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Test du Sony ZD9 : quand le meilleur rencontre le pire

Présenté lors du CES 2016, le Sony ZD9 est le téléviseur qui a tout pour plaire sur le papier. Cependant, après quelques jours d'essais dans des scénarios variés, il est devenu difficile de recommander ce produit. Surtout à quelques jours de la supposée annonce de deux nouveaux téléviseurs Sony OLED à prix plus doux. A 5000 euros, le ZD9 de Sony ne nous a pas totalement convaincu.

Sony ZD9

 

Caractéristiques

Design et finitions au top

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Il y a quelque chose de remarquable dans le design de ce téléviseur. Sony exhibe son savoir-faire en matière de design en intégrant sa dalle dans des bordures allant de seulement 1,2 à 1,5 cm. Pour une TV, c'est peu ! Le ZD9 est sobre, mais le ZD9 n’est pas discret, ce qui est une qualité quand l’on dépense autant dans un objet. Tout est étudié pour être plaisant à l’œil, notamment le pied central qui est à la fois élégant et assez peu imposant pour tenir sur un meuble de taille moyenne.

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Pour le dos du téléviseur, Sony a dû faire un choix : prendre des matériaux de qualité et exposer les entrées, ou opter pour un système de cache et un dos en plastique. Le constructeur japonais s’est tourné vers la seconde option, proposant donc un dos en plastique. Plus globalement, le dos est composé d’une centaine de petits rectangles alignés, moulés dans un plastique rugueux qui n’inspire pas spécialement la solidité. Le ZD9 propose énormément d’entrées, dissimulées par trois caches différents. Sans compter un énième cache, bien plus imposant, qui sert à masquer la structure nécessaire au support mural.

Il aurait été préférable que le dos ait été à la hauteur de l’avant, c’est-à-dire composé en matériaux nobles. Mais la décision de Sony est logique : Android TV permet au ZD9 de n’être branché à aucun équipement, ce qui permet d’avoir un dos entièrement lisse et cohérent, les entrées étant masquées. Mais encore pour cela il faudrait réussir l’expérience Android TV, ce qui est, malheureusement, loin d’être le cas.

 

Android TV : une inexplicable déception

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Qu’est-ce que l’on attend d’un téléviseur ? Les critères peuvent dépendre selon la personne interrogée ou l’époque. Certains veulent un téléviseur avec une énorme diagonale, d’autres souhaitent avoir le meilleur traitement d’image possible, ou encore un rapport qualité/prix imbattable. Il y a cependant un critère sur lequel tout le monde devrait se mettre d’accord : l’instantanéité. Cela est encore plus vrai à mesure que nos écrans deviennent de plus en plus intelligents. Si l’on souhaite basculer d’un service à l’autre, ce n’est pas au prix d’une attente injustifiée. Imaginez que le changement de chaines prenne quasiment dix secondes et imaginez la frustration qu’une telle lenteur peut engendrer.

Tout ce paragraphe sur l’importance d’un système fluide n’est pas anodin et sert à dénoncer le problème d'Android TV sur le ZD9. Android TV est très lent, ou plus exactement le SoC qui s’occupe de faire tourner Android TV n'est pas assez puissant. Ce reproche peut être également fait au XD93 que nous avions déjà testé lors du dossier HDR. Ce dernier dispose d'une puce MediaTek MT5890 (double coeur A17 et GPU Mali T624) et le ZD9 une puce MediaTek MT5891 (quadruple coeur A53 et GPU Mali T860). Pour rappel, le XD93 et ZD9 sont vendus entre 3 000 et 8 000 euros (la version 100 pouces de ce dernier est vendue 70 000 euros).

Dans la pratique, l'interface est lente, vraiment trop lente. Nous avons essayé de comparer les performances de la Nvidia Shield Android TV, des Sony XD93 et ZD9 et de la Xiaomi Mi Box 3.

