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Test du Samsung Galaxy Z Fold 2 : on prend si vite le pli

Plus que les autres tentatives du géant sud-coréen en la matière, le Galaxy Z Fold 2 marque un tournant dans l'instauration du nouveau paradigme que Samsung rêve d'instaurer dans les années à venir. En effet, dans le futur imaginé par la marque, le smartphone pliant est la norme.

Or, ce nouvel appareil, par sa conception et ses finitions, est largement plus abouti que son prédécesseur est semble plus à même d'incarner les prémices de cette nouvelle ère voulue par Samsung. Nous avons testé le Galaxy Z Fold 2 pour vous livrer un retour complet sur ce smartphone pliable.

Notre test du Galaxy Z Fold 2 en vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=CIJceX9vV9A

Notre test écrit a été publié le 11 septembre 2020. L'article a ensuite été mis à jour le 21 septembre : nous y avons ajouté la vidéo ci-dessus.

Fiche technique du Samsung Galaxy Z Fold 2

Ce test a été réalisé à partir d'un Galaxy Z Fold 2 prêté par Samsung.

Plus qu'un savoir-faire, un savoir-bien-faire

Le Samsung Galaxy Z Fold 2 intrigue essentiellement par son design. Vous allez le voir, sur les autres parties de ce test, nous allons voir que cet appareil s'aligne plus ou moins avec ce que l'on attend d'un produit haut de gamme en 2020. Or, son esthétique sort complètement du commun, car nous parlons ici d'un smartphone pliable.

Pour la peine, Samsung persiste et signe avec sa vision des choses. Le Galaxy Z Fold 2 se plie ainsi vers l'intérieur afin de protéger son grand écran pliable quand il est rangé dans la poche ou posé sur une table. À titre de comparaison, le concurrent Huawei, avec le Mate XS, préfère une pliure vers l'extérieur qui favorise l'effet « wahou », mais pose plus de risque pour la dalle souple.

En effet, pour pouvoir plier un écran à l'envi, il faut utiliser une dalle constituée essentiellement de couches de plastique. Un matériau certes plus souple que le verre, mais aussi plus exposé aux potentielles rayures. Le Galaxy Z Fold 2 veut donc éviter ce genre de risques. En conséquence : l'appareil est constitué de deux écrans : un petit à l'extérieur, en verre, rigide et robuste et un grand à l'intérieur qui se plie.

Il faut déjà comprendre et approuver cette philosophie de Samsung pour l'apprécier. À titre personnel, je trouve le choix de la marque tout à fait pertinent même s'il est encore soumis à deux contraintes importantes : l'épaisseur et le poids.

Commençons par le premier point : le Galaxy Z Fold 2 est épais de 16,8 mm quand il est replié. C'est à peu près l'équivalent de deux smartphones. Autant dire qu'il faut avoir des poches assez grandes ou un sac adéquat à disposition pour le transporter. À terme, on s'y habitue, même si c'est assez perturbant. Samsung a encore une belle marge de progression pour affiner son produit.

Le poids maintenant. Comptez 279 grammes. Là aussi, le Galaxy Z Fold 2 est largement au-dessus de la moyenne compte tenu du fait qu'on estime qu'un smartphone est lourd dès qu'il tourne aux alentours de 210 grammes. Ici, je préciserai toutefois que le fait de savoir que l'appareil peut être déplié et utilisé au format tablette permet presque d'oublier ce défaut. Eh oui, comme je sais que le téléphone offre cette particularité atypique, je suis plus enclin à accepter sa masse imposante. Je pense que d'autres utilisateurs sont dans le même état d'esprit. On peut par exemple se dire que le Galaxy Z Fold 2 est une tablette de 279 grammes et cela devient tout de suite moins choquant.

Voilà, nous avons posé quelques bases essentielles. Une fois ce postulat bien digéré, nous pouvons pleinement apprécier ce que ce smartphone a à nous offrir-- pour un appareil à 2000 euros, ce verbe n'est peut-être pas très bien choisi. Le Galaxy Fold 2 est une source d'émerveillement pour quiconque apprécie la technologie et les produits innovants. Même si celles et ceux qui ne comprennent pas l'utilité d'un tel appareil ne sauraient remettre en question la prouesse technique de Samsung qui a déployé des trésors d'ingénierie pour parvenir à ses fins.

