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Test du Xiaomi Redmi Note 9 : le mieux est l'ennemi du bien

Le Xiaomi Redmi Note 9 est le modèle le plus accessible de la famille de produits éponyme. Des concessions ont naturellement été faites pour faire baisser le prix de ce smartphone. Malgré cela, reste-t-il un appareil intéressant en termes de rapport qualité/prix ? C'est toute la question qui anime notre test complet.

Fiche technique du Xiaomi Redmi Note 9

Un design simple et sans prétention

Enfin ! Après avoir testé les deux autres modèles de cette série quasi identiques en termes de design, le Xiaomi Redmi Note 9 classique nous offre une esthétique un peu différente de ses deux frères un peu plus chers. Ne crions pas non plus victoire sur tous les toits : les divergences que l'on peut observer ne sont pas renversantes. Disons simplement que parmi les trois modèles de la famille Redmi Note 9 lancés en France, il s'agit du plus facilement identifiable en un coup d'œil.

On voit en effet très rapidement le poinçon dans le coin supérieur gauche de l'écran, alors que cet élément est centré sur le Redmi Note 9S et le Redmi Note 9 Pro. Autre différence : le lecteur d'empreintes n'est pas placé sur le côté, mais à l'arrière du téléphone. Oh, notez aussi que le dos de l'appareil est fait de plastique, jusque sur les tranches, ce qui change sensiblement la sensation procurée en main. Le toucher est forcément moins raffiné que sur du verre. Notez tout de même que les reflets sont plutôt chouettes à observer... dommage que le téléphone se salisse assez vite.

La prise en main reste cependant très correcte, avec un poids qui reste sous la barre des 200 grammes et des finitions plutôt soignées, sans être exceptionnelles. Le téléphone est plus petit que les Redmi Note 9 Pro ou Redmi Note 9S, mais reste relativement grand du haut de ses 162,3 mm. Nous avons par ailleurs affaire à un écran plat en façade encadré par de larges bordures noires.

À l'arrière, juste au-dessus du lecteur d'empreintes déjà mentionné juste avant, on trouve un quadruple module photo au format carré. La protubérance de celui-ci ne paraît pas trop importante au premier regard, mais il suffit de poser le Xiaomi Redmi Note 9 à plat pour se rendre compte qu'il est bancal.

Les boutons du volume sont positionnés sur la tranche droite avec la touche de déverrouillage, tandis que le port USB-C et la prise jack 3,5 mm sont logés en bas. Pour résumer, on sent clairement que l'on a affaire au modèle plus accessible du trio des Redmi Note 9, mais son design n'en est pas pour autant bâclé.

L'écran manque de luminosité

L'écran IPS LCD de 6,53 pouces propose une définition Full HD+ et une qualité d'affichage correcte, mais pas exempte de défaut. On peut surtout regretter une luminosité maximale trop faible pour satisfaire en toutes circonstances : celle-ci plafonne en effet à 390 cd/m², ce qui est trop juste pour une bonne lisibilité sous un soleil qui tape. En contrepartie, le contraste de 1366:1 convient parfaitement pour regarder agréablement vos séries et vidéos YouTube.

Concernant la colorimétrie, nous avons observé quelques étrangetés avec notre sonde et le logiciel CalMAN de Portrait Displays. Il faut en effet savoir qu'il existe un mode saturé pour que les couleurs pètent plus à l'écran. Avec cette option activée, on flirte avec des tons bleutés aux alentours de 7360 K quand l'idéal tourne plus vers 6500 K. Toutefois, on préserve une certaine fidélité à la réalité avec un Delta E moyen évalué à 4,3. On préfère voir cet indice s'approcher de 3, mais c'est ici un résultat plutôt engageant pour un mode saturé.

Un autre mode, dit « standard », propose une température de 5862 K beaucoup plus inclinée vers une dominante rouge, mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, cela ne se traduit pas par un meilleur Delta E moyen mesuré cette fois-ci à 4,6.

Par ailleurs, le mode saturé permet de profiter d'une meilleure diversité des couleurs avec une couverture de l'espace sRGB de 120 % et de 81 % pour le DCI-P3 plus complexe à appréhender, surtout pour une dalle entrée de gamme. En mode standard, le sRGB est à peine couvert à 100 %.

Nous conseillerons donc soit d'opter pour les couleurs saturées -- mais avec le risque d'être un peu agacé par la sublimation constante des tonalités -- soit de garder le mode auto configuré par défaut qui ajuste les couleurs en fonction de l'éclairage ambiant tout réglant celui-ci sur des tons un peu chauds.