Ainsi, comme on peut le voir sur Antutu, il ne semble pas y avoir une énorme différence entre les MT5890 et MT5891. Mais les performances de la Shield TV sont quasiment 5 fois supérieures à celles des deux téléviseurs.

Sur le benchmarx T-Rex en 720p, l'écart est encore plus important. La Mi Box 3 et le ZD9 sont tout aussi mauvais avec 10 images par secondes, quand la Shield réussi à afficher 120 images par secondes.

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L’expérience Android TV est non seulement mauvaise, notamment à cause d’un manque de fluidité général, mais incomplète à cause des performances risibles de la puce. Certains pourront dire qu’on dépense plusieurs milliers d’euros dans un téléviseur uniquement si on a les moyens d’exploiter du contenu qui en tire pleinement partie et qu’une Nvidia Shield Android TV ne coûte pas si chère en supplément du téléviseur.

Mais il est consternant de voir qu’à 5000 euros, Sony est prêt à faire des compromis aussi importants, qui ruinent l'expérience utilisateur. Une puce plus puissant aurait pu faire la différence.

Pour les jeux Android TV, les benchmarks ne nous ont pas menti. Real Racing 3 est l'exemple le plus parlant. La qualité graphique est très en retrait par rapport à un smartphone haut de gamme récent et dès qu'il y a plus de 2 véhicules dans le champ de vision le framerate baisse très visiblement, au point que le plaisir de jeu est réduit au néant. Sans mentionner que les défauts qui peuvent passer inaperçu sur 5 pouces sont difficiles à ignorer sur une diagonale de 164 cm.

A part cette impression de lourdeur constante, Android TV reste Android TV, avec tous les avantages et inconvénients que cela implique. Dans tous les cas, le ZD9 doit être branché à un équipement assez puissant pour pouvoir profiter de contenu 4K HDR afin de mettre en valeur ses atouts.

 

Une interface éprouvée

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Il n’y a pas grand-chose à dire sur l’interface, éprouvée et peaufinée par Sony au fil de ses modèles. Elle est plutôt efficace avec son large choix d'options et n’occupe que la partie supérieure gauche de l’écran. Une fois le paramètre sélectionné, comme Image, les options de réglage occupent la moitié droite de l’écran, avec des paramètres qui sauront satisfaire la grande majorité des consommateurs. En revanche la profusion de paramètres peut en décourager plus d'un de s'aventurer dans les réglages.dsc00806

On peut noter une « avancée » sur ce modèle, par rapport aux concurrents : la gestion du flux HDR. Sur ce modèle, quand le flux change pour passer en HDR, le téléviseur passe en mode HDR automatiquement, sans avoir à rentrer dans les paramètres. Chez Samsung, il faut au préalable régler les entrées HDMI pour qu’elles puissent gérer un signal HDR. Un très bon point pour Sony qui restaure donc le côté Plug & Play de nos téléviseurs.

 

Image et Son

Qualité d’image

Il est temps de parler de la qualité d’image de ce téléviseur, le point le plus crucial de ce test. Cette question sera divisée en deux parties. La première parlera de la qualité d’image sur du contenu de tous les jours, comme Netflix, et le second se concentrera sur les capacités HDR du téléviseur.

À la rédaction, les avis sont très partagés. Certains trouvent le téléviseur beaucoup trop cher pour sa qualité d'image, tandis que d’autres sont beaucoup plus enthousiastes quant à ses capacités. En effet, les premiers lui reprochent une rémanence élevée et des couleurs trop saturées, quand les autres sont en admiration devant les noirs profonds et les pics de luminosités à la limite de l’aveuglement. Un constat a été tiré de ces avis partagés : pour profiter pleinement du potentiel du ZD9, il faut du contenu capable d’en tirer parti.

Dans un registre plus technique, nous avons constaté que la luminosité est assez uniforme sauf sur tout le bas de l’écran, où une centaine de nits est perdue. De plus la dalle possède des angles de visions particulièrement étroits. Oubliez les 178° de l’IPS, le traitement Direct LED oblige à regarder la dalle directement de face. Pour finir sur un constat positif, nous n'avons pas eu à nous plaindre de la moindre fuite de lumière, ni de clouding.

