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Test de la Primo 8 : une tablette très low-cost par Thomson

Thomson se lance sur le marché des tablettes avec la Primo 8. Le groupe électronique français a subi beaucoup de scissions et fait l'objet de plusieurs rachats sur les dix dernières années. On ne sait donc pas vraiment qui se cache derrière le terminal estampillé Thomson. Il s'agit de l'entreprise française HDW spécialisée dans la commercialisation et fabrication de produits de grande consommation (PC, clé USB, tablettes, etc.), mais qui achète ses produits auprès d'ODM chinois dont nous ne connaissons pas l'identité exacte. Le terminal est disponible à partir de 140 euros et embarque un processeur double-cœur basé sur un Cortex-A9 doublé de 1 Go de RAM.  La fiche technique médiocre de l'appareil et son label made in China nous laisse deviner un produit de mauvaise qualité,  mais voyons ce qu'il en est après quelques jours d'utilisation.

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Caractéristiques

Design/ Prise en main

Thomson

La Primo 8 est une tablette de 210 x 164 mm dont l'épaisseur atteint un peu plus d'un centimètre. Dès le premier coup d'œil, on s'aperçoit que le terminal Thomson revêt une apparence très cheap. Elle dispose d'angles très arrondis avec des finitions très moyennes. En ce qui concerne l'écran de 8 pouces, on remarque avant même de l'allumer que la dalle tactile est très enfoncée par rapport à la vitre qui la protège. Et cela n'augure de rien de bon quant à sa qualité.

Lorsque l'on tient l'appareil à l'horizontale, on aperçoit le capteur frontal de 0,3 mégapixel placé en haut à droite de l'écran. En continuant sur la tranche de l'appareil, on aperçoit tous les éléments de connectique avec un lecteur MicroSD, l'entrée pour un chargeur propriétaire, un port HDMI, une entrée MicroUSB, une prise Jack (3,5 mm), et le bouton d'allumage. Un micro se présente également sur le côté de l'appareil pour l'enregistrement vidéo. Sur la tranche supérieure, on retrouve les deux boutons de volume, ainsi qu'un bouton retour qui vient seconder le touche tactile. Les contours ainsi que la partie dorsale de l'appareil sont en plastique avec un rendu peu solide d'apparence. Le plastique choisi pour le dos du terminal est blanc. Sur cette surface on retrouve un haut-parleur.

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Dans l'ensemble, la tablette Thomson affiche un design très peu soigné et avec des finitions modestes. Au niveau de la prise en main, les choses ne s'améliorent guère puisqu'on a immédiatement l'impression de tenir un terminal très peu solide avec une partie dorsale plastique peu agréable notamment. S'il s'agit bien évidemment d'une tablette entrée de gamme et qu'on ne s'attendait donc pas à retrouver de quelconques matières nobles, il est toujours possible de faire des efforts sur le design pour atténuer le côté "low-cost". Sur ce produit, on ne constate pas vraiment d'efforts de ce côté.

Thomson

Thomson

Écran

La Thomson Primo 8-1 est équipé d'un écran 5 points MultiTouch de 8 pouces. Celui-ci affiche une définition de 1024 x 720 pixels et une résolution de 160 pixels par pouce. Pas de HD ici mais à ce prix-là, disons que l'on ne peut pas vraiment en tenir rigueur au terminal. Ce qui est beaucoup plus embêtant en revanche et que l'on remarque dès la prise en main, c'est l'écart entre la dalle tactile et la vitre qui la recouvre donnant un effet de profondeur peu agréable à l'œil. Mais cela se ressent surtout à l'utilisation avec un cruel manque de réactivité au toucher.

Le deuxième écueil auquel on se heurte à l'utilisation est celui du manque de luminosité de la dalle tactile. Avec la jauge au maximum, le rendu de l'affichage est encore très sombre. Par ailleurs, on retrouve des fuites lumineuses apparentes sur les parties latérales de l'écran. Un bug d'affichage fait aussi son apparition de temps à autres. Après avoir ouvert la barre de gestion des tâches (qui apparaît sur le côté gauche de l'écran de la Thomson), une trace noire pollue la dalle pendant quelques secondes. Les angles de vision sont également très (très) mauvais.

Enfin, en ce qui concerne les couleurs, le constat n'est pas meilleur puisqu'elles affichent un rendu très "fade". Le blanc tire sur le jaune, le noir est assez correct, et les autres couleurs manquent toutes de vivacité. Voici une mire de couleurs pour tenter de vous donner un aperçu des couleurs affichées par l'écran de la Primo-8 :

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À gauche, la tablette Thomson, et à droite, la Google Nexus 7 2013.

Si pour un prix aussi bas, on ne s'attend pas à un écran de très bonne qualité, certains défauts sont ici assez rédhibitoires. Et les défauts les plus problématiques ici viennent de l'espace entre la dalle et la vitre ainsi que le manque de réactivité tactile qui en découle mais aussi du manque de luminosité.

Logiciel

Thomson

Au niveau logiciel, on retrouve simplement quelques modifications par rapport à l'Android pur. Encore heureux, sommes-nous tentés de dire, puisque vu la façon dont rame l'engin rien qu'en naviguant sur l'interface, on imagine mal comment il aurait supporté une véritable surcouche. Sur la page d'accueil, on a une présentation différente de l'Android Stock puisque la barre de notification avec l'heure, les paramètres, la batterie et le réseau sont placés en bas à droite de l'écran. Les trois boutons tactiles quant à eux se trouvent en bas à droite. Enfin l'accès à Google Search s'effectue en appuyant en haut à gauche de la dalle, et à droite pour les applications et les widgets.