Si le Galaxy Fold de 2019 permettait de montrer au monde entier que le géant sud-coréen savait faire des smartphones pliables, ce Galaxy Z Fold 2 prouve que Samsung sait désormais bien les faire. L'écran en façade occupe une grande partie de la surface qu'il occupe, ce qui rend son utilisation bien plus pertinente. Certes, cette zone d'affichage est encore encadrée de bandes noires assez visibles, mais celles-ci ne sont pas plus épaisses que sur un smartphone traditionnel. Le poinçon sur le front est lui aussi très classique.

Déplions maintenant le Galaxy Z Fold 2 et prenons déjà le temps d'apprécier la douce résistance offerte par la charnière qui a été renforcée par rapport au premier modèle. Ouvrir l'appareil devient un geste bien plus rassurant. On peut d'ailleurs « arrêter » le pliage à peu près quand on veut et grâce à cela, le smartphone s'utilise posé sur une table en mode assis ou stand si on le souhaite. Nous attarderons sur ce sujet plus tard, dans la partie dédiée au logiciel.

Nous voilà donc maintenant face au grand écran interne du Galaxy Z Fold 2. Disons-le d'emblée : oui, la pliure est assez facilement distinguable, surtout si on l'observe sous la lumière d'une ampoule. Cependant, elle ne gêne pas plus que cela à l'usage. D'une part parce qu'en tenant l'écran allumé face au regard, la ligne disparaît en grande partie. D'autre part, parce que le renfoncement sous le doigt n'est pas du tout profond.

D'ailleurs, en ce qui concerne le toucher, même si cette grande dalle est essentiellement conçue de plastique, une fine couche de verre ultra fin a été intégrée comme cela était le cas sur le Galaxy Z Flip. La sensation sous le doigt est donc bien plus agréable. Normalement, la résistance de l'écran devrait aussi être améliorée, mais nous préférons et recommandons de ne pas trop éprouver cette théorie.

Sur le Galaxy Z Fold 2, le grand écran interne se présente sans encoche disgracieuse. Au lieu de cela, on retrouve ici un poinçon pour loger le capteur photo frontal. En outre, le cadre autour de cette dalle ne gêne pas. C'est bel et bien une mini tablette agréable à utiliser que l'on tient entre les mains. On notera d'ailleurs sur les rebords, près des angles à droite en haut et en bas, la présence de petits embouts en plastique permettant d'amortir le choc quand on replie le téléphone. N'y allez pas comme un bourrin, mais disons que l'appareil n'est pas en sucre non plus.

Au dos, notre modèle de test se nippe d'un verre mat au coloris bronze du plus bel effet. Sur le Galaxy Note 20 Ultra, cette finition avait déjà su nous séduire exactement de la même manière. Samsung s'est vraiment dépassé sur cette couleur. Sachez qu'il existe aussi une version noire, mais habillée de verre glossy.

Toujours sur la face arrière, le triple module photo rectangulaire dépasse en relief, ce qui peut rendre le téléphone bancal, lorsque posé à plat. Sinon, le lecteur d'empreintes se trouve sur la tranche droite -- même au format tablette --, sous les touches de volume, et sert aussi de bouton de déverrouillage.

Le Galaxy Z Fold 2 profite de deux haut-parleurs, un en haut, l'autre en bas, et aussi d'un port USB-C. La prise jack 3,5 mm n'a pas été préservée et le téléphone ne jouit pas non plus d'une certification IP68 pour garantir sa résistance à l'eau et à la poussière. Pour se plier sans cassure, l'appareil laisse volontairement quelques espaces vides qui empêchent son étanchéité. Faites aussi attention au fin interstice entre les deux volets du smartphone quand il est replié.

De petites boules de tissus venant du fond de la poche peuvent s'y immiscer pour aller s'accrocher sur l'écran interne. Pire, un objet pourrait s'y glisser et abîmer l'appareil. Dans mon cas, ma carte de transports en commun s'est déjà retrouvée à deux ou trois reprises dans ce cas. Pas de dommage à signaler, mais les choses pourraient être bien plus graves avec des clés par exemple.

