/h, une vitesse rarement atteinte sur un scooter électrique de ce format. Il n’y a pas à dire, la nervosité de l’engin le rend vraiment agréable à conduire sur voie rapide. À vrai dire, je me suis même amusé à coiffer au poteau quelques motos au feu rouge, chose dont il est difficile de faire avec un scooter électrique.

Le mode Dynamic n’est pas en reste et se révèle plus que suffisant sur le périphérique parisien. Il offre de bonnes performances et une vitesse maximale de 75 km/h, avec des accélérations et des reprises satisfaisantes. Enfin, le mode Eco est parfait pour la ville, limitant la vitesse à 45 km/h et économisant la batterie.

Le MQi GT Evo est maniable et stable à la fois ville et sur voie rapide, comme une départementale ou le périphérique. En revanche, les choses se compliquent sur autoroute, où le deux-roues devient très sensible au vent et perd en stabilité. L’absence de bulle signifie de série également que le conducteur prend le vent en pleine face, ce qui est loin d’être agréable à plus de 90 km/h. Certes, il est facile d’en installer une, mais il est assez contradictoire de ne pas la proposer de série sur un scooter offrant une telle vitesse de pointe.

Avec ses performances sportives, le MQi GT Evo se doit d’offrir un bon freinage. Heureusement, il est satisfaisant, sans pour autant être exceptionnel. En revanche, les crissements produits lors du freinage par notre modèle d’essai n’étaient pas très rassurants et nous faisaient douter de la durabilité de l’engin sur le long terme.

Bien que le MQi GT Evo soit capable de prouesses, il se débrouille aussi très bien en ville à faible vitesse et peut facilement se faufiler entre les voitures. En effet, ses rétroviseurs ne dépassent pas de la largeur du guidon et permettent de se frayer facilement un chemin. Malheureusement, leur visibilité est très mauvaise et j’ai manqué de peu de me prendre un bus sur le périphérique. Il faut donc bien penser à tourner la tête et à ne pas se fier aux rétros.

À noter cependant que, comme la grande majorité des scooters électriques, le MQi GT Evo va limiter les performances une fois votre niveau de batterie passant sous les 30 %. Heureusement, les deux accumulateurs peuvent être connectés simultanément, ce qui évite d’avoir à intervertir les batteries sur le bas-côté.

Une fois le trajet terminé, le MQi GT Evo reste facile à garer, mais son poids se fait sentir et il aurait été préférable d’y associer une marche arrière pour faciliter les manœuvres. De même, Niu semble avoir fait les choses à moitié au niveau des béquilles, puisque la latérale le place en position P, mais la centrale ne fait rien. Cette dernière n’est d’ailleurs pas très stable et le scooter a tendance à vaciller dès qu’il est frôlé.

Terminons enfin par la télécommande, qui permet de démarrer et d’arrêter le scooter sans clé. Sa portée est malheureusement trop limitée et il faut littéralement être à moins de 30 cm pour qu’elle fonctionne. On aurait également apprécié que le deux-roues puisse s’éteindre automatiquement dès lors que l’on s’en éloigne. Ça n’est pas la fin du monde, mais Niu aurait pu faire un effort sur l’implémentation.

Autonomie et recharge

Le scooter est livré en standard avec deux batteries, permettant d’atteindre une autonomie de 75 km selon le fabricant. Fait rarissime, nous l’avons mesuré à 85 km en combinant les modes Sport et Dynamique, ce qui est donc 10 km de plus que ce qu’annonce Niu. Il faut également souligner que le scooter est lui-même capable d’estimer l’autonomie et de l’afficher sur le tableau de bord, ce que trop peu de scooters électriques font.

Une telle autonomie est correcte pour un usage quotidien et les batteries amovibles de 14,5 kg sont censées faciliter la recharge. Mais c’est sans compter sur le système complètement archaïque : dans un premier temps, les batteries sont à connecter manuellement avec des câbles. Certes, c’est le cas de nombreux autres scooters, mais on s’attendait à mieux en 2022. Ensuite, une fois les batteries sorties, il est bien possible de les charger en même temps, mais pour se faire, il faut connecter le chargeur à un T et brancher les batteries individuellement.

Cette installation occupe donc la moitié de votre salon, sans parler du fait que le chargeur ne rentre pas sous la selle. Il faudra donc lui réserver une place dans vos placards ou le transporter avec vous si vous êtes à court de batterie. Heureusement, Niu a pensé à fournir un sac à dos en toile pour le transporter…

Enfin, il est regrettable que le chargeur ne soit pas silencieux, car même s’il ne fait pas de bruit au départ, les ventilateurs vont vite se mettre en branle et créer une nuisance sonore importante. Fort heureusement, il est possible de recharger le scooter en le branchant directement sur une borne ou une prise secteur (dans un garage par exemple), mais il ne sera pas possible de ranger le chargeur sous la selle pendant la recharge, et il faudra donc le laisser traîner par terre.

Terminons cependant sur une bonne note, le MQi GT Evo dispose d’une batterie interne, capable de faire fonctionner l’alarme et la géolocalisation même si les accumulateurs sont retirés.

Prix et disponibilité

Même si le MQi GT Evo n'est pas parfait, il est proposé au tarif très attractif de 4 999 euros, auquel il faudra déduire le bonus écologique de 525 euros, réduisant ainsi le prix final à 4 474 euros, soit à peine plus cher qu'un équivalent thermique. À ce prix, le scooter est assez bien équipé, puisqu'il intègre une alarme avec géolocalisation, une connectivité Bluetooth et data, le démarrage sans fil et deux batteries.