 

Le HDR

Le ZD9, avec ses caractéristiques de pointe, a été conçu pour montrer les contenus HDR dans toute leur beauté. Et sur ce point, comme nous allons le voir dans la suite, le ZD9 est roi. Pour ceux qui ignorent ce dont il est question, nous les redirigeons sur notre dossier dédié au HDR.

Comme à notre habitude, nous avons passé la vidéo de démonstration 4K HDR et le résultat n'était rien de moins que parfait. Avec des noirs qui donnent l’impression de regarder un écran OLED et des pics de luminosité inégalés, l’image est plus profonde et vivante que jamais.

Nous allons maintenant aborder le jeu en HDR. Nous n’avons pas eu l’occasion de tester le rendu HDR des jeux lors de la rédaction de notre dossier, parce qu'ils n'existaient pas encore à l'époque. Cependant, depuis la mise à jour 4.05 de la PlayStation 4 Pro de la rédaction, nous sommes en mesure de jouer en HDR sur les jeux compatibles. Pour rendre compte de l’apport du HDR en jeu, nous avons utilisé Uncharted 4, le jeu porte-étendard de la console de Sony.

Sur Uncharted 4 donc, la différence entre HDR et SDR est assez subtile, le jeu étant déjà magnifique même sur un TV classique. Mais l’apport du HDR est présent, bien que difficile à expliquer. Le plus « flagrant » est la manière dont la lumière se diffuse dans les intérieurs sombres. Les scènes paraissent plus cohérentes, les sources de lumières moins diffuses, plus prononcées. Mais l'HDR fait aussi la différence dans les extérieurs ensoleillés.

Pour illustrer comment le HDR est traité dans le jeu, nous avons pris deux captures d’écran du soleil au début du jeu, le premier en HDR, le second en SDR. Dans le premier on peut correctement voir que le soleil se détache clairement des nuages tandis que dans le second, le soleil se fond parmi ces nuages, il ne s’en détache plus vraiment. Ces captures ne sont pas représentatives de ce que l’on voit à l’écran, mais permettent de mieux saisir comment est géré l’éclairage en jeu, selon que l’on soit en HDR ou non. Au final, le rendu HDR est bien plus convaincant sur Uncharted que sur les séries Netflix estampillées HDR.

Avant de passer à la conclusion, il reste encore un dernier point du ZD9 à couvrir : l’upscal 4K HDR. Le TV reçoit une source 4K ou non, et essaie de lui apporter à la volée un traitement HDR. Evidemment, cela n’a pas grand-chose à voir avec du HDR natif, le ZD9 ne pouvant pas créer des couleurs quand il n’y en a pas. Mais le résultat est bien plus convaincant que ce à quoi l’on peut s’attendre.

En regardant le dernier épisode de The Crown, j’ai bien cru qu’il s’agissait d’une série HDR, tant les jeux de lumières étaient saisissants de réalisme. La série est déjà très belle à regarder indépendamment de l’écran sur lequel elle est regardée. Mais sur le ZD9, chaque plan est sublimé.

L’algorithme d’upscaling est assez puissant pour reconnaître les sources de lumières et les améliorer sans sacrifier la cohérence du plan. Il manque toujours les détails que seule une vidéo HDR peut restituer, mais l’image gagne indéniablement en qualité, les reflets en particuliers. Quand on désactive l'upscale HDR, on a l'impression de voir un filtre gris qui recouvre toute l'image.

 

Son

En ce qui concerne le son, il n’y a pas grand-chose à dire au final. Le système embarqué dans le ZD9 manquant clairement de basse et de spatialisation, il faudra impérativement passer par un système de son dédié, comme une barre de son ou un home cinema. Dans l’absolu, le son est plutôt clair et bien défini, mais il n’est pas assez efficace pour proposer une expérience sonore digne d’être mentionnée.