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Test de l'Angell Bike : une gueule d’ange ne suffit pas pour ce vélo électrique

Angell est une marque de vélos électriques fondée par Marc Simoncini et Jules Trecco en janvier 2018. Sa mission ? Créer le deux-roues branché le plus connecté du marché, faisant aussi la part belle à l’endurance, aux performances et la sécurité.

En 2019, lors d’une conférence de présentation, Marc Simoncini voulait « faire au vélo ce que l’iPhone a été au téléphone : un objet qui n’existe pas, mais que l’on a inventé ». Ainsi est né Angell Bike, dessiné par le designer français Ora-ïto en personne.

Après plusieurs mois de retard au démarrage, l’Angell Bike a finalement investi les foyers des premiers clients français. Frandroid a pu l’utiliser sur un total de 5 jours et environ 100 kilomètres. L’entrepreneur français et son associé ont-ils tenu leur engagement ? L’idée de départ se reflète-t-elle dans l’exécution ? Le prix final de 2860 euros est-il justifié ? Réponse dans ce test complet.

Design

La patte Ora-ïto, un pari réussi

L’Angell Bike est sans doute l’un des vélos électriques, si ce n’est le vélo électrique, le plus audacieux en matière de design. Pour ce faire, les équipes de l’entreprise se sont attachées les services du designer français Ora-ïto, élu meilleur designer des Globes de cristal dans la catégorie Art, en 2007.

Son cadre en aluminium sans aucune trace de soudure lui donne des airs d’objet du futur, lorsque sa batterie filante pourrait presque s’apparenter à un réacteur de fusée. L’Angell Bike ne passe clairement pas inaperçu et attire de nombreux regards à votre passage, à un arrêt au feu rouge ou au sein de votre entourage. Bref, ce vélo est un aimant à attention.

C’est simple : sur une grande majorité de mes trajets, au moins une si ce n’est deux personnes m’ont à chaque fois accosté pour complimenter l’esthétisme du modèle ou poser de simples questions à son sujet. Au départ, c’est amusant. À la fin, je n’aurais pas dit non pour aller au travail ou rentrer chez moi avec plus de tranquillité.

Mais ce constat témoigne à lui seul de la force visuelle du vélo. Il sait se faire remarquer à la perfection. À l’avant, la potence intègre un écran rectangulaire de 2,4 pouces qui peut lui aussi attirer l’œil des curieux. À l’arrière, les deux extrémités de la batterie accueillent les phares et les clignotants.

À mon sens, deux petites anomalies subsistent : premièrement, les deux extrémités susmentionnées font cheap, la faute à un composant en plastique dans lequel peuvent venir se nicher quelques saletés. Ensuite, la batterie tranche elle aussi avec l’aspect haut de gamme du vélo : elle manque de caractère.

Notons cependant le bel effort entrepris pour camoufler les câbles avant : l’un plonge directement dans le tube inférieur, l’autre dans la potence en carbone. L’Angell Bike fait la part belle au minimalisme, ou rien ne dépasse. D’ailleurs, le choix du carbone, en plus de garantir une bonne résistance, participe à diminuer le poids du vélo.

C’est l’une de ses grandes forces : 15,9 kilos sur la balance, avec un poids principalement concentré à l’arrière, où se trouvent le moteur (sur le moyeu arrière) et la batterie de deux kilos. À l’avant, la légèreté est de mise. Cela s’avère très pratique pour basculer le vélo en arrière dans un ascenseur. Ce bon point impacte également son agilité (voir plus bas).

De son côté, le guidon parvient à se démarquer avec la présence de deux commodos (configurables sur l’application, voir plus bas) de chaque côté, qui tombent bien sous le pouce. Ils peuvent notamment servir à activer les clignotants, représentés par des embouts translucides situés sur l’extrémité de chaque poignée, ou activer le klaxon et switcher d’assistance.

L’ajout de clignotants est en somme une belle idée, qui vous permet à la fois de garder les deux mains sur le guidon tout en indiquant vos attentions aux autres usagers de la route. Un bon gage de sécurité.