Enfin, autorisons-nous un dernier mot sur la charnière qui arbore au passage le logo de Samsung. Celle-ci est bien imposante et visible lorsqu'on est au format smartphone, mais disparaît complètement de notre vue au format tablette. Dans cette disposition, le Galaxy Z Fold 2 vu de dos ressemble à deux téléphones côte à côte.

Deux écrans, double plaisir

Deux écrans AMOLED s'offrent ici aux yeux des possesseurs de Galaxy Z Fold 2. À l'extérieur, on a la dalle à consulter en mode smartphone : 6,2 pouces, ratio 25,9 et définition HD+. À l'intérieur, c'est une diagonale plus grande de 7,6 pouces qui nous attend avec un ratio presque carré de 22,5:18 et une définition QXGA+ (très semblable au QHD+). Cet écran plus large est celui qui se plie, mais aussi celui qui profite d'un mode 120 Hz adaptatif. Le taux de rafraîchissement baisse ainsi en fonction des applications et peut même chuter à 10 Hz sur les images fixes afin de préserver la batterie. Sur les jeux vidéo et la navigation dans l'interface système, les 120 images par seconde sont toujours aussi agréables tant elles favorisent la sensation de fluidité.

Samsung n'a eu de cesse au cours des dernières années de montrer l'étendue de son expertise en termes de qualité d'affichage. Ce smartphone ne déshonore pas ce bel héritage, sur aucun de ses deux écrans. Ces derniers sont d'ailleurs presque aussi bons l'un que l'autre. Contraste infini et parfait de chaque côté et luminosité très élevée mesurée à 610 cd/m² à l'intérieur comme à l'extérieur. Autant dire que même le plus éclatant des soleils ne saurait perturber la lisibilité.

Sachez que par défaut, ce Galaxy Z Fold est réglé sur un mode « vif » qui sublime un peu les couleurs, mais à la sortie de la boîte, le curseur de la température des couleurs est réglée un cran vers le chaud pour éviter des tonalités trop bleues. Cela permet d'avoir une température moyenne tournant un peu en dessous de 6500 K, ce qui est donc très proche du niveau jugé comme étant parfait.

En outre, notre sonde et le logiciel CalMan de Portrait Displays révèlent que le Galaxy Z Fold 2 est très bon pour afficher une grande variété de couleurs. Le petit et le grand écrans couvrent ainsi 202 % de l'espace colorimétrique sRGB facile à gérer. Le DCI-P3, plus vaste et compliqué à englober, et couvert à hauteur de plus ou moins 136 % sur chaque dalle. Tout va bien dans le meilleur des mondes donc.

Il faut cependant savoir que Samsung aime vraiment embellir les choses et les couleurs que son appareil affiche ne sont ainsi pas très fidèles à la réalité. En témoigne un Delta E moyen sur le DCI-P3 mesuré à 5,65 sur le petit écran et à 6,41 sur le grand. Cet indice devrait plutôt s'approcher de 3 pour être vraiment réaliste. Sur chacune des dalles, on remarque que c'est essentiellement sur le rouge et ses nuances que le Galaxy Z Fold 2 s'éloigne grandement de ce qu'il devrait normalement afficher.

Voilà pour les quelques retours techniques. Toutes ces données techniques dressant un portrait plutôt positif n'occultent toutefois pas une petite critique : l'écran externe est certes bien plus agréable à utiliser que celui de la première génération de Fold, mais ce ratio 25:9 le rend très étroit et d'aucuns pourraient rencontrer quelques difficultés à taper correctement sur les petites touches du clavier physique.

Plus embêtant, ce format atypique ne convient pas à l'immense majorité des vidéos. Ainsi, pour profiter d'une vidéo 16:9 ou 18:9 dans son entièreté sur cette dalle, il faut accepter d'avoir de très grosses bordures noires sur les côtés. Si on veut que ladite vidéo occupe tout l'écran, l'image devient trop zoomée. Par ailleurs, on pourrait regretter que la définition n'atteigne pas le Full HD.

