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Test du Huawei Mate S : la déception, sans Force Touch

Le nouveau Mate S de Huawei a été dévoilé lors de l'IFA à Berlin. Nous avions pu prendre en main le successeur du très bon Mate 7, et nous vous proposons aujourd'hui le test complet du Mate S, nouveau flagship du constructeur chinois. Le Mate S a créé une certaine surprise lors de l'annonce de ses prix, en forte hausse par rapport au Mate 7. L'augmentation tarifaire entre les deux appareils est-elle justifiée ? Pas vraiment.

Le Mate S a la lourde tâche de succéder au Mate 7, le smartphone XXL haut de gamme de Huawei dévoilé à l'IFA l'année dernière. Il était passé entre nos mains et nous l'avions beaucoup apprécié, grâce à un rapport qualité - prix très intéressant et une très bonne finition. Pour le Mate S, Huawei reprend à peu près la même recette, mais en a profité pour augmenter ses tarifs. Avant toute chose, précisons que le modèle testé ici n'intègre pas le fameux écran Force Touch qui sera réservé à la version du Mate S dotée de 128 Go de mémoire flash, dont on ne connaît toujours pas la date de sortie..

Commençons avant tout par la fiche technique, qui fait parfois penser à un mobile haut de gamme, parfois à un smartphone de milieu de gamme. Pour le Mate S, Huawei a décidé de réduire la taille de l'écran, qui passe de 6 à 5,5 pouces en conservant une définition Full HD (1080p) faisant alors monter mécaniquement la résolution. Huawei a délaissé sa technologie maison IPS-NEO pour de l'AMOLED. Pour le SoC, le Kirin 925 laisse sa place au nouveau Kirin 935 et on trouve de base 3 Go de mémoire vive. La batterie, quant à elle, passe de 4100 mAh à 2700 mAh. Enfin, pour la partie photo, Huawei inaugure un capteur de 13 mégapixels RGBW avec stabilisation optique.

Un design réussi

Le design du Mate S ressemble beaucoup au Mate 7, mais on note de nombreuses évolutions. La partie arrière est celle qui a le moins évolué, puisqu'on retrouve encore la coque unibody en aluminium du plus bel effet, qui confère une sensation de solidité à l'ensemble vraiment appréciable. On note tout de même quelques changements, comme l'apparition des deux fines bandes en plastique qui remplacent les deux bordures en plastiques du Mate 7. L'ensemble gagne donc en qualité. C'est la même chose pour le capteur d'empreintes digitales qui abandonne le cerclage plastique, pour un design plus simple. Huawei a également changé la place du haut-parleur, qui passe de la coque à la bordure inférieure et en profite pour être de type stéréo.

Huawei Mate S (11 sur 20)

La face avant est elle aussi modifiée puisqu'on note l'apparition d'une vitre de protection de type 2,5D, légèrement incurvée sur ses bords, même si l'écran reste plat. Écran 5,5 pouces oblige, le smartphone est moins large et moins haut face à son prédécesseur et tient donc beaucoup mieux en main. Ses dimensions associées à sa vitre 2,5D rendent l'utilisation du téléphone plus agréable en main. Le Mate S paraît moins "carré", moins tranchant. Le poids lui aussi est en baisse de presque 20 %, et le Mate S se ressent donc moins dans une poche de jean, un très bon point.

Huawei Mate S (3 sur 20)

Globalement, le design du Mate S est une réussite. Il évolue en douceur par rapport au Mate 7, mais apporte une plus-value réellement intéressante, notamment grâce à sa vitre 2,5D qui lui confère une meilleure finition et une prise en main plus agréable.