Un confort dans les choux

Si Angell a mis le paquet sur le design, on ne peut pas en dire autant du confort, qui a clairement été bâclé. Si l’absence de suspensions est relativement classique sur des vélos sportifs ou urbains électriques -- mais souvent préjudiciable --, la selle, elle, ne rend clairement pas service à votre entrejambe.

Au bout de 15 minutes, je me suis régulièrement surélevé de la selle pour soulager le tout. Votre position affalée vers l’avant, car « sportive », combinée à l’étroitesse du bout de l’assise, a tendance à écrabouiller vos parties génitales -- masculines dans mon cas, aucune garantie pour la gent féminine.

Les poignées type caoutchouc ternissent encore un peu plus la note : certes antidérapantes, elles produisent un effet peu agréable au toucher. Durant de fortes chaleurs, vos mains deviennent facilement moites. Ajoutez à cela des vibrations intenses sur les pavés et vous obtenez un vélo électrique malheureusement inconfortable. À 2860 euros.

Pingre sur les équipements

Concevoir un vélo électrique minimaliste est une chose, mais être aussi limité en équipements en est une autre. À l’achat d’un Angell Bike, vous n’avez ni garde-boue, ni béquille, ni sonnette mécanique. L’avertisseur sonore est d’ailleurs numérique et produit une sorte de « cui-cui » d’oiseau à peine perceptible par les autres cyclistes.

Vous pouvez toujours ajouter des garde-boue en bois moyennant la coquette somme… de 89 euros. Garde-boue dont l’efficacité est encore à prouver : celui à l’avant s’est avéré bien trop court. En roulant sur une longue flaque d’eau, mes tibias se sont rapidement retrouvés sous un jet d’éclaboussures. Ces protections auraient pu mieux englober les roues.

À titre de comparaison, le Cowboy 3 tout comme le Cowboy 4 profitent désormais de garde-boue de série. Enfin, la béquille est toujours un plus intéressant pour stationner ou garer son vélo. Nombreuses ont été les fois où le cycle a failli basculer et tomber par terre, car parfois difficile à faire tenir sur un mur ou une étagère.

L’Angell Bike s’appuie aussi sur des « feux hyperboliques », comme aime les nommer la marque. Derrière ce terme purement marketing se cache un phare avant matérialisé par un liseré vertical qui éclaire davantage votre roue que la route. À l’arrière, les feux remplissent bien leur rôle. Un feu-stop est même au programme lorsque vous freinez.

En revanche, si vous circulez de nuit, pensez à bien ajouter un phare arrière si vous décidez d’enlever la batterie pour transformer ce Angell Bike en un vélo mécanique. En effet, comme le stipulent les règles, « la nuit, ou le jour lorsque la visibilité est insuffisante, tout vélo doit être équipé des 2 feux suivants (ainsi que la remorque, si nécessaire) :

Bref, l’Angell Bike aurait pu se montrer bien plus généreux et mieux pensé sur l’ensemble de ces points. C’est dommage.

Écran, application et sécurité

Avant tout chose, un élément primordial doit être saisi pour correctement faire fonctionner l’Angell Bike, et par extension son écran. Au bout de deux heures, la batterie se met en veille profonde. De ce fait, vous serez obligé de l’enlever et de la remettre pour ensuite activer ses modes d’assistance électrique.

Ceci est un affront à l’expérience utilisateur. Comment peut-on concevoir un vélo électrique dont l’accumulateur doit subir ce genre de manœuvre après 2 heures d’inactivité ? Cette corvée sera forcément de mise deux fois par jour si vous utilisez votre vélo pour vos trajets quotidiens.

Et si vous laissez votre vélo moins de 2 heures à un endroit et que vous partez en oubliant la clé qui sert à débloquer la batterie… alors vous serez contraint de revenir chercher votre clé, faute de quoi il vous sera impossible de profiter de l’assistance électrique.