Sur l'écran interne, consommer une vidéo se fait aussi au prix de larges bandes noires, mais c'est moins gênant, car l'image est plus grande et toujours plus complète. L'expérience reste agréable.

One UI : quelques grincements dans la perfection

Le Samsung Galaxy Z Fold 2 tourne sous Android 10 avec l'interface maison One UI. Comme sur les autres appareils de la marque, cette expérience logicielle est vraiment très plaisante en soi avec un joli design, et une navigation dans le système très intuitive, agréable et adaptée aux grands écrans puisqu'une bonne partie des éléments d'interaction sont abaissés et accessibles au pouce.

Mode sombre, choix entre deux navigations par gestes, enregistreur d'écran natif... On retrouve toutes les fonctionnalités classiques et attendues sur One UI. En cela, c'est parfait.

Saluons aussi la très fluide complémentarité entre l'écran externe et l'écran interne. Fluidité qui se ressent surtout lors du visionnage d'une vidéo en mode smartphone. Pendant la lecture, vous pourrez ouvrir le Galaxy Z Fold 2 et profiter de votre contenu dans de meilleures conditions sans interruption. En cela, Samsung a fait un très gros boulot. Par ailleurs, ces remarques mélioratives sont aussi valables lorsqu'on passe de la grande dalle à la petite. Pour cela, il faut simplement penser à indiquer, dans les paramètres d'affichage, les applications qui doivent continuer à tourner quand vous repliez l'appareil. Autrement, ce geste provoque le verrouillage du téléphone. Personnellement, j'ai donné cette autorisation à YouTube et Google Maps.

Hélas, aussi agréable que soit One UI, le Galaxy Z Fold 2 connaît quelques accrochages. J'ai été confronté à trois bugs, peu graves mais marquants, pendant mon utilisation du téléphone. Le premier, le plus récurrent, concerne une animation. Plusieurs fois, écran déplié, en quittant une app pour revenir à l'écran d'accueil, les icônes présentes sur ledit bureau ne s'affichaient pas immédiatement. Je pouvais ainsi voir mon fond d'écran dans sa totalité pendant 2 secondes environ avant que les éléments évoqués se chargent.

Sur le navigateur Chrome, à deux ou trois reprises, lorsqu'un site consulté lisait une vidéo et que je passais en mode paysage, un pan de l'écran n'affichait plus qu'un rectangle noir. Ce souci d'affichage est toutefois facile à régler en fermant puis rouvrant l'app. Enfin, un autre bug concerne YouTube et s'est manifesté deux fois. Que s'est-il passé ? Le Galaxy Z Fold 2 n'affichait pas une qualité vidéo au-delà des 720 p quand bien même le grand écran a une définition similaire à du QHD+. Il a fallu que je supprime les données de l'application pour revoir apparaître les options 1080 ou 1440 p.

Nous pourrions aussi évoquer les quelques soucis d’optimisations empêchant certaines applications de fonctionner sans heurt d'un écran à l'autre. Par exemple, si vous lancez Instagram en mode tablette, que vous refermez votre terminal puis que vous retournez sur le réseau social depuis la dalle externe, un message d'erreur va s'afficher pour vous prévenir qu'Instagram est obligé de redémarrer.

Ici, la faute ne revient pas totalement à Samsung, dans le sens où c'est aux développeurs d'applications de s'adapter à ce format pour l'investir au mieux. Le géant sud-coréen va devoir les inciter à s'atteler à cette tâche rapidement.

Reste aussi la question de l'occupation de l'écran interne. Nous l'avons évoqué plus haut, une vidéo YouTube au format 16:9 ou 18:9 aura deux gros bandeaux noirs en haut et en bas, mais ce n'est pas très embêtant. À l'inverse, on tique plus en voyant que le flux d'actualité d'Instagram ne s'étale pas davantage sur l'espace qui lui est offert. C'est un peu dommage, mais esthétiquement, le rendu est encore assez bon pour ne pas frustrer. Une application comme Xiaomi Mi Fit par contre, si elle est ouverte depuis le petit écran et ensuite consultée sur le grand, n'occupera qu'un fin espace de la dalle. Il faudra redémarrer l'app pour un affichage adapté.