L'AMOLED tente de remplacer l'IPS-NEO

Huawei Mate S (12 sur 20)

L'écran est la surprise de ce Mate S. Depuis le Mate 7, Huawei utilisait sur ses terminaux haut de gamme l'excellente technologie IPS-NEO de JDI. Pour le Mate S, Huawei a intégré une dalle AMOLED. Les raisons de ce choix n'ont pas été précisées, surtout après les excellents écrans IPS-NEO qui parvenaient à allier les bénéfices des écrans LCD et des écrans AMOLED, c'est-à-dire une forte luminosité et un beau rendu des couleurs, avec un contraste important pour un écran LCD. Sur le Mate S, l'écran AMOLED délivre une luminosité maximale de 370 cd/m2, ce qui est dans la moyenne basse des appareils haut de gamme. Le contraste est, bien entendu, très bon, AMOLED oblige. En revanche, le rendu des couleurs laisse à désirer, avec une saturation trop élevée, l'un des travers des AMOLED lorsqu'ils sont mal gérés. Mais contrairement à Samsung, Huawei ne propose pas de profils colorimétriques, et se contente de laisser l'utilisateur régler la température des couleurs. Ceux qui aiment bien percevoir les couleurs réelles passeront donc leur chemin, puisqu'on note une teinte jaunâtre et des soucis de colorimétrie.

La définition Full HD suffit amplement pour une diagonale de 5,5 pouces et le confort de lecture est présent. En plein soleil, malgré une luminosité un peu faiblarde, l'écran conserve une lisibilité correcte.

 

Une interface vieillissante avec un capteur d'empreintes innovant

Le Mate S intègre Emotion UI 3.1 basé sous Android 5.1.1 Lollipop. C'est donc la même interface qui équipe le Huawei P8 que nous avons pu tester plus tôt dans l'année. Les plus curieux pourront donc jeter un œil à la partie logicielle pour connaître plus en détail Emotion UI 3.1. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec l'interface maison de Huawei, il faut savoir qu'elle est dans la lignée des ROM chinoises : l'absence du lanceur d'applications - ce qui signifie donc un bureau encombré de l'ensemble des icônes d'applications - et des icônes dotées d'un style parfois douteux. Le centre de notifications et des raccourcis est également différent d'un Android Stock et on apprécie la barre de recherche qui apparaît lorsque l'utilisateur tire l'écran vers le bas.

Mate-S-Emotion-UI

La seule réelle nouveauté, c'est l'apparition du gestionnaire d'empreintes digitales. Celui-ci se trouve dans les réglages, et dispose du même fonctionnement que sur le Mate 7. On peut ainsi créer jusqu'à 5 empreintes digitales différentes pour le déverrouillage, l'utilisation du coffre-fort (une partie des fichiers personnels est alors chiffrée) ou le verrouillage des applications. Enfin, on apprécie la nouvelle fonctionnalité "Contrôle au toucher" qui permet d'utiliser le capteur d'empreintes comme un trackpad pour répondre à un appel, prendre des photos, désactiver l'alarme, afficher le panneau des notifications ou encore passer d'une photo à l'autre, avec seulement un geste du doigt. Plutôt bien pensé et pratique à utiliser pour, par exemple, faire descendre le centre de notification à une seule main.

Mate-S-fingerprint-Emotion-UI

Concernant le capteur d'empreintes en lui même, il est très efficace. Huawei a annoncé avoir amélioré l'efficacité de la fonctionnalité de déverrouillage et c'est bien le cas. Lorsque l'écran est éteint, il suffit de poser son doigt sur le capteur pour un déverrouillage quasiment instantané, plus rapide que sur le Galaxy S6 ou l'iPhone 6.

 

Des performances dignes d'un flagship 2013

Du point de vue matériel, le Mate S ressemble comme deux gouttes d'eau au Huawei P8 puisqu'il embarque le SoC maison Kirin 935 développé en interne par la filiale HiSilicon et assisté par 3 Go de mémoire vive. Pour rappel, on trouve huit cœurs Cortex-A53 : quatre cadencés à 2,2 GHz et quatre autres à 1,5 GHz. La puce graphique n'a pas évolué par rapport au Kirin 925 du Mate 7 puisqu'il s'agit toujours d'une Mali-T628 MP4.