Angell doit vraiment revoir sa copie pour fluidifier son UX : nous ne devrions appuyer que sur un seul et unique bouton pour utiliser notre vélo, que ce soit après 2 heures, 1 journée ou 1 semaine sans y toucher.

Un écran lisible… mais pas tout à fait fluide

Une fois votre batterie « activée », il suffit d’appuyer sur le bouton gauche du commodo de droite pour allumer l’écran. Il vous est demandé un code pin -- préconfiguré --, qui, une fois rentré, vous donne accès à l’interface principale. À ce stade-là, si vous n’avez pas connecté votre vélo à votre smartphone, deux options s’offrent à vous.

La première se nomme Free Ride : c’est avec elle que vous pourrez changer votre mode d’assistance électrique. Il aurait été tout de même préférable de le faire sans passer par cette option : ici, Angell complique les choses. En cliquant sur Free Ride, l’écran affiche une nouvelle interface.

Celle-ci indique les données de conduite de votre trajet du moment, à savoir la vitesse, le nombre de kilomètres parcourus, le temps de trajet, l’heure et l’autonomie restante. À l’arrêt, les trois petits points verticaux vous donnent accès à la cadence moyenne, l’altitude, le nombre de calories brûlées, la cadence, la puissance moteur et humaine et la pente.

Pour les férus de données, pourquoi pas. C’est ici toujours un plus par rapport à d’autres vélos électriques. On peut néanmoins légitimement se demander à quel point l’estimation de cette information est bonne. Vous le verrez plus tard, mais le calcul de l’autonomie restante est une catastrophe. Quid de toutes ces données ? Le doute est permis.

La seconde option de l’interface principale se nomme Sport. Avec elle, vous ne pouvez en aucun cas switcher d’un mode d’assistance à un autre. Vous allez vite comprendre pourquoi. Cette option Sport vous propose de sélectionner un objectif en termes de temps (25, 30, 35 minutes, etc.) ou de nombre de calories brûlées. (250, 300, 350, etc.)

Après cette sélection, vous devez alors choisir un mode d’assistance pour réaliser votre exercice. Forcément, vous brûlerez plus rapidement de calories avec le mode Eco que le mode Fly Fast (le plus puissant).

D’une manière générale, l’écran du Angell Bike est à la fois clair, visible et lisible. Sa bonne luminosité vous permettra de toujours y voir clair, même en plein soleil. C’est un bon point. En revanche, on regrette le manque de fluidité sur certaines interfaces (surtout l’option Sport) qui ne rend pas l’expérience utilisateur optimale.

Aussi, un écran un poil plus grand au regard de la taille de la potence n’aurait pas été de refus. Mais ici, on chipote un peu.

Une application intuitive

L’application mobile d’Angell est relativement bien construite et facile à comprendre. L’interface principale correspond à une carte où votre cycle est géolocalisé. Vous pouvez y entrer une adresse. Si votre smartphone est bien connecté au vélo -- il faut pour cela que l’app’ soit ouverte et qu'une petite manipulation soit faite directement sur l'écran du vélo --, alors des indications GPS apparaîtront sur la dalle tactile du cycle.

Ces indications GPS, matérialisées par des flèches directionnelles et la distance avant votre prochain virage, sont accompagnées de vibrations ressenties dans les poignées. À 100 mètres avant de tourner à droite par exemple, une légère vibration surgit. À quelques mètres du virage, une vibration plus intense se fait ressentir.

Dans l’idée, pourquoi pas : mais dans l’exécution, cela a davantage perturbé mon expérience qu’autre chose. Il faut à la fois se concentrer sur la route, surveiller les voitures et autres cyclistes, jeter un œil à votre écran de temps en temps et rester attentif aux vibrations : c’est un poil trop.

Surtout, la qualité des vibrations laisse clairement à désirer : on a surtout l’impression que tout le guidon est pris de spasmes. Sur le moment, c’est clairement déroutant. Aussi, les trajets proposés par l’application diffèrent bien souvent de ceux de Google Maps. Or, le service du géant américain soumet des itinéraires plus simples.

