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Proton VPN : est-ce que ce VPN suisse est un incontournable en 2024 ?

L’essentiel de Proton VPN en un tableau

Qui est ProtonVPN ?

Avant ce projet de VPN, la Société suisse Proton s’est fait connaître grâce à sa plateforme ProtonMail. Cette dernière se définissant dès 2014 comme une alternative saine et respectueuse de la vie privée face à l’hégémonie des géants du web comme Google, Apple ou Microsoft. Proton VPN est né de cette même philosophie avec en ligne de mire la protection des activistes et des journalistes utilisant ProtonMail. Aujourd’hui, Proton VPN est déployé à l’échelle mondiale et la société revendique plus de 100 millions d’utilisateurs sur l’ensemble de ses services.

Proton VPN cultive depuis ses débuts sa différence en mettant en avant ses équipes d’ingénieurs et de scientifiques travaillant sous la même égide (ProtonMail et ProtonVPN) afin de rendre leur écosystème logique et complémentaire. Le code source a d’ailleurs été rendu public en janvier 2020 dans le but de montrer patte blanche, ce qui a entrainé des audits indépendants de sécurité qui se sont révélés concluants.

Proton VPN : une interface très complète

Proton VPN est un condensé de toutes les bonnes idées que l’on peut trouver chez les autres applications de VPN. Sur PC, l’application de Proton VPN reprend ainsi la carte du monde de NordVPN ou la courbe de débit d’IPVanish. Que ce soit sur mobile ou sur ordinateur, le design est sombre et très stylisée façon “Hacker” de cinéma, certains apprécieront, d’autres non. Si de prime abord, l’interface semble chargée, elle est finalement très lisible et s’autorise même l’affichage de nombreux éléments pertinents comme les informations de débit en temps réel (en numérique et en graphique), le protocole utilisé et la durée de la session en cours.

L’originalité de l’application Proton VPN provient des profils. Plutôt que de rechercher un serveur sur la carte du monde à chaque démarrage, on peut ainsi créer des « serveurs favoris » -- les fameux profils -- auxquels on assigne des types de serveurs (pour le P2P, pour Tor, etc.) et un nom et sur lesquels on se reconnecte en un clic lors de ses prochaines sessions. C’est plutôt bien vu si on a repéré des serveurs qui conviennent à des utilisations spécifiques.

ProtonVPN permet de créer ses propres profils, de façon à se connecter rapidement à un ou des serveurs en fonction du type d'usage que l'on souhaite en faire.</span> <span class=Bien vu !" width="1200" height="628" />

D’autres options sont accessibles sans avoir à créer de profils comme le mode kill switch permettant de couper la connexion au moindre problème pour éviter les fuites ou le mode « Secure Core » qui correspond à un mode multi-hop (ou double VPN) plus spécifique. Concrètement, ce dernier mode permet de faire passer la connexion par un serveur intermédiaire plus sûr dont la localité et la législation certifient une protection stricte de la vie privée. C’est par exemple le cas des îles vierges britanniques ou de la Suisse. Si cette option est active, l’application montre le routage de la connexion jusqu’au serveur ciblé. Attention, cela a tout de même un fort impact sur les performances, à utiliser seulement dans le cadre d’une navigation simple.

D’autres options sont disponibles dans les paramètres, à commencer par le choix de protocole par défaut ou l’activation d’un DNS personnalisé. Dans les options avancées, on trouve le split tunneling permettant de cibler le VPN sur une application spécifique ou, plus étonnant, l’activation ou non de l’accélération matérielle par le GPU, l’interface étant potentiellement lourde à gérer par un processeur ancien.

Mais si les interfaces sont graphiquement similaires sur smartphone et PC, ce n’est pas forcément le cas des fonctionnalités dont certaines sont encore exclusives aux plateformes mobiles. On pense notamment au « Net Shield » faisant office de bloqueur de publicité, mais surtout à l’autorisation des connexions LAN permettant d’avoir accès à ses périphériques réseau (comme une imprimante par exemple) avec le VPN activé.

Notez d’ailleurs que Proton VPN a aussi fait l’effort de développer une interface spécifique pour son application Google TV, cette dernière reprenant la logique de l'interface de bureau tout en incluant les mêmes options et les mêmes serveurs accessibles.

Les serveurs et performances de Proton VPN

Avec désormais plus de 4500 serveurs répartis dans plus de 90 pays, Proton VPN ne joue pas la carte de la surabondance de serveurs. Peu importe, car le but de ce fournisseur n’est pas tant la performance ou l’accès aux catalogues étrangers de plateformes de SVOD que la sécurité de la connexion de ses utilisateurs. Et pourtant, les débits sont généralement très bons, comme l’indiquent nos tests effectués sur le site de nPerf depuis une connexion fibre parisienne.