Voilà donc pour les quelques éléments à peaufiner par Samsung et les développeurs d'applications. L'ère des smartphones pliants n'en étant qu'à ses tous débuts, on peut comprendre que la formule ne soit pas encore parfaite à ce niveau-là. D'autant plus que le constructeur a quand même déjà posé quelques bases. Ainsi, certaines apps profitent de quelques ajustements pour l'écran pliable au travers du Flex Mode.

Le Flex Mode permet en effet d'utiliser certains services quand le smartphone est en position assise. Par exemple, l'interface de l'appareil photo va afficher l'aperçu sur la moitié haute, les photos récemment prises sur la moitié basse posée à plat sur la gauche tandis que les boutons d'interaction sont à droite. Pour certains selfies ou pour profiter d'un trépied de fortune, cela peut être vraiment pratique.

Des applications comme YouTube et Google Duo profitent aussi d'une compatibilité avec Flex Mode. Sur la première, ce n'est pas très pertinent puisqu’on ne profite pas pleinement de la vidéo et les commentaires sur la partie inférieure sont vraiment lisibles seulement si on se penche en avant.

Sur la seconde, c'est bien plus intéressant, car la position assise du Galaxy Fold 2 a une utilité pour les visioconférences. Il suffit juste de quelques boutons sur la partie inférieure de l'écran et un retour vidéo sur la partie haute.

Pour taper du texte quand le téléphone est assis -- comme s'il s'agissait d'un ordinateur --, je n'ai pas trouvé l'expérience follement convaincante, mais si cela vous intéresse je vous conseille d'utiliser le clavier Gboard de Google ou Swiftkey de Microsoft, car ils occupent bien l'espace alors que celui de Samsung se divise en deux parties avec une troublante séparation des touches au milieu. Ce n'est pas très pratique.

Très intéressante, mais pas vraiment plébiscitée par Samsung, l'option « Disposition de l'écran et zoom » a un nom à rallonge, mais elle se montre bien pratique. En effet, cette fonctionnalité rangée dans les paramètres d'affichage permet d'arranger la manière dont se présentent certaines applications sur le grand écran. Au lieu de simplement profiter d'une interface agrandie, le Galaxy Z Fold 2 peut adopter le comportement d'une tablette et réorganiser certains éléments pour que l'utilisateur voie plus de choses à l'écran. Sur l'application de téléphone par exemple, les contacts s'afficheront à gauche et les détails sur eux à droite.

Attention, certaines applications ont besoin que l'appareil soit tenu à l'horizontale pour que leur interface s'adapte de cette manière. C'est le cas par exemple de Gmail, YouTube et YouTube Music. Dans l'immense majorité des cas, j'ai trouvé cette disposition fort à propos et plus agréable.

Pour améliorer votre productivité sur le grand écran, vous pouvez ouvrir trois applications en même temps. La manière la plus simple pour ce faire et de tirer sur la petite languette rangée sur le côté de droit de l'écran. Depuis ce menu latéral, vous allez pouvoir voir l'ensemble des applications fonctionnant en affichage fractionné et faire un glisser-déposer de celles qui vous intéressent. Quand vous aurez trois apps ouvertes en même temps, un petit bouton au centre de l'écran vous permettra de modifier la disposition ou de sauvegarder ce trio dans vos favoris pour y avoir accès plus facilement après.

Enfin, un petit mot sur le lecteur d'empreintes à droite du téléphone. Celui-ci m'a parfois agacé puisqu'il refusait par moment de reconnaître mon pouce pour des raisons qui m'échappent encore. Côté service SVoD, smartphone premium oblige, vous n'aurez aucun souci pour lire des contenus en qualité HD. Le Galaxy Z Fold 2 profite du DRM Widevine au niveau de sécurité L1 (le plus élevé).

Plier, déplier, replier et redéplier

Le Galaxy Z Fold 2 est un objet assez unique. Et à ce stade du test, il me semble pertinent de partager un court retour d'expérience sur mon quotidien avec ce smartphone pliant. Ce genre d'appareil représente-t-il vraiment l'avenir ? Je n'aurais pas l'outrecuidante arrogance de répondre à cette question avec un avis tranché. Cela dit, ce que je peux vous dire, c'est que ce produit ne répond pas vraiment à un besoin, mais il réussit très bien à le créer.