Angell a tendance à vous faire bifurquer d’une rue à une autre et à complexifier votre trajet lorsque de simples lignes droites avec pistes cyclables vous permettent généralement de rejoindre votre destination. In fine, je n’ai que très peu utilisé ce système, qui s’apparente davantage à un gadget qu’à un véritable game changer.

Peut-être qu’un écran plus grand avec un calcul GPS digne de ce nom et une carte type Google Maps directement affichée sous vos yeux serait une meilleure solution.

Pour revenir à l’application en elle-même, l’interface de gauche résume vos historiques de déplacement (date, heure, temps, distance, vitesse moyenne, tracé) sous forme de carrousel vertical. Là encore, de nombreuses latences perturbent votre navigation. En cliquant sur l’un de vos trajets, vous aurez accès à toutes les données.

Enfin, l’interface représentée par une roue crantée dresse une liste d’onglets (Profil, Préférences, Adresses, Applications, Aides) composée de sous-onglets. « Préférences » vous permet par exemple de gérer les actions des commodos (clignotants, alarme, assistance suivante ou précédente), d’actionner les feux automatiques ou activer le mode nuit.

Dans l’ensemble, vous disposez tout de même d’une bonne palette de personnalisations.

Sécurité : carte SIM intégrée et alarme dissuasive (mais pas toujours pratique)

Sur le plan de la sécurité, Angell veut rassurer ses clients. Premièrement, une carte SIM intégrée au vélo permet de le localiser dans son application n’importe où, n’importe quand et, surtout, même si la batterie n’est pas fixée au cycle. Cela permet de suivre votre modèle en toute sérénité.

Deuxièmement, les équipes de l’entreprise ont implémenté une alarme qui a le mérite de se faire entendre, avec un volume sonore progressif. En clair, elle a de quoi être dissuasive. Pour autant, elle ne s’avère pas vraiment pratique. Explications.

Au moindre petit mouvement, l’alarme est capable de s’enclencher. Or, et comme expliqué ci-dessus, il faut débrancher et rebrancher la batterie après deux heures d’inactivité. Cette manœuvre nécessite généralement de bouger légèrement le vélo. Et là, c’est la catastrophe : l’alarme se met à sonner à votre insu.

J’ai vécu cette situation délicate avec le modèle Angell d’un collègue de Numerama, alors qu’un podcast était en cours d’enregistrement à quelques mètres de là. Je ne vous décrirai pas plus cette scène de panique. Pour la désactiver, entrez votre code pin sur l’écran du vélo et le tour est joué.

Selon moi, je conseille de désactiver l’alarme si vous êtes certain de « garer » votre Angell dans un endroit sécurisé (bureau, local, appartement, jardin). Si vous comptez le laisser dehors pendant quelques heures, alors réactivez-la directement depuis l’application.

Sachez enfin qu’un détecteur de chute équipe le vélo Angell. Si vous tombez, vous recevez une notification, un mail et un message est envoyé à un contact d’urgence après 30 secondes d’inactivité. Attention : en basculant votre vélo en arrière pour le faire entrer dans un ascenseur, le système détecte une chute par erreur. Vous recevez alors l’ensemble des messages d’alerte.

Conduite

Un comportement électrique qui laisse à désirer

Rentrons de suite dans le vif du sujet. L’assistance électrique de l’Angell Bike comporte deux principaux défauts. En premier lieu, le capteur de force -- avec, un vélo électrique délivre l’assistance selon la force que vous mettez dans la pédale -- est tout bonnement mal calibrée.

Au moment de l’impulsion, un décalage d’environ une demi-seconde, si ce n’est une petite seconde, se fait sentir entre votre premier coup de pédale et l’arrivée de l’assistance électrique. Même constat au moment d’arrêter de pédaler : la puissance électrique s’arrête légèrement trop tard.