MIUI 11 et du NFC à petit prix

MIUI 11 est sans surprise une nouvelle fois à l'œuvre sur ce Redmi Note 9. L'interface, basée sur Android 10, reprend la même formule que sur le Redmi Note 9 Pro. On a ainsi droit à une expérience utilisateur satisfaisante avec une foultitude de personnalisations mise à disposition. Vous pouvez ainsi profiter du mode sombre, de la navigation par gestes, mais aussi du tiroir d'applications qu'il faut aller chercher dans la rubrique « écran d'accueil » dans les paramètres.

Point très positif, même si le Redmi Note 9 est le modèle le moins cher de sa fratrie, il jouit d'une compatibilité NFC, ce qui s'annonce pratique pour vos paiements sans contact ou pour la validation des tickets de transports sur les réseaux urbains offrant la possibilité d'utiliser cette technologie. Fait notable, le Redmi Note 9S que nous avons testé et qui coûte plus cher ne se dote pas de cette option NFC.

On trouve ici aussi une grande quantité d'applications Google préinstallées, même certaines qui ne sont pas imposées par la firme de Mountain View sur les smartphones Android qu'elle certifie.

Sur un aspect négatif, on regrette toujours le pseudo scan antivirus (désactivable) qui se lance dès qu'une application est installée, même depuis le Play Store, ainsi que quelques options aux noms trop similaires qui prêtent un peu à confusion.

Du côté des plateformes SVoD, pas de souci pour lire vos vidéos Netflix ou Disney+ en qualité HD, le Redmi Note 9 profite bien du niveau de sécurité Widevine L1 qui permet cela.

Audio : service minimum

L'unique haut-parleur du Redmi Note 9 n'a rien de bien particulier. Il fait bien le job, mais ne surpassera pas vos attentes. Sa puissance est plutôt bonne, mais lorsque le volume est à fond, la compression assez marquée du son se fait entendre.

L'écoute via un casque filaire ne pose aucun souci par ailleurs.

Photo : convaincant, mais pas brillant

Quatre capteurs photo sont présents à l'arrière du Redmi Note 9. Voici ce qui nous est proposé :

Fin limier que vous êtes, vous aurez sans doute remarqué que la configuration est exactement la même que celle qu'on trouve sur le Redmi Note 9S qui faisait preuve d'une polyvalence intéressante sans non plus se montrer incroyable photographe. Qu'en est-il pour le Redmi Note 9 qui n'a pas le même SoC et donc pas forcément le même traitement de l'image ?

Sur les photos classiques, en pleine journée, on obtient des images qui pètent bien à l'œil avec des couleurs légèrement saturées, mais sans tomber dans l'excès. Par ailleurs, la dynamique est bien gérée et le niveau des détails est correct.

La nuit, on ne peut que se montrer plus critique. Le Redmi Note 9 sauve quelques meubles, mais dans l'ensemble les images perdent drastiquement en netteté et c'est bien normal. L'appareil s'en sort encore assez bien sur les zones les mieux éclairées de la scène -- quand on garde en tête que son prix tourne autour de 200 euros --, mais la gestion de la dynamique prend quand même un certain coup et les zones les plus sombres resteront sombres.

Vous pourrez toutefois essayer le mode nuit pas mauvais du téléphone pour éclairer un peu plus les scènes. C'est relativement efficace, mais en regardant de plus près on se rend compte que le Redmi Note 9 accentue certains micro-contrastes pour donner une fausse impression de netteté. Cela ne débouche pas sur une incroyable qualité de l'image, mais ça fera l'affaire -- à moins de vouloir passer pour un incroyable artiste photographe sur les réseaux sociaux.

En ce qui concerne le mode 48 mégapixels, le gain en netteté n'est pas très perceptible, voire inexistant aux yeux d'un humain. Cette fonction ne se montre pas très pertinente.

La plupart du temps, on ne voit donc pas de différence notable avec une prise de vue classique.

Dans certains cas, la photo de 48 mégapixels est même pire à cause d'une gestion trop capricieuse de la dynamique. Un ciel bleu avec des nuages peut ainsi se transformer en un voile blanc uniforme.

Il n'y a rien particulier à dire sur l'ultra grand-angle qui se comporte de manière très classique. La cohérence colorimétrique est bien assurée dans l'ensemble, mais le niveau des détails est clairement moins bon. La nuit, les photos sont juste mauvaises.