Les premiers jours, on plie et on déplie le Galaxy Z Fold 2 par curiosité, par amour de l'innovation et peut-être aussi pour impressionner le quidam dans le métro. Viennent ensuite l'habitude et l'aspect pratique qui s'impose lentement mais sûrement comme une évidence. Quand je lis un article, suis un itinéraire sur Maps ou scrolle paresseusement mon fil Twitter, l'ouverture du Galaxy Z Fold 2 est devenue presque un réflexe. Le confort de lecture est nettement meilleur que sur un smartphone traditionnel.

En d'autres termes, on prend très rapidement le pli -- sans mauvais jeu de mots, mais un peu quand même. Le geste est presque naturel, du moins est-il intuitif. Le Galaxy Z Fold 2 est donc un appareil très plaisant à utiliser. Malgré le poids, malgré l'écran externe trop étroit et malgré les quelques soucis logiciels qui, croisons les doigts, seront assez rapidement corrigés. Toutefois, aussi incroyable soit-il, cet aperçu du futur imaginé par Samsung ne vaut pas 2000 euros.

Ce tarif onéreux est beaucoup plus dû à l'incroyable innovation technologique réalisée par Samsung qu'aux nouveaux usages qu'il permet. Le Galaxy Z Fold 2 est donc trop cher, oui, mais c'est parce qu'il existe aujourd'hui en 2020 que l'on peut espérer des smartphones pliables plus abordables dans cinq, six ou sept ans (peut-être avant). Il ouvre la voie et le début du chemin est plutôt chouette à explorer, même s'il est malheureusement réservé à une élite pour le moment.

Cet aparté terminé, reprenons le fil de notre test pour nous concentrer sur des points où ce Galaxy Z Fold 2 sort moins de l'ordinaire.

De bons haut-parleurs stéréo

Avec ses deux haut-parleurs, le Samsung Galaxy Z Fold 2 offre un vrai son stéréo pour une bonne spatialisation du son. Puissant et bien équilibré, l'appareil offre ainsi une expérience d'écoute agréable, malgré quelques saturations, assez rares, lorsque le volume est poussé à fond.

Notez que lorsqu'on tient le téléphone à l'horizontale, il est fréquent de boucher l'une des grilles de haut-parleur. Vous remarquerez assez facilement la différence que cela engendre. Pour optimiser, la qualité du son, une option Dolby Atmos est à votre disposition, mais les effets de celle-ci se font ressentir surtout au casque avec une musique qui enrobe mieux les oreilles.

Pour l'écoute au casque, on retrouve aussi l'égaliseur et la fonction Adapt Sound qui permet d'ajuster le son en fonction de la tranche d'âge de l'utilisateur. Vous pourrez aussi personnaliser vous-même ce paramètre. À titre personnel, j'ai trouvé l'égaliseur plus intéressant à utiliser qu'Adapt Sound, mais chacun verra midi à sa porte.

Photo : une vieille formule toujours efficace

Pour la photo, le Galaxy Z Fold 2 ne déploie pas la même panoplie que les récents smartphones haut de gamme de Samsung dans les gammes S et Note. Ne vous attendez donc pas à des capteurs avec de grosses définitions, on est sur une formule plus modeste, plutôt au niveau d'un appareil de 2019.

On a droit à la configuration qui suit pour le module arrière :

Dans l'ensemble pas vraiment de surprise. Les images avec de bonnes conditions lumineuses sont détaillées et profitent d'une bonne gestion de la dynamique. Samsung assume son goût pour les couleurs saturées qui renforcent le contraste. Le rendu est donc souvent plus beau que la réalité, faisant le bonheur d'un bon nombre d'utilisateurs au grand dam de celles et ceux qui préfèrent des clichés fidèles à ce leurs yeux ont vu.

La nuit, le Galaxy Z Fold 2 réussit à garder un bon nombre d'informations dans l'image pour des photos qui restent détaillées. Il y a tout de même un très léger voile flou et les fortes sources de lumière sont difficilement gérées.