C’est trop, et cela a pour conséquence de ne pas répondre à vos besoins du moment. Le second problème concerne la résistance du système de pédalage. Sur un départ arrêté, monter à 25 km/h est un jeu d’enfant tant l’effort est minime. Problème : sur un spectre de vitesse de 20 à 25 km/h… vous avez comme l’impression de mouliner dans le vide. Certes, il est possible de grimper à 30 km/h, mais ne tentez pas de compter votre nombre de tours de pédaliers effectué pour y parvenir.

En d’autres termes, vous n’avez que très peu de « braquet ». C’est toute la difficulté d’un vélo électrique à une vitesse : parfaitement gérer l’équation entre la réactivité du capteur de couple, sa capacité à rendre naturelle l’accélération, et la résistance de pédalage qui ne doit être ni trop dure pour les côtes, ni trop faible pour le plat et le reste.

Malheureusement, l’Angell Bike ne parvient pas à résoudre cette formule. Conséquences : au-dessus des 20 km/h, vous conduisez un vélo ennuyant. À faible vitesse, son comportement ne rassure pas, car trop peu répondant. Pire : l’accélération électrique est trop brutale, et néglige ce côté « smooth » qui apporte un aspect naturel à la conduite. En clair : vous ne faites pas qu’un avec le vélo électrique Angell.

Cet avis global concerne avant tout les deux modes d’assistance les plus puissants : le Fly Fast qui, comme son nom l’indique, fait la part belle aux performances, et le Fly Dry. En réalité, ces deux modes diffèrent peu. Le premier se montre juste plus explosif au démarrage et vous permet de tutoyer les 25 km/h un poil plus facilement.

D’ailleurs, je ne l’ai absolument pas trouvé adapté à la ville : il suffit d’effleurer la pédale pour se sentir propulsé à une intensité que l’on aurait préférée plus faible. Sur une piste cyclable remplie de vélos, de feux et de piétons susceptibles de traverser à n’importe quel moment, le mode Fly Dry m’a paru bien plus approprié.

Le Fly Dry, justement, semble un bon juste milieu entre le Fly Fast et le Fly Eco, même si la liste des défauts susmentionnés ne rend pas l’expérience optimale. En revanche, on peut tout de même admettre que l'Angell Bike fait preuve de vélocité au démarrage, que l’on aime, ou pas, le type de sensations qu’il procure.

À mon sens, le mode Fly Eco ne sert pas à grand-chose : limiter l’assistance à 15 km/h est d’un ennui total. Il aurait été préférable qu’elle nous propulse à 25 km/h, avec, tout simplement, moins de puissance électrique. C’est par exemple ce que propose le Voltaire : en pratique, c’était très agréable.

Enfin, le mode Fly Free coupe toute assistance électrique pour laisser place à un vélo musculaire où seule la force de vos jambes vous permettra d’arriver à bon port. C’est forcément plus dur, mais c’est jouable.

Autre mésaventure : j’ai remarqué une perte de puissance significative lorsque la batterie entame ses derniers kilomètres d’autonomie. Là encore, c’est regrettable. Cela biaise qui plus est le rayon d’action, puisque vous ne profitez pas de la même amplitude électrique selon le niveau d’énergie.

Clou du spectacle : la présence d’une chaîne sur un vélo vendu 2860 euros fait forcément tiquer. Installer une transmission à courroie -- composant généralement réservé au haut de gamme -- aurait été la moindre des choses : c’est plus silencieux, moins graisseux et cela nécessite moins d’entretien.

Une agilité démoniaque

Si le Angell Bike se démarque bien sur un point, c’est sur son agilité. Parce que son poids est majoritairement réparti à l’arrière, l’avant se montre ultra léger et ultra maniable. Éviter un piéton, une voiture ou un vélo au dernier moment devient un jeu d’enfant tant le vélo se montre manipulable.

J’ai rarement essayé un vélo électrique aussi agile. Cela s’avère très pratique dans les situations parfois dangereuses où un virage serré doit être effectué au dernier moment et à grande vitesse. Son très bon « rayon de braquage » vous donne également une excellente marge de manœuvre à pied ou à faible vitesse.

Bref, l’Angell Bike excelle sur ce point.

