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Test du Meizu M2 Note : un bon smartphone gâché par une interface décevante

Seulement trois mois après l'arrivée en France du Meizu M1 Note, voilà que son petit frère trouve une place à ses côtés dans la boutique du constructeur. Contrairement à son aîné, le M2 Note se paye néanmoins le luxe d'être compatible avec deux des trois bandes de fréquences 4G françaises, expliquant au passage son arrivée rapide dans l'Hexagone. Le passage de l'un à l'autre en vaut-il la peine pour autant ?

Fiche Technique

Dans l'ensemble, la fiche technique du M2 Note n'est pas bien différente du M1 Note, avec pour principale différence son SoC, doté d'un modem compatible avec les fréquences 4G françaises. Pour ce qui est de ses autres caractéristiques, nous retrouvons les bases du milieu de gamme précédent, avec un écran Full HD de 5,5 pouces, 2 Go de RAM et une batterie quasi équivalente. Dans la transition, Meizu a mis à jour le firmware qui passe d'Android 4.4.4 KitKat à Android 5.1 Lollipop, et avec une interface FlymeOS 4.5 au lieu de la version 4.0.

On prend les mêmes et on recommence

Esthétiquement parlant, le M2 Note n'est pas beaucoup plus inspiré que pour sa fiche technique, puisqu'il reprend à nouveau l'apparence de son grand frère sorti quelque mois plus tôt. À dire vrai, à part quelques détails discrets comme la hauteur des boutons de volume et la position du bouton d'alimentation, les deux téléphones sont presque indiscernables l'un de l'autre, reprenant certains points à l'iPhone 5c. De dos du moins, puisqu'en façade, le M2 Note arbore désormais un véritable bouton physique ovale cerclé d'un habillage métallique, à l'instar de ce que l'on peut trouver sur les smartphones de Samsung.

Meizu M2 Note

Ce bouton est d'ailleurs l'élément central du M2 Note, puisque les deux touches habituelles (retour et multitâche) ont été supprimées. La première est remplacée par un simple effleurement du bouton home, tandis que le multitâche est désormais géré logiciellement en glissant son doigt depuis l'extrémité basse de l'écran.

Avec son look d'iPhone 5c en plus grand, le M2 Note ne cherche pas à se faire passer pour un haut de gamme et assume totalement sa tarification. Le plastique glossy ne craque pas lorsqu'on appuie dessus, mais le sertissage de l'écran laisse à désirer puisqu'il est possible de passer son ongle entre la dalle et la coque, et de déformer légèrement cette dernière. Malgré cela, le reste des finitions est d'une qualité satisfaisante et l'ensemble parait plutôt solide, ce qui est une bonne chose sachant que la coque est très glissante. Ce même défaut rend du reste très risquée chacune des gymnastiques nécessaires pour positionner son doigt sur l'un des trois boutons physiques (power et les deux de volume), tous positionnés sur la tranche gauche de l'appareil.

Meizu M2 Note

Meizu M2 Note

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Le point le plus désagréable de cette esthétique brillante est sa tendance à se salir. Les plus maniaques risquent de perdre de nombreuses minutes de leur vie à dépoussiérer cette coque blanche qui accroche parfaitement la poussière, et à passer un chiffon sur cet écran qui marque d'une magnifique empreinte bien nette chaque action réalisée du bout du doigt.

Un écran exceptionnel

S'il ne fallait retenir qu'un seul bon point pour ce M2 Note, ce serait sans aucun doute son écran. Avec ses 401 pixels par pouce, il ne bat pas les records en la matière, mais conserve une définition largement suffisante pour un usage quotidien agréable. Les vidéos en Full HD sont belles et les icônes ne pixellisent pas, c'est là l'essentiel. Là où le M2 Note est impressionnant, c'est davantage dans sa luminosité. Avec 640 cd/m², il compte parmi les plus lumineux des écrans, ce qui permet de l'utiliser sans peine dans n'importe quelles conditions, même en plein soleil. Un exploit qui trouve son explication dans sa technologie IGZO, laissant passer davantage de lumière par nature.