Sachez par ailleurs que l'optimiseur de scène, activé par défaut sur l'appareil photo, peut agir comme une sorte de mode nuit pour mieux éclairer les scènes vraiment sombres. Ne vous empêchez cependant pas d'utiliser cette fonctionnalité. Le mode nuit, même s'il demande un temps de pose plus long, réussit à bien rattraper les zones bouchées dans l'image.

En témoigne la comparaison ci-dessous où le ciel et la façade des immeubles se voient bien mieux sur le cliché réalisé avec le mode nuit.

Aussi, voici une autre comparaison d'une scène très obscure immortalisée sans optimiseur de scène ni mode nuit puis avec le mode nuit activé.

L'ultra grand-angle de ce Galaxy Z Fold 2 fait aussi dans le très classique avec une saturation des couleurs poussée un petit cran au-dessus de celle du capteur principal. La distorsion de l'image sur les bords se ressent un peu, mais ne choque jamais vraiment, car elle reste relativement bien atténuée. Enfin, on perd un peu en netteté et cela se ressent surtout sur les prises de vue de nuit.

Le zoom x2 pour sa part est bien efficace pour des images propres et nettes dans la plupart des situations. On regrettera simplement de ne pas avoir droit ici à un niveau de grossissement optique plus élevé, en x3 par exemple.

Le mode portrait du Galaxy Z Fold 2 est agréable à l'œil avec une bonne mise en valeur de la personne photographiée dont le visage est finement retranscrit. Attention cela dit à la délimitation de l'effet bokeh : certains cheveux se retrouvent trop lissés et floutés.

Pour les selfies, vous avez un capteur frontal de 10 mégapixels (f/2,2) logé dans l'écran externe et un autre exactement pareil dans l'écran interne. On profite alors de photos plutôt correctes qui manquent cependant un peu de pêche dès que l'on se trouve dans un environnement lumineux un peu complexe à gérer ou sur les prises de vue de nuit.

Pour remédier à cette qualité un peu moyenne, sachez que vous pouvez prendre des selfies en profitant de la qualité du module photo arrière. Pour cela il faut que le Galaxy Z Fold 2 soit ouvert en mode tablette. Un petit bouton dans le coin supérieur gauche de l'appareil photo vous permettra alors d'activer l'aperçu sur l'écran externe. Vous pourrez ainsi voir votre tête avant de la photographier. C'est pratique pour les personnes dont vous tirez le portrait.

Enfin, sachez qu'il est possible de filmer jusqu'en 4K à 60 fps avec le Galaxy Z Fold 2.

https://www.youtube.com/watch?v=Pc21fjeQwpY

Le 4 K/60 fps est aussi disponible pour les vidéos selfies.

Un smartphone puissant, ça ne fait pas un pli

Pas d'Exynos fait maison par Samsung dans ce smartphone pliable. Ce dernier goûte à la puce la plus puissante du marché au moment de sa sortie : le Snapdragon 865+ de Qualcomm. Et cela se ressent. Le plus gros souci rencontré pendant une partie de Fortnite par exemple a été une chute du framerate de 30 à 25 fps pendant quelques courtes secondes. Le titre phare d'Epic Games tourne en qualité « épique » sur le Galaxy Z Fold 2 et se montre globalement très stable. Pas de mode 60 fps en vue pour le moment, il faudra que l'éditeur du jeu lève cette barrière pour ce modèle.

Une partie sur Call of Duty Mobile jouit aussi d'une super fluidité même en poussant les graphismes sur le niveau « très élevé » et le nombre d'images par seconde au max. Les deux licences évoquées ici tournent d'ailleurs très bien sur le grand écran du Galaxy Z Fold 2, on se plonge particulièrement bien dans la bataille. Fortnite a le petit avantage de mieux s'adapter à la dalle externe du smartphone pliable malgré son ratio étrange.

Notez que les benchmarks ci-dessus ont été effectués sur le grand écran du Galaxy Z Fold 2, un exercice assez contraignant du fait de la définition plus élevée que la plupart des appareils du marché. C'est peut-être en partie ce qui explique certains résultats un tantinet moins bons qu'attendu sur certains exercices. Soyez toutefois rassuré : ce téléphone reste extrêmement puissant.