Un freinage rassurant

Pour son tout premier vélo électrique, Angell a opté pour les freins à disque hydrauliques Tektro HD-R310. En pratique, je n’ai pas grand-chose à leur reprocher. Cet équipement a parfaitement répondu présent dans n’importe quelle situation grâce à un freinage à la fois mordant et progressif.

Comme d’habitude, on vous déconseille d’appuyer de toutes vos forces sur les poignées de frein au risque de bloquer les roues. Mais dans l’ensemble, vous vous sentirez en toute sécurité durant vos phases de freinage. En fait, c’est bien le comportement électrique du vélo qui pourrait parfois vous déstabiliser.

Autonomie

Une autonomie aux antipodes des promesses d’Angell

C’est l’un des plus gros points faibles, si ce n’est le plus gros, de l’Angell Bike : son autonomie. Mais le pire dans tout ça réside dans l’écart gargantuesque observé entre les chiffres annoncés par le constructeur et ceux que nous avons relevés. Sur son site officiel, Angell garantit les autonomies suivantes :

Dans mon cas, j’ai exclusivement utilisé l’assistance Fly Dry pour vider une première fois la batterie. Soyons honnêtes : les 70 kilomètres n’ont jamais été atteints. Non seulement l’écran du vélo affiche un rayon d’action de 64 kilomètres lorsque l’accumulateur est chargé à bloc, mais je n’ai pu effectuer que 30 kilomètres avant de tomber en rade.

C’est ici un chiffre famélique pour un vélo électrique vendu près de 3000 euros. Difficile de faire pire, alors que les vélos concurrents oscillent entre 50 et 70 kilomètres selon les modèles, pour des prix plus faibles (parfois de 800 euros). Sur ce point, Angell doit clairement se ressaisir.

Ces fausses promesses m’ont d’ailleurs mis dans de beaux draps. Un midi, je quitte mon domicile avec 8 kilomètres d’autonomie restante pour rejoindre mon lieu de travail situé à 5,7 kilomètres. Au bout de 1,5 kilomètre, le vélo a chuté à 3 kilomètres. J’ai donc perdu 4 kilomètres en l’espace d’un kilomètre et demi. Tout va bien dans le meilleur des mondes.

Je me suis donc empressé de basculer en mode Eco, quitte à être limité à 15 km/h pour une bonne partie du trajet. Au milieu de celui-ci, plus aucune source d’alimentation n’était en mesure de me fournir de l’assistance. Il m’a fallu terminer l’itinéraire avec un vélo musculaire, sous 30 degrés et un soleil de plomb. Joie.

Si l’autonomie théorique annoncée par un constructeur diffère parfois de quelques kilomètres en pratique, jamais un vélo ne m’avait autant fait faux bond. En sachant que l’autonomie fait partie des critères d’achat principaux, faire miroiter à de potentiels clients un rayon d’action aussi élevé est clairement indélicat.

Une charge rapide pour sauver l'honneur

En contrepartie, la batterie de l’Angell Bike a le mérite de se charger rapidement, en deux heures seulement. Mais cette petite performance est en fait due à sa faible capacité énergétique de 219 Wh, qui n’atteint donc pas les sommets. Cela reste toujours bon à prendre face à une autonomie aussi faible.

Prix et disponibilité

Le vélo électrique Angell Bike est disponible sur le site officiel de la marque au prix de 2860 euros… sans béquille ni garde-boue (en bois). Pour s’en équiper, il faudra débourser la somme respective de 19 et 89 euros.

Une assurance Angell France à 9,90 euros par mois vous donne accès à une assistance 24 h/24, 7 j/7, à une couverture vandalisme, dommages accidents, dommage et vol, ainsi qu’à un service de dépannage-remorquage, à la réparation du vélo ou indemnisation et une hotline dédiée.

Une autre assurance existe, Angell Care : elle comprend trois interventions par an, un remplacement des pièces d’usure une fois par an, une fastline dédiée et une année de garantie supplémentaire. Le tout pendant un total de trois années.