Forcément, l’apport du protocole WireGuard joue énormément sur les performances affichées par Proton VPN. On est d’ailleurs ravis de constater que la latence (ping) est assez maîtrisée malgré les milliers de kilomètres qui nous séparent des serveurs, surtout pour les serveurs américains.

En revanche, on est un peu moins surpris lorsque l’on active les serveurs spécialisés type peer to peer ou dédiés à l’accès au réseau Tor qui sont avant tout orientés vers la confidentialité et la sécurité. Forcément, la performance n’est pas toujours au rendez-vous quand la promesse est à la fiabilité.

Autre écueil : si se géolocaliser à l’étranger via Proton VPN n’est pas un problème, lorsqu’il s’agit d’accéder aux catalogues étrangers de Netflix, c’est une tout autre histoire. Officiellement, Proton VPN est bien capable de contourner le géoblocage des catalogues américains, anglais et allemands de Netflix. Seuls les serveurs spécialisés (avec une icône spécifique à côté du nom du serveur) le permettent. Dans les faits, il faut souvent tâtonner et trouver le bon serveur qui va permettre d’accéder à Netflix US ou UK, car tous ne fonctionnent pas forcément, d’où l’intérêt des profils. Il faut donc être un minimum renseigné avant de se lancer, là où d’autres VPN passent cette étape pour trouver le serveur correspondant à son utilisation.

La politique de confidentialité pratiquée par Proton VPN

La page concernant la politique de rétention des données de Proton VPN est très claire (quoiqu’en anglais) : le fournisseur affirme ne retenir aucune information sur l’utilisation que font ses utilisateurs de ses serveurs VPN. La seule donnée recueillie par Proton VPN concerne le moment où un utilisateur se connecte à l’un de ses serveurs (et uniquement l’horodatage). Proton VPN assure par ailleurs que la société respecte la loi suisse, là où la société est implantée. Quand bien même les sociétés de télécommunication doivent conserver les données des utilisateurs pendant six mois, le fait que ProtonVPN soit un service de VPN l’exclut de fait de cette loi.

La firme met d’ailleurs un point d’orgue à respecter ses engagements, non seulement dans sa communication, mais aussi, visiblement, dans les faits. Preuve en est, afin de montrer patte blanche, Proton VPN a même rendu public son code source pour que tout un chacun puisse faire son propre audit de sécurité, société indépendante ou non. Cela a même donné lieu à quelques corrections de vulnérabilité comme l’indique le cabinet Sec Consult dans un rapport public.

Le service client de Proton VPN

C’est sans doute le point sur lequel Proton VPN a du retard sur ses concurrents, le SAV. Le contact du service client passe par un formulaire et les réponses sont ensuite transmises par mail « environ un ou deux jours en moyenne après la question ». Bien que le SAV n'est pas natif, les réponses sont fournies en français.

Une réponse très complète et très cordiale, mais qui demande de patienter un peu plus longtemps que chez les autres fournisseurs de VPN. Le tchat en ligne est bien disponible, mais réservé aux utilisateurs de Proton VPN Plus.

Les prix des abonnements à Proton VPN

Est-ce que Proton VPN est gratuit ?

Proton VPN est sans doute l’un des seuls services de notre sélection à proposer une version gratuite et sans publicité. Il ne faut cependant pas compter sur un foudre de guerre puisque cette gratuité ne donne droit qu’à une vingtaine de serveurs et seulement trois pays en fonction de sa localité. En payant, on débloque l’accès à tous les serveurs, à des vitesses de transfert accrues et à l’activation du bloqueur de publicité.

Les autres offres

Le compte “Plus” développe l’ensemble des serveurs mondiaux du VPN, des vitesses de transfert pouvant aller jusqu’à 10 Gb/s et toutes les options avancées du VPN comme le mode Secure Core et l’accès au réseau Tor pour 9,99 euros par mois. Comme pour les autres VPN, il est possible de réduire la facture en souscrivant directement pour un an ou deux. Sur 12 mois, vous payerez 59,88 euros pour la première année (4,99 euros par mois) et sur 24 mois, 107,76 euros, soit 4,49 euros par mois.

Voici la liste des fonctionnalités incluses :

Enfin, la dernière souscription, Proton Unlimited, est un peu plus spécifique puisqu’en plus de débloquer l’ensemble des avantages du VPN, elle offre aussi un accès privilégié aux autres services de Proton avec notamment un compte ProtonMail Unlimited, 500 Go de stockage sécurisé en ligne, jusqu’à 15 adresses mail et 3 espaces mail personnalisés.

Finalement, les tarifs de Proton VPN sont plus élevés que la moyenne du marché, le service voulant sans doute justifier ses prix par l’apport de ses fonctionnalités avancées. Ils ont aussi l’avantage de rester fixes, ce qui est loin d’être le cas chez de nombreux acteurs qui régulièrement gonflent ou baissent artificiellement les prix. ProtonVPN propose sur la majorité de ces abonnements une garantie satisfait ou remboursé pendant 30 jours qui permet donc de résilier sans frais.