Meizu M2 Note

Meizu M2 Note

Outre ce bon point, l'écran du M2 Note est également juste dans sa colorimétrie, avec des blancs éclatants et des noirs presque aussi profonds que sur de l'AMOLED (presque !). Entre ces deux extrêmes, le reste du spectre est tout aussi qualitatif, tant dans les gris que dans les couleurs. Enfin, même ses angles de vision sont larges, permettant plus de confort pour profiter des vidéos notamment.

Cerise sur le gâteau, une option dans les paramètres permet de régler la colorimétrie à son goût en déplaçant un curseur de "chaud" à "froid".

Logiciel : la déroute totale

Meizu, comme à son habitude, utilise son interface FlymeOS. Si cela peut faciliter la transition pour ceux qui viennent d'iOS en raison de ses similitudes avec le système d'Apple, les adeptes d'Android risquent de se sentir perdus. Le premier point déroutant est l'absence de tiroir d'applications. Ceux qui aiment multiplier les téléchargements risquent donc de se retrouver rapidement avec de nombreuses icônes sur leur bureau, à classer dans des dossiers s'ils souhaitent conserver un peu d'ordre sur leur écran.

Outre cela, et le multitâche au look d'iPhone, le plus dérangeant est certainement la localisation de l'interface. Si la plupart des textes sont en français, certains sont encore en anglais ou en chinois. Pire encore, certains semblent avoir été traduits à l'aide de Google Traduction, ayant pour résultat un gloubiboulga polyglotte incompréhensible. Enfin, les boutiques virtuelles préembarquées, que ce soit l'AppCenter ou le centre de Personnalisation, ne proposent que du contenu en chinois, diminuant fortement leur intérêt. En outre, il est impossible de supprimer le centre de Personnalisation, qui occupera donc inutilement (sauf pour ceux qui lisent le chinois dans le texte) de l'espace sur votre bureau.

Quelques bonnes idées viennent heureusement sauver un peu l'ensemble en apportant une ergonomie bienvenue. Sans préférence, nous pouvons ainsi citer le SmartTouch, qui affiche dans toutes circonstances à l'écran un petit bouton transparent qui permet de nombreuses interactions (retour à l'écran d'accueil, ouvrir le panneau de notifications…), le DoubleTap pour réveiller l'écran, le Slide Up pour le déverrouiller directement depuis la veille, ou encore la personnalisation du clavier, assurément bien pensée. L'écriture est d'ailleurs elle-même très efficace une fois le coup de main adopté.

Cela ne suffit pas toutefois à contrebalancer les nombreux problèmes, et ce même en oubliant l'incompatibilité de certaines applications comme Google Play Jeux. Notons que ceux qui ont l'habitude d'utiliser Chrome sur mobile devront penser à désactiver la transformation des onglets en tâches puisque le multitâche de FlymeOS ne les prend pas en compte et n'affiche qu'une seule icône pour Chrome, quel que soit le nombre d'onglets ouverts, l'une des nombreuses contraintes de ce téléphone. Dans un autre registre, l'un des deux exemplaires testés a rencontré de nombreux problèmes logiciels. Si cela était certainement dû à un dysfonctionnement lors de l'installation d'une mise à jour, cela nous laisse sceptiques concernant la stabilité générale du système.

Performances : aucune surprise

Sur le papier, le M2 Note est plutôt bien équipé. Avec son processeur octa-core MediaTek MT6753 doté de 8 cœurs Cortex-A53 et ses 2 Go de RAM, il affiche dans les benchmarks des performances similaires à ce que l'on peut attendre d'un Snapdragon 610, voire légèrement meilleures. Nous ne pouvons malheureusement pas en dire autant de son GPU (un Mali-T720 MP3), qui obtient des scores toujours inférieurs à ce que peut proposer un Adreno 405. Ainsi, s'il s'en sort pas mal lorsqu'il s'agit de calcul brut, l'affichage et les jeux ne sont pas son fort.