Comme on peut le voir dans le tableau, le Huawei Mate S partage quasiment les mêmes performances avec le Mate 7. Il n'y a que dans le benchmark PCMark que le Mate S se démarque. Au quotidien, le Mate S se débrouille bien même si Emotion UI n'est pas le meilleur exemple de fluidité. En revanche, dans les jeux, Mate S n'est pas du tout le reflet d'un haut de gamme. Il obtient les mêmes performances que le Mate 7, vieux d'un an, qui obtenait déjà des résultats inférieurs aux smartphones haut de gamme de l'époque. C'est donc très décevant pour un smartphone vendu comme un appareil premium.

 

Un capteur photo qui évolue en douceur

Pour la photo, le Mate S intègre un capteur stabilisé optiquement de 13 mégapixels. Sûrement le même que le Huawei P8, à savoir l'IMX217, avec ses sous-pixels RGBW censés améliorer le rendu des couleurs. C'était justement le point faible du Mate 7, qui avait tendance à fausser la température des couleurs qui tirait alors un peu trop vers le bleu. On note que le capteur frontal passe de 5 à 8 mégapixels pour contenter les amateurs de selfies. On a apprécié la présence d'un mode Pro qui permet de régler la durée de l'exposition, les ISO, la balance des blancs ou encore la mise au point ainsi que le mode de mesure de la lumière. La gestion du RAW n'est pas assurée.

En plein jour, avec une bonne luminosité, les clichés sont bons, sans être excellents. On reprochera un léger manque de définition sur les photos. En revanche, le rendu des couleurs est plutôt bon et reflète assez bien la réalité même si on trouve parfois les couleurs un peu ternes sur les zones sombres. La nuit, tout se gâte. Si la balance des blancs est plutôt correcte, le niveau de détail est vraiment trop médiocre et on se retrouve avec une bouillie de pixels. Dommage.

Un Wi-Fi amputé

Contrairement au Mate 7, le Mate S se limite à la 4G de catégorie 4 (150 / 50 Mbps) pour l'Europe. Une régression décevante. Niveau Wi-Fi, le Mate S supporte les normes 802.11b/g/n. On note l'absence de la norme 802.11a. Cela signifie que le Mate S supporte uniquement la bande 2,4 GHz et non pas la bande 5 GHz, beaucoup plus performante et moins encombrée. C'est dommage, et c'est une réelle erreur de la part de Huawei pour un terminal haut de gamme alors que le Mate 7, et l'ensemble de la concurrence, supportent la bande 5 GHz avec la norme 802.11n et même parfois 802.11ac, encore plus performante. Il est difficile de comprendre pourquoi Huawei a pris la décision de mettre un terme au support de la bande 5 GHz pour le Wi-Fi.

 

Une autonomie tout juste correcte

Pour le Mate S, Huawei a pris la décision d'intégrer une petite batterie comparée aux 4 100 mAh du Mate 7. Ici, il faut se contenter de 2 700 mAh, soit une baisse de sa capacité de 34 %. La raison est sûrement à chercher du côté de la finesse du téléphone, et sa taille plus réduite, qui oblige à rogner sur la batterie. On pouvait donc craindre une autonomie en baisse, et c'est le cas. Sur notre test d'autonomie habituel (vidéo sur YouTube en Wi-Fi avec la luminosité réglée à 200 cd/m2), la batterie a perdu 15 % de sa capacité. C'est le même score que le Mate 7 qui avait, pour sa part, sa luminosité réglée à son maximum, c'est-à-dire pratiquement 500 cd/m2.

Au quotidien, l'autonomie du Mate S est correcte et assurera une journée entière, mais il ne faudra pas trop en demander au terminal. L'utilisateur pourra profiter de l'écran AMOLED pour installer un thème sombre, moins gourmand en énergie.