12 Go de RAM épaulent le Snapdragon 865+ tandis l'espace de stockage s'étend à 256 Go.

Autonomie : Dr. Jekyll et Mr. Hyde

La batterie de 4500 mAh souffle le chaud et le froid et c'est finalement assez logique, car tout au long de la journée, nous sommes amenés à alterner entre un écran HD+ et 60 Hz peu gourmand en énergie et une plus grande dalle QHD+ et 120 Hz bien plus énergivore. Ainsi, il vous faudra composer avec une autonomie médiocre si vous utilisez essentiellement le Galaxy Z Fold 2 comme une tablette. À l'inverse, l'endurance du smartphone replié est bien plus honorable. Il ne devient pas d'un coup un champion en la matière, mais tenir toute une journée sans suer à grosses gouttes devient tout à fait possible, même avec une utilisation assez active.

Dans mon cas, ayant assez naturellement alterné entre ces deux scénarios, j'ai fini avec moins de 8 % de batterie à 19 heures certaines journées et avec 35 % à minuit d'autres journées. Mes activités diurnes n'ont pourtant pas tant varié que cela puisque j'ai tendance à toujours faire le tour des mêmes applications : beaucoup de messagerie (WhatsApp, Messenger), grosse consommation de vidéos YouTube, surf sur le web tout au long de la journée, navigation Google Maps occasionnelle et lecture de musique très régulière. La vraie différence résidait dans le fait que certaines fois je favorisais le petit écran externe, d'autre fois pas du tout.

Le bon réflexe, si vous sortez le soir et qu'il ne vous reste pas beaucoup d'énergie, sera donc de préférer un usage en mode smartphone et, pourquoi pas, de forcer le mode 60 Hz sur le grand écran, car cela affecte positivement la durée de vie du cycle de la batterie.

Mis à l'épreuve lors de notre protocole de test personnalisé ViSer, le Galaxy Z Fold 2 n'a pas pu tenir plus de 6 heures et 36 minutes, c'est tout simplement le pire résultat jamais enregistré dans cet exercice depuis que nous utilisons ce système. Encore une fois, il n'y a rien d'étonnant à cela, car ce score est à relativiser. Ledit protocole lance plusieurs applications à la suite et ne laisse pas forcément le temps à l'appareil d'ajuster correctement sont taux de rafraîchissement. Ajoutez cela à la grande diagonale et la grosse définition de la dalle qui précipitent aussi la batterie dans ses retranchements.

Côté recharge, c'est un bloc de 25 W qui vous sera livré avec le Galaxy Z Fold 2. Le joyau de Samsung n'a besoin que de 30 minutes pour récupérer 50 % de son énergie. Libérez-vous encore un tout petit plus d'une demi-heure supplémentaire pour retrouver les 100 %.

Prêt pour la 5G

Le Samsung Galaxy Z Fold 2 fonctionne avec le réseau 5G pour ne pas être obsolète l'année prochaine. Il est aussi compatible avec toutes les bandes de fréquence 4G françaises. Avec ma SIM Orange, je n'ai pas croisé de souci particulier à capter le réseau.

Le téléphone est par ailleurs particulièrement bon... pour téléphoner. Le Galaxy Z Fold 2 réussit à la fois à filtrer très efficacement les bruits autour de vous pour ne pas parasiter la conversation, mais il évite aussi de compresser désagréablement la voix. Samsung fait ici du très bon travail. Pour la géolocalisation, l'appareil est aussi très efficace. C'est plutôt la boussole qui nécessite quelques ajustements, car il lui arrive parfois de pointer dans la mauvaise direction sur Maps.

Le Galaxy Z Fold 2 ne peut accueillir qu'une seule SIM et n'a pas de place pour une microSD. Précisons aussi que le Wi-Fi 6 est de la partie.

Prix et disponibilité du Samsung Galaxy Z Fold 2

Le Samsung Galaxy Z Fold 2 est vendu officiellement en France à partir du 18 septembre 2020. Son prix conseillé est égal à son année de sortie : 2020 euros. Les personnes ayant précommandé l'appareil le reçoivent dès le 15 septembre.

Deux coloris sont proposés : noir avec une finition en verre glossy et bronze recouvert de verre mat.