Cette différence, pourtant relativement minime, se ressent grandement dans les jeux les plus gourmands. Si nous n'avons rencontré aucun problème sur Rayman Fiesta Run et Dead Trigger 2, notre expérience sur Real Racing 3 a été gangrenée par des fermetures inopportunes, quant à Asphalt 8, son framerate faible et erratique aura eu raison de ma volonté après seulement deux courses. Du côté de Modern Combat 5 également, la fluidité n'est pas au rendez-vous, laissant penser que le problème pourrait venir d'un manque d'optimisation des jeux Gameloft pour les processeurs MediaTek. Difficile donc de garantir que n'importe quel jeu pourra être appréciable sur ce M2 Note, même s'il arrive tout de même à s'en sortir correctement sur la plupart d'entre eux.

Dans l'ensemble, la navigation au quotidien est quant à elle fluide. Seules certaines applications nécessitent un petit temps de chargement au lancement, comme l'appareil photo, mais cela reste tout à fait acceptable dans la mesure où cela ne dépasse jamais 4 ou 5 secondes. Ces quelques ralentissements sont néanmoins davantage imputables aux applications elles-mêmes qu'au système.

La qualité sonore du haut-parleur est plutôt décevante. Certes, le volume est suffisant (et encore, lorsqu'il est presque au maximum), mais le son résonne dans la coque en plastique, ce qui le rend caverneux et grésillant. Un conseil, prévoyez une paire d'écouteurs si vous souhaitez écouter quelque chose avec ce M2 Note !

Réseau

Au niveau des communications, le M2 Note ne présente aucun problème particulier. Le son est correct, autant en émission qu'en réception, et les micros d'ambiance permettent de supprimer les bruits parasites alentours. En ce qui concerne la 4G cependant, le M2 Note est compatible avec les fréquences 1800 et 2600 MHz, mais pas avec celles sur la bande 800 MHz, qui entre plus facilement dans les bâtiments. Si globalement cela ne devrait pas poser problème dans les zones bien couvertes, certains risquent de ressentir ce manque. Même en région parisienne, il nous est arrivé de nous retrouver en 3G ou H+, une surprise peu agréable en 2015…

Son GPS est quant à lui correct et met entre 5 à 10 secondes (en extérieur) et 1 minute (en intérieur) afin de se fixer avec une précision plutôt bonne. De même, la boussole de notre exemplaire était bien calibrée et ne nous a pas joué de mauvais tour.

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Photographie

Avec un capteur de 13 Mégapixels signé Samsung, nous étions en mesure d'attendre une bonne qualité des photos du Meizu M2 Note, et effectivement, le piqué n'est pas mauvais, tout comme le rendu est globalement satisfaisant, sans être exceptionnel. Les couleurs sont également plutôt fidèles, et le contraste est assez prononcé pour ne pas aplatir l'image. Il arrive cependant que l'appareil ait un peu de mal à régler ce contraste justement, avec pour résultat des zones bouchées, ou au contraire des délimitations insuffisamment marquées sur des surfaces unies. Même en intérieur, tant que la lumière est présente, le rendu est correct, même s'il perd grandement en qualité dans des conditions vraiment difficiles. Mais il serait malhonnête de le lui reprocher au vu du prix du téléphone.

L'application photo est quant à elle plutôt complète, avec différents modes (Panorama, Beauté, Ralenti… et même un mode manuel) et des filtres à la Instagram. Dès que l'on souhaite rentrer dans les menus en revanche, les problèmes de localisation sont pires que jamais et nécessitent souvent un long moment de réflexion avant de comprendre l'intérêt de chaque option. En outre, le mode HDR pourrait être plus accessible, d'autant qu'il permet de résoudre certains problèmes de contraste.

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Autonomie

Avec une batterie de 3100 mAh, le M2 Note devrait en théorie proposer une bonne autonomie. Pourtant, lors de notre test habituel consistant à regarder une vidéo YouTube (en 1080p) de 1 heure en WiFi avec la luminosité de l'écran réglé à 200 cd/m2, sa batterie s'est déchargée de 15 %, ce qui est un score médiocre. À l'utilisation, cela se confirme. Même s'il tient la journée, une recharge quotidienne reste de mise. Pour les plus gourmands, il propose néanmoins trois modes d'alimentation, le mode "Performance" pour tirer pleinement parti des ressources disponibles, le mode "Power-saving" pour se garantir une journée bien remplie d'utilisation, ainsi qu'un mode "Balance" entre les deux.