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Pour ne rien arranger, la version de l'OS de Google est ici assez ancienne puisqu'il s'agit d'Android 4.1.

 

Performances

La Thomson Primo 8-1 embarque un Amlogic (de référence AML8726-MX) à deux cœurs basé sur une architecture ARM Cortex-A9. Inutile de faire des milliers de Benchmarks pour deviner que la tablette a un niveau de performances très limité. Comme nous vous le disions plus haut, la tablette rame beaucoup et cela est vraiment gênant lors de l'utilisation. Ces ralentissements ne se ressentent pas seulement sur des logiciels très gourmands en mémoire mais aussi en naviguant simplement sur l'interface. Néanmoins, il est parfois difficile de déterminer si ces lenteurs viennent des performances de la tablettes ou de la médiocre qualité de l'écran qui le rend très peu réactif au toucher.

Sur le processeur, il y a un point qui a attiré notre attention concernant sa cadence. Si officiellement il est poussé à 1,5 GHz, après avoir installé plusieurs applications donnant des informations sur l'appareil et ses caractéristiques, nous avons pu constater qu'il était en réalité poussé à 1,2 GHz. Et il semblerait que le constructeur ait ici choisi de sous-cadencer le chipset. C'est en tout cas la seule explication que nous avons trouvée, confirmée par une publication retrouvée sur le blog slatedroid qui indique que le fabricant aurait baissé la cadence pour atténuer des problèmes de surchauffe de l'appareil. A noter que même sous-cadencé, l'appareil a toujours tendance à beaucoup chauffer.

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A l'épreuve des benchmarks, la Primo 8 donne des résultats plutôt bons par rapport à l'expérience réelle qu'elle offre. Sur AnTuTu, elle enregistre un score de 11 602, soit à peine moins que la MeMo Pad HD 7 à 12 685. Mais il faut rappeler que la tablette d'entrée de gamme d'Asus ramait aussi un peu à l'utilisation. Avec Quadrant Standard, les résultats sont comparables puisque la Thomson atteint 3208 contre plus de 3400 points.

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En ce qui concerne les performances graphiques, là aussi elles sont assez moyennes. On s'en rend compte sur certains jeux 3D. Sur Asphalt 8, par exemple, les lags quasi-constants empêchent de jouer convenablement. Sur Dead Trigger 2, l'expérience est plus concluante puisque le jeu saccade un peu mais est tout de même assez fluide dans l'ensemble. Si on s'attendait à pire sur le jeu de zombie, le constat reste tout de même globalement très mauvais après quelques heures d'utilisation.

Sur Epic Citadel, on obtient les résultats suivants, confirmant le très faible niveau de performances graphiques de la tablette :

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Multimédia : Photo/Son

Cette tablette n'est pas équipée de capteur dorsal comme on s'y attend à ce prix, même si l'Asus MeMO Pad vendue à 150 euros en embarque un. On a donc simplement une webcam de 0,3 mégapixel avec une qualité de photo très médiocre. Le rendu est très granuleux, et les couleurs très ternes.

Encore une fois, pour cet ordre de prix, on n'attend pas beaucoup d'une tablette et particulièrement pas sur une webcam, mais tout de même, le résultat des clichés est assez moyen.

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Le haut-parleur, situé à l'arrière de la Primo 8, offre un rendu sonore de très mauvaise qualité. Le son grésille et sature beaucoup. Cela suffira pour un épisode de série de temps en temps si vous n'êtes pas trop exigeant, mais l'écoute de musique par contre est proscrite.

 

Autonomie

La tablette embarque une batterie de 4700 mAh, on s'attend donc à un niveau d'autonomie plutôt acceptable. Pourtant, à l'épreuve de l'utilisation, le constat est tout autre. En la rechargeant pratiquement à fond en milieu de journée, je navigue sur la tablette à peine une vingtaine de minutes sur l'interface principalement pour me familiariser avec le produit. Cela étant fait, je laisse la tablette en veille jusqu'au lendemain matin, et là, surprise, la Primo 8 à bout de force me demande déjà une nouvelle dose de recharge. Inutile donc de préciser que l'autonomie de ce produit est très mauvaise. Et il s'agit d'un vrai handicap pour un terminal de ce type que l'on veut (au moins !) pouvoir utiliser quelques heures par jour sans que la batterie n'atteigne déjà ses limites.

Mais nous avons quelques observations plus précises encore à vous fournir pour vous donner un aperçu plus pertinent et pas plus encourageant, à vrai dire. Au bout de 15 minutes de lecture vidéo à partir d'un fichier stocké en local (avec son et luminosité au maximum et WiFi activé), la batterie rechargée au préalable à 100 % est descendue à 90 %. Après 25 minutes supplémentaires et donc 40 minutes de lecture vidéo dans les mêmes conditions au total, la batterie arrive à 78 %. Et l'autonomie a tendance à plonger encore plus rapidement, une fois les premiers 50 % écoulés.

Enfin, la tablette dispose d'un chargeur propriétaire auquel nous ne sommes plus vraiment habitués. Heureusement, le câble USB fourni avec la Primo 8 permet aussi de charger le terminal via son port microUSB.

Conclusion