Le mode portrait, lui, manque un peu de précision dans son effet bokeh. Une coupe de cheveux un peu hirsute pose de vrais soucis à ce niveau-là. Aussi, la mise au point est parfois bien laborieuse à faire. Attention donc aux images floues, elles sont vite arrivées.

Enfin, pour le mode macro, pas de surprise. La fonction est intéressante, mais doit encore aujourd'hui être considérée comme un outil gadget. Beaucoup d'utilisateurs se serviront simplement du capteur principal pour prendre en photo des objets très rapprochés et profiter d'une meilleure définition.

Pour les selfies, le Redmi Note 9 propose un capteur frontal de 13 mégapixels. Ce n'est pas la folie furieuse, mais il fait très correctement le job pour retranscrire le visage assez fidèlement.

Pour la vidéo, on peut filmer jusqu'en 1080p en 30 fps.

Pas de Fortnite !

À l'intérieur du Xiaomi Redmi Note 9, on trouve une puce inconnue au bataillon avant la présentation du téléphone. C'est un SoC signé MediaTek : le Helio G85. Rappelons que fin 2019, le Redmi Note 8 Pro avait fort impressionné avec son Helio G90T, même constat quelques mois après avec le Realme 6. On s'attendait donc à retrouver ici une puissance qui s'en approche. Or, ce n'est pas vraiment le cas.

D'une part, le tableau des benchmarks ci-dessous le montre bien : le Redmi Note 9 n'est pas un smartphone très puissant dans l'ensemble. Notez d'ailleurs qu'il est impossible de lancer les tests de 3DMark ou de GFXBench sur cet appareil. Les applications se lancent, mais on ne peut rien exécuter.

D'autre part, un jeu comme Fortnite ne fonctionne pas sur le Xiaomi Redmi Note 9. Une recherche simple sur le Play Store ne vous permettra donc pas de le retrouver et, si en passant par le web, vous arrivez à tomber sur la fiche app du titre d'Epic Games, un triste message vous avertira de la non compatibilité du smartphone. Même son de cloche en tentant de passer par l'Epic Games Store.

Vous n'aurez pas ce souci avec Call of Duty Mobile, mais l'expérience n'est pas folichonne. Vous ne pourrez pas cocher une autre case que « faible » pour la qualité des graphismes, tandis que la fréquence d'images affichées par seconde ne dépasse pas le niveau moyen. Certes, les parties tournent sans bug, mais ce n'est pas vraiment très beau à regarder. Au moins, le téléphone ne chauffe que très peu.

Batterie infatigable

Seriez-vous surpris d'apprendre que le Xiaomi Redmi Note 9, comme les autres déclinaisons de la série, est un smartphone très autonome ? Sans doute pas. Nous avons ici, encore une fois, un accumulateur de 5020 mAh capable de tenir toute une journée sans aucun souci même en utilisant le téléphone de manière intensive et en multipliant l'ouverture d'applications diverses.

Les deux jours d'endurance sont aussi tout à fait envisageables en vous modérant un tout petit peu sur les jeux vidéo ou en n'abusant pas sur la consommation de vidéos. Ce Redmi Note 9 fait honneur ici à la réputation de sa gamme de produits. Sur notre protocole de test personnalisé ViSer, il a résisté pendant 14 heures et 58 minutes. Pour le dire très simplement : il s'agit d'un excellent résultat.

Le bémol viendra du temps de recharge. Il faut en effet savoir que le Redmi Note 9 est livré avec un chargeur de 22,5 W, mais qu'il supporte une puissance maximale de 18 W. Ainsi, pour passer de 9 à 100 % de batterie, il faut attendre un petit peu plus de deux heures. C'est long !

Réseau et communication du Xiaomi Redmi Note 9

Le Xiaomi Redmi Note 9 est compatible avec toutes les bandes de fréquence 4G françaises, pas de souci à vous faire là-dessus, même pour la bande de 700 MHz (B28) utilisée essentiellement par Free Mobile. Personnellement, avec une SIM Orange dans le téléphone, je n'ai observé aucun problème sur les données mobiles en région parisienne.

Même son de cloche pour la position GPS qui s'est montrée précise. Pour les appels, mon interlocuteur me signale que les voix autour de moi ne sont pas très correctement filtrées, toutefois le Redmi Note 9 étouffe assez efficacement les bruits de circulation.

Prix et disponibilité du Xiaomi Redmi Note 9

Pour le modèle doté de 3 Go de RAM et d'un espace de stockage de 64 Go, comptez un prix officiel en France de 199,90 euros. On monte à 229,90 euros pour le Xiaomi Redmi Note 9 dans sa configuration 